mardi 12 novembre 2013

Portugal : les travailleurs ne veulent pas être saignés à blanc

Tout au long de la semaine dernière, les grèves et les manifestations se sont multipliées au Portugal. Les travailleurs des services publics s’opposent au projet de budget gouvernemental pour 2014. Le projet prévoit des suppressions de postes, l’allongement de la durée du travail de 35 à 40 heures, et une nouvelle baisse des salaires. Au-delà de 600 euros bruts, la baisse serait de 2,5 à 12%.
Un chauffeur de bus de Lisbonne qui gagne 900 euros pourrait perdre 7 à 8% sur un salaire qui a déjà été réduit de 20% ces dernières années.

      Pour que les banquiers qui ont endetté le Portugal continuent de percevoir leurs profits, le gouvernement affame les travailleurs. Mais ils ne se laissent pas faire.



Page suivante l’éditorial des bulletins d’entreprise Lutte Ouvrière d’hier 11 novembre


lundi 11 novembre 2013

Editorial des bulletins d'entreprise Lutte Ouvrière de ce lundi 11 novembre

Comme ses prédécesseurs, Hollande mène une politique de classe

Beaucoup, à droite comme à gauche, critiquent la politique du gouvernement en accusant Hollande d’indécision et de manque d’autorité. Même les psychologues s’en mêlent, expliquant les nombreux changements de pied de Hollande par« son enfance passée à faire le grand écart entre une mère de gauche et un père de droite » !
     Il est ridicule d’allonger Hollande sur le divan du psychanalyste pour comprendre sa politique. Elle est celle de tout président de la République : elle vise à préserver le système capitaliste et la classe qui en profite, la bourgeoisie. Si Hollande donne l’impression de changer de discours en permanence et de ne pas savoir où il va, c’est qu’à la différence de la droite, il ne veut pas l’assumer ouvertement.
     Les socialistes au pouvoir sont dans le double discours, coincés qu’ils sont entre les attentes de leur électorat et les attentes de la bourgeoisie dont ils sont les gestionnaires fidèles. Mais ils font la politique que le patronat leur demande.
     Pour ArcelorMittal, Hollande a défendu Mittal malgré la pression en faveur de la nationalisation du site de Florange. Face à la fermeture de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois, il a défendu la famille Peugeot contre les ouvriers qui se sont battus quatre mois.
     Hollande a renié son engagement électoral de faire payer un peu plus d’impôt aux plus riches en capitulant face aux « pigeons » et en annulant la taxe sur les résultats des entreprises. Mais il n’a pas reculé sur les impôts payés par les travailleurs. Sur la TVA, qui augmentera le 1er janvier prochain, le gouvernement ne recule pas, alors même que la TVA est l’impôt le plus injuste qui soit parce qu’il pèse d’abord sur les classes populaires. C’est une politique de classe, c’est un « cap » politique !
     Hollande gouverne pour servir les intérêts des capitalistes ; il a été formé, sélectionné pour cela. On nous dit que nous sommes en démocratie et que la population choisit ses dirigeants, mais une série de filtres présélectionne le personnel politique en fonction de son dévouement au système.
     Pour être à la tête des grandes villes, des départements, des régions ou au gouvernement, il faut avoir montré patte blanche aux financiers et aux capitalistes. Il faut avoir fait la preuve de sa loyauté. De ce point de vue, il n’y a pas de différence entre Sarkozy et Hollande.
     Si la situation a empiré avec Hollande, ce n’est même pas une question de différence de politique car celle de Hollande et de Sarkozy se ressemblent comme deux gouttes d’eau. C’est que la crise économique s’approfondit et que les attaques du patronat contre la classe ouvrière redoublent d’intensité.
     Chaque fermeture d’usine ou suppression d’emploi est une attaque de plus contre les travailleurs. Rien ne pousse, par exemple, Pinault, une des plus grandes fortunes du pays et actionnaire principal de La Redoute, à céder son entreprise en menaçant 700 employés à Roubaix, si ce n’est sa rapacité. C’est aussi pour faire plus de profits que Goodyear ne veut plus produire de pneus à Amiens et programme 1173 licenciements.
     Les ouvriers de FagorBrandt, Alcatel, de l’agroalimentaire en Bretagne, ne sont pas victimes de la crise, ils sont victimes de la voracité capitaliste. Car ces entreprises que l’on nous présente comme en très grande difficulté sont liées à des groupes d’actionnaires et à des banques qui continuent de s’enrichir. Leur interdire de licencier serait une mesure de salut public.
     Sauf à y être contraint par une mobilisation massive des travailleurs, le gouvernement Hollande- Ayrault n’interdira pas au patronat de licencier. Il ne fera rien qui s’oppose aux intérêts des capitalistes. Il en est, au contraire, le complice et le serviteur fidèle.
    Pour servir le patronat, surtout le grand patronat, le gouvernement lui a fait le cadeau du crédit d’impôt compétitivité, il a légalisé la flexibilité et le chantage à l’emploi, il s’est attaqué aux retraites et poursuit les coupes dans les services publics. Faire passer une telle politique comme étant favorable aux intérêts des travailleurs nécessite bien quelques hésitations et autres contorsions ! C’est le lot de tous ceux qui gouvernent et qui sont payés pour justifier et faire passer auprès de la population les mauvais coups décidés par les grands actionnaires et autres PDG.
Au-delà de la politique anti-ouvrière du gouvernement, les travailleurs doivent viser aussi ceux qui tirent les ficelles, la bourgeoisie, les licencieurs, les exploiteurs. Il leur faut se défendre contre les licenciements, contre la dégradation de leur pouvoir d’achat, contre l’aggravation de l’exploitation, contre les cadeaux faits au patronat qui se traduisent en nouveaux impôts pour tous.
Alors que les capitalistes leur mènent la guerre sociale, les travailleurs doivent lever leur propre drapeau, celui de la lutte de classe.


