jeudi 28 mars 2013

Education : le palmarès de l'inégalité


Il pleut toujours où c’est mouillé

Dans le classement des lycées du Val d’Oise, sur les dix « meilleurs établissement », il y a neuf lycées privés. Entre les diverses notre-dame, de la compassion à la providence, on y perdrait presque son latin.
     Pas question de providence. Vous sélectionnez les élèves par tout ce que vous voulez, le niveau des élèves, leur milieu, et l’argent, et la messe est dite. C’est comme dans le tour de France, un petit coup de pouce, et vous voilà devant.
     Deux classes, deux mondes, c’est vrai dans toute la société, c’est d'abord vrai à l’école.


C'est un trou de verdure où chante une belle école : Bury dans le Val d'Oise


Pas de miracle pour Georges Braque (Argenteuil)

Ce n’est pas la lanterne rouge, mais c’est tout comme. Mon ex-pauvre lycée Georges Braque est 40ème sur 42 !
     Pas question de providence. La sélection ! Là, il n’y a pas de sélection pour un lycée publique. Quels que soient leur milieu, le niveau, les revenus des parents, vous devez être pris, et c’est tant mieux. Les élèves font ce qu’ils peuvent. Les personnels font ce qu’ils doivent. En revanche, l’Etat, lui, répond aux abonnés absents au niveau des énormes moyens qui seraient nécessaires pour contrer les données défavorables. C’est une information : une délégation des enseignants du lycée Georges Braque sera en fin d’après-midi à l’Inspection académique de Pontoise… pour réclamer des moyens supplémentaires. Comme chaque année, avant et après palmarès. 
     Mes ex-collègues, personnels de Georges Braque, mes ex-élèves, hors les cœurs !



Georges Braque : débrayage suite à une agression





La révolte sociale, cauchemar de Raffarin et de la bourgeoisie

L’ancien Premier ministre Raffarin a évoqué dans une interview sa peur d’une explosion sociale comparable à mai 68. « Le climat social se tend et la colère gronde », confie-t-il. « La colère aujourd’hui est sourde (…) mais dans tous les départements français il existe un dossier du type de Vilvoorde, Lu ou Moulinex, qui peut enflammer la situation ». Il exprime tout haut ce que redoutent les politiciens de droite et de gauche.
     Mais la colère et l’explosion de demain du monde du travail ce sont justement eux qui l’attisent. Cette salutaire explosion, il ne faut pas simplement la souhaiter, mais agir pour l’organiser.



La manifestation du 13 mai 1968

Algérie


Militants arrêtés aux frontières de l'Algérie


200 militants syndicalistes, associatifs... ont été stoppés aux frontières algériennes alors qu’ils se rendaient à Tunis pour le Forum social mondial. L’État algérien croit pouvoir empêcher le développement de la contestation par des mesures policières. Mais pour l’instant, quelles que soient les manœuvres auxquelles se livre le pouvoir, des manifestations contre le chômage et contre la hausse des prix ont lieu.


Si au moins ils pouvaient dormir


Algérie d'aujourd'hui : une conférence de Lutte Ouvrière le 3 mai prochain à Argenteuil

Il y a deux ans, nous avions fait un exposé du groupe d'étude ouvrière-Lutte Ouvrière que nous animons, ouvert à tous, sur la Guerre d'Algérie et la période de la colonisation française qui y avait conduit. Nous avions promis une seconde partie sur l'Algérie d'aujourd'hui, depuis l'indépendance de 1962. Ce débat aura lieu :

vendredi 3 mai prochain
Espace Mandéla
82 bd Leclerc
à Argenteuil

un exposé - une heure de libre débat

Grande-Bretagne : le poison de la démagogie raciste

En Grande-Bretagne, David Cameron a décidé de réduire les aides accordées aux travailleurs immigrés pour le logement, les allocations chômage et la santé. S’en prendre à une fraction des travailleurs au nom de la préférence nationale, c’est chercher à diviser, donc affaiblir le monde du travail, pour mieux servir les intérêts du patronat qui lui ne voit aucun de ses privilèges remis en cause.
     C’est une attitude classique de beaucoup de politiciens et de gouvernants.

mercredi 27 mars 2013

Mozart, Paris 19ème : pour ce collège, davantage les murs du ghetto que la musique de l’égalité

Le collège classé ZEP qui avait sans doute inspiré l'auteur du film « Entre les murs », Palme d’or au festival de Cannes, qui y avait enseigné, est en grève.
     Comme le dit bien un journaliste à propos des enseignants « ils sont à bout ». L’établissement est au bord de l’implosion, ils n’ont plus les moyens de travailler.
     Lors de la discussion sur la « réforme des rythmes scolaires », certaines bonnes âmes ont dénoncé le soi-disant « corporatisme » des enseignants qui rechigneraient à changer leurs habitudes !
     Ces bonnes âmes ne connaissent pas la réalité.  
     Dans les quartiers populaires aux difficultés grandissantes, les enseignants sont « à bout ».


"Entre les murs de nombreux établissement scolaires, que d'espoirs d'éducation, de cultures, mais que de difficultés pour les élèves, les personnels. Abattons les murs avec les moyens nécessaires !

Education : inégalité des chances. Ah bas !


