lundi 17 août 2015

Banques : crédit impôt compétitivité "emploi". l'Etat banque pour les banques. Un article de notre hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine.



Banques : bénéfices en hausse, effectifs en baisse

Depuis deux ans, le syndicat CFE-CGC des banques tente de tirer un bilan de l’utilisation du CICE (Crédit impôt compétitivité emploi) dans ce secteur, se fondant forcément sur des évaluations partielles puisque aucun rapport officiel n’a été publié sur ce sujet, ni par les entreprises bénéficiaires, ni par le ministère de l’Économie.
En 2015, les banques auraient reçu au titre du CICE plus de 211 millions d’euros, une somme en forte augmentation par rapport aux 135,5 millions estimés dans le précédent bilan de la CFE-CGC. Parmi les bénéficiaires, la BNP et la Société générale auraient reçu respectivement 39 et 38 millions d’euros, contre 26 millions un an plus tôt chacune.
Ces sommes n’ont nullement servi à favoriser l’embauche, puisque les suppressions d’emplois se sont poursuivies, après que plus de 3 000 postes ont déjà disparu en 2014. Le syndicat précise que ces millions d’euros ont été utilisés pour financer des « projets, actions et dépenses déjà largement engagées », concluant : « Les banques se contentent d’encaisser les bénéfices du CICE, ça améliore la marge brute et, derrière, il n’y a rien. » À part des résultats en augmentation : ceux de la BNP sont en hausse de 13,7 % pour le trimestre avril-mai-juin 2015, ceux de la Société générale de 25 %.
Mais aider les patrons à augmenter leurs profits, c’était bien le but du gouvernement et, de ce point du vue, l’objectif est atteint.
                                                     Anne POUCTA

EuroDisney : merci patrons Valls et Hollande ! une correspondance de notre hebdomadaire Lutte Ouvrière



EuroDisney : une entreprise bien assistée par l’État

EuroDisney, qui boucle ses comptes chaque année au 30 septembre, vient de publier ceux du troisième trimestre 2015.
Tout baigne ! 6 % d’augmentation du chiffre d’affaires par rapport au trimestre équivalent de 2014. Et + 9 % pour les neuf premiers mois de l’année.
Mais attention, il ne faut pas être trop rassurant. Dans son communiqué envoyé à tous les salariés, Tom Wolber, le PDG, précise que cette amélioration est compensée par une augmentation des charges due « à l’amélioration de l’expérience proposée aux visiteurs… ainsi qu’à l’augmentation des salaires ».
Grâce à une structure financière complexe, mais approuvée chaque année par toutes les autorités dites compétentes, EuroDisney reverse des royalties ainsi que des intérêts à la maison mère, la TWDC (The Walt Disney Company), ce qui fait qu’il est souvent déclaré en déficit, à deux doigts du dépôt de bilan.
Il est bien évident qu’ils ne vont pas se déclarer en faillite, alors tout l’art est de naviguer entre ces limites. Ainsi, cette année, ils ont annoncé une recapitalisation d’un milliard d’euros, qui devrait leur permettre de revenir à des chiffres plus acceptables.
Grâce au Crédit impôt compétitivité emploi (CICE), Disney, qui ne paie pas d’impôt, s’est fait rembourser 16,4 millions d’euros en 2014, 9,3 en 2013 et on peut estimer que pour 2015 ce sera du même ordre de grandeur qu’en 2014, soit plus de 40 millions au cours de ces trois années.
La prudence liée « à l’augmentation des salaires » a fait sourire plus d’un salarié. Certains avaient manifesté au printemps dernier pour réclamer justement des hausses de salaires.
Il leur reste à aller chercher ces augmentations, tant redoutées par Wolber. Quant à Bob Iger, le patron de la TWDC, les aides du CICE lui permettront d’assurer deux ou trois ans de son salaire... mais pas plus !
                                                         Correspondant LO

dimanche 16 août 2015

"Qui a tué Ali Ziri", un film sur l'Affaire



Qui a tué Ali Ziri ?
Un film de Luc Decaster

Nous avons reçu le dossier de presse du film « Qui a tué Ali Ziri » de Luc Decaster, un cinéaste militant argenteuillais. Le film doit sortir le 12 octobre prochain.
         Nous ne l’avons pas vu. Mais qu’un tel film existe est déjà en soi un acte supplémentaire militant d’importance pour qu’un jour aboutisse la « vérité et la justice » sur la mort en 2009 de l’ouvrier retraité algérien Ali Ziri.
         Bien sûr, nous reparlerons de ce film. En tout cas, dès maintenant, une date à retenir : le 12 octobre prochain.

Un résumé du film (synopsis) tel qu’il est dans le dossier de presse :

Ali Ziri, un homme de 69 ans, décède le 11 juin 2009 après son interpellation par la police nationale à la suite d’un contrôle routier à Argenteuil. «Arrêt cardiaque d’un homme au coeur fragile», déclare le Procureur de Pontoise. Appuyant la famille qui vit en Algérie, un collectif d’Argenteuillais demande une contre-expertise. Deux mois plus tard l’institut médico-légal révèle 27 hématomes sur le corps d’Ali Ziri. Pendant cinq années, le cinéaste a suivi les pas de ceux qui demandent « Justice et vérité » après cette mort, ignorée des médias, mais que certains considèrent comme un lynchage digne des pires périodes de l’histoire. Au-delà d’une affaire de justice, Luc Decaster s’est attaché à représenter ce qu’une telle affaire suscite à l’intérieur d’une ville de banlieue ordinaire. Le cinéaste suit les échanges dans les rues de la ville, les entretiens avec les avocats dans les palais de justice, mais aussi les réunions internes du collectif « Vérité et justice pour Ali Ziri ». Au fil de la dramaturgie du fi lm, des retournements de situations et de nouveaux espoirs, se révèlent des personnalités étonnantes d’ingéniosité. Par-delà les échanges, le fi lm interroge la justice française et ses incohérences lorsque des policiers sont mis en cause. Quelle