Ecoles maternelles et élémentaires : grève ce jeudi 14. Le climat est « bon » parmi les futurs grévistes et les parents qui les soutiennent

L’inspection académique organise un « comité de suivi des rythmes scolaires ». il vient de se tenir.
      Pour la hiérarchie départementale : « Tout va très bien, madame la marquise, tout va très bien, tout va très bien… ».
      Le représentant de l’Académie l’a confirmé l « Le climat est bon », entraînant le rire de l’assistance.
      Dès jeudi 14 novembre,  jour d’appel à la grève, avec des lunettes de vue normale, il pourra constater, s’il le veut bien, ce qu’il en est dans la réalité.

Cirque Romanès, jusqu’en février : M Valls a encore le temps de réserver

Les propos ignobles du ministre de l’intérieur à l’encontre des Roms et l’émission de Daniel Mermet, Là-bas si j’y suis sur le sujet, nous avaient rappelé le souvenir d’un bon spectacle au cirque tzigane Romanès que nous avions vu il y a quelques années.
      Nous y avons donc organisé hier une petite sortie d’amis d'Argenteuil.
      Tout le monde a été satisfait.
  Le fondateur du cirque, à la fin du spectacle, alors qu’il proposait un autocollant « Romanès » à coller sur la vitre de voiture, a délivré à ce propos le message suivant : « Mettez cet autocollant… vous aurez toutes les chances d’être arrêtés… comme cela on se sentira moins seuls ».
      Le cirque est à la porte Champerret jusqu’en février.

Banquet de Lutte Ouvrière : réservez !

BANQUET – FETE des amis de Lutte Ouvrière
A ARGENTEUIL
DIMANCHE 26 JANVIER
A partir de 12 heures
Complexe Jean Vilar
Son célèbre apéro
L’intervention d’un porte-parole national du parti
Son banquet
Après-midi dansante
Espace enfants maquillage
Librairie
Stand de fabrication de badges
Stand gâteaux-champagne (payant)

A 15 heures30
Conférence scientifique
Animée par Marc Peschanski,
biologiste et neurophysiologiste, spécialiste des maladies neurodégénératives et des cellules-souches


Billets d’entrée en vente : 13 euros, demi-tarif pour les enfants de 5 à 14 ans ; auprès des militants ou en contactant par courrier ou internet D MARIETTE

Hollande : comme en 14

En lançant le début des commémorations du centenaire de la guerre de 14-18, Hollande a repris à son compte le ton de « l’union sacrée » qui avait, il y a un siècle vu les principaux dirigeants du parti socialiste d’alors se rallier à cette sale guerre engagée pour un repartage du monde entre les grandes puissances. Ce fut une boucherie faisant au total plus de dix millions de morts. Hollande appelle aujourd’hui à « gagner les batailles économiques » et, pour cela, à « renouveler de patriotisme ». Quand on croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels disait Anatole France.
      Quant à ceux qui engagent les travailleurs à ces guerres, ce sont, aujourd’hui comme hier, les complices de la barbarie du système capitaliste. Et ils le font en toutes connaissances.

Monument aux morts de Gentioux dans la Creuse

"Maudite soit la guerre"

11 novembre : un souvenir pour toutes les victimes de tous les pays, morts sur les fronts d'Europe ou d'ailleurs, à l'arrière, "fusillés pour l'exemple, et tout cela au profit de l'ordre capitaliste mondial. Un article sur les fusillés "pour l'exemple" extrait de notre hebdomadaire Lutte Ouvrière de fin octobre dernier.