Il fallait entendre la colère de ces parents d’élèves d’une école primaire de Bobigny ce matin à la radio, obligés d’occuper le bureau de la directrice pour exiger que l’enseignante absente depuis… fin janvier soit remplacée. Il paraît que l’Inspection académique du 93 se prépare à embaucher un remplaçant. Comme si elle n’avait pas pu le faire depuis fin janvier. Comme s’il n’était pas possible de trouver vite et bien un chômeur qui fasse l’affaire et qui ne demande pas mieux que d’aller faire la classe. Et même, comme s’il n’était pas possible de dégager au moins pour quelques semaines un haut fonctionnaire du ministère, ex-enseignant, pour régler le problème tout en se frottant à la situation dans les communes populaires !
     Dans le département, il y a bien des situations semblables. Ainsi, dans le secondaire, dans le lycée de la Tourelle de Sarcelles, c’est, là, un enseignant de « système informatique et numérique » qui n’est pas remplacé depuis… la mi-janvier !
     Il y a les discours sur « l’égalité des chances », la qualité de la formation pour lutter contre le chômage.
     Et la sombre réalité qui perdure.

On ne lâche rien

Ce n’est pas seulement la question des « rythmes scolaires » qui mobilisent nombre d’enseignants. C’est le manque de postes qui va perdurer si l’on n’augmente pas d’une façon autrement drastique le nombre de postes créés. Ce sont les difficultés sociales en hausse qui aggravent dans les établissements et hors de ceux-ci les difficultés de la jeunesse.
     Un certain nombre de syndicats dont la CGT-Education appellent à une nouvelle journée de grève ce jeudi 28.
     Une manifestation est prévue l’après-midi. J’en serai. D.M.

La manifestation parisienne du 28 mars partira à 14h30 du Luxembourg en direction du ministère.

RATP : extraits du dernier bulletin Lutte Ouvrière du dépôt de Nanterre dont les conducteurs desservent en particulier la région d'Argenteuil-Bezons-Sartrouville


dérapage

Comme d’habitude, lors du dernier épisode de neige, la direction a hésité à faire rentrer les bus malgré les avertissements de certains d’entre nous.
     Conséquences : un articulé en travers des rails du tram, plusieurs bus qui ont eu de la tôle froissé et plusieurs d’entre nous qui ont mis du temps à rentrer au dépôt.
     La peur de perdre des kilomètres n’évite pas l’accident.

Merci patron

Suite aux chutes de neige de ces derniers temps, la direction affirme qu'elle traitera avec « bienveillance » ceux d'entre nous qui sont arrivés en retard.
     On prend des risques pour venir travailler, mais en plus il faut aussi subir l'attitude condescendante de la direction.
      Notre paye, on ne la vole pas !

La méthode Coué

Avec la neige, la RATP affirme dans le journal 20 minutes ne pas prendre le risque de mettre en danger la vie des conducteurs et des voyageurs.
     On l'a bien vu !

renfort pas très fort

Le STIF finance un renfort d’offre sur le 159 le samedi et sur le 244 la nuit. C’est bien.
     Sur le 159, vu la charge et les temps de parcours, c’est tout le reste de la semaine qu’il faudrait du renfort. Et aussi sur d’autres lignes.
      Les gens qui vont travailler aux heures de pointes ça ne doit pas intéresser le STIF !

ça déraille complètement

Pour décongestionner les transports, la direction de la SNCF préconise d’étaler les horaires de travail.
     En bref, au lieu d’améliorer les transports, il faudrait que les salariés se lèvent plus tôt ou rentrent plus tard chez eux.
     C’est bien des idées de patrons !

pagaille

Sur le 272, la gare routière de Sartrouville a été rouverte.
     Mais aucun affichage n’a été fait. Du coup certains d’entre nous continuent à dévier et les voyageurs ne savent plus où attendre le bus.
     On nous reproche souvent de ne pas lire les notes, encore faut-il qu’elles soient à jour.


le 272





Marchands de canon : côté usine, cette fois. Deux extraits du dernier bulletin Lutte Ouvrière de l'entreprise Dassault Argenteuil du 18.03.13.


Champagne pour les profiteurs

La presse économique ne tarit pas d’éloges : « marge en forte progression pour Dassault aviation » dans les Echos : « résultats en forte hausse » dans l’Usine Nouvelle ; « Dassault Système et Aviation affichent leur très bonne forme » écrit Challenge.
      Les rentiers, ceux qui vivent de notre travail, se frottent les mains. Pour eux, 2012, c’est le jackpot, c’est même un feu d’artifice.
    Il y a à peine trois mois, lors des NAO, les dirigeants de la société, PDG en t^te, affirmaient, la main sur le cœur, que la situation était « incertaine ».
Menteur et cynique, ça c’est certain.

Ils se repaissent, mettons les à la diète

Profits pulvérisé (+25%), dividendes explosés, hausse des avions livrés, hausse des commandes, chiffre d’affaire 2013 d’ores et déjà annoncée en augmentation et record historique de l’action Dassault : c’est la crise ?
     Augmentation de la productivité, quasi blocage des salaires et baisse annoncée de la participation et de l’intéressement oui, pour nous, c’est la crise.
      Les actionnaires ont besoin de nous et de notre travail. Pas l’inverse. Si on arrête de produire, ils ne profitent plus.

L'usine Dassault d'Argenteuil