Fusillés « pour l'exemple » de 1914-1918 : assassinés par l'état-major 

À quelques semaines de l'anniversaire du 11 novembre 1918 et un peu avant le centenaire du début de la Première Guerre mondiale en 1914, cette boucherie qui tua 10 millions d'hommes, la réhabilitation des « fusillés pour l'exemple » est à nouveau envisagée. Des historiens ont transmis un rapport dans ce sens au ministre délégué aux Anciens combattants, Kader Arif.
     Ce dossier avait été entrouvert en 1998 par Lionel Jospin, alors Premier ministre, qui, dans un discours à Craonne, avait affirmé que les mutins devaient « réintégrer, pleinement, notre mémoire collective nationale », mais le président Chirac l'avait refermé, jugeant la proposition « inopportune ». En 2011, Sarkozy avait dit des combattants de 1914-1918 que « tous furent des héros, même ceux qui, après avoir affronté avec un courage inouï, les plus terribles épreuves, refusèrent un jour d'avancer parce qu'ils n'en pouvaient plus ». Paroles qui n'ont eu aucune suite.
      Durant cette guerre, selon les archives de l'armée, dont on sait qu'elles sont incomplètes, 740 soldats français ont été « fusillés pour l'exemple » après des jugements expéditifs pour refus d'obéissance, abandon de poste ou mutinerie.
      Durant les dix-sept premiers mois de la guerre, les deux tiers des fusillés, 430 soldats environ, ont été exécutés sur ordre des « conseils de guerre spéciaux », une institution militaire expéditive, ne laissant aux accusés que peu de moyens de se défendre. Pour les cadres de l'armée, il s'agissait d'imposer une discipline de fer afin que les hommes marchent au combat.
      Pour les historiens auteurs du rapport, ces condamnés étaient « des soldats comme des milliers d'autres, qui se sont battus comme eux et ont eu un jour un moment de faiblesse ou de ras-le-bol » et « un large consensus existe dans notre société pour estimer que la plupart n'étaient pas des lâches ».
      Ce consensus diminue de beaucoup quand il s'agit de prendre en compte les soldats qui se mutinèrent à partir de 1917. Avec l'éclatement de la révolution russe et l'espoir qu'elle souleva, des dizaines de milliers de soldats furent influencés par cette seule guerre juste qu'était la révolution. Aujourd'hui la Ligue des droits de l'homme ou la Libre Pensée voudrait à juste titre une « réhabilitation générale ».
       Les historiens, eux, n'ont pas l'intention d'aller aussi loin et se contenteraient d'une déclaration solennelle assortie éventuellement d'un projet pédagogique. Mais, déjà, cette suggestion, pourtant modérée, fait monter au créneau des associations patriotiques qui n'ont toujours pas médité la réflexion d'Anatole France : « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels ».
       Dans une lettre au ministre délégué, ces associations dénoncent « les conséquences (...) dramatiques pour le peuple français si son armée avait plié et s'était mutinée devant l'agresseur ». Pour ce comité, « vouloir considérer tous les morts de la guerre comme morts au combat, c'est-à-dire comme morts pour la France, (...) consisterait à modifier l'histoire, telle qu'elle est, à des fins partisanes ». Comme si les fins poursuivies par les grandes puissances en guerre en 1914-1918 n'avaient pas été partisanes ! Comme si les véritables buts de la guerre n'avaient pas été dissimulés aux soldats et à l'opinion publique. Comme si les traités auxquels cette guerre a abouti, comme le traité de Versailles, n'avaient pas montré que la guerre entendait imposer un nouveau partage du monde, aussi inique que le précédent et qui allait être une des causes de la guerre mondiale suivante.
On verra quelle suite donnera le gouvernement au rapport des historiens.
       On peut cependant noter que des municipalités et des collectivités territoriales n'ont pas attendu le gouvernement pour réhabiliter des « fusillés pour l'exemple ». Treize conseils généraux se sont prononcés pour leur réhabilitation, dont le conseil général de Corrèze sous la présidence d'un certain... François Hollande.


                                            Jacques FONTENOY



"Le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l'orage" (Anatole France)

dimanche 10 novembre 2013

Sondage en vue des futures municipales : demi-sonde, quart de sonde ?

Les conseillers municipaux Lutte Ouvrière d’Argenteuil n’ont pas été sondés, mais un Argenteuillais qui le leur a rapporté, lui, l’a été, sondé par l’Ifop il y a quelques jours. Ce sondage portait sur les futures élections municipales… à Argenteuil.
       Il y était question par exemple de sélectionner deux priorités parmi un certain nombre telles : l’aménagement de la ville, les impots, la sécurité, l’emploi,…, au niveau local s’entend. Il y était question seulement du maire actuel et de son auto-proclamé principal challenger, son prédécesseur de droite. L’aménagement fait penser au maire actuel. Quant à « impots », son prédécesseur n’a guère d’autre mot à la bouche.
      Par quel candidat ce sondage a-t-il été commandé ? Mystère.
      Quant à notre informateur, il  n’avait nulle part pour placer que lui soutenait une autre liste qui sera présente en mars prochain, dont l’annonce est connue par tous, la liste Lutte Ouvrière…

     Ah, le sérieux des sondages !