Nous étions des dizaines de milliers voire bien davantage de
manifestants à travers le pays pour protester contre l’accord dit de
flexi-sécurité, qui organise bien l’aggravation de la flexibilité pour les
travailleurs tout en augmentant surtout leur insécurité. Le gouvernement
Ayrault veut faire ratifier au plus vite cet accord qui enchante le Médef.
Cette journée d’action et de manifestation est un premier pas. Elle doit être
suivie dès maintenant, par un deuxième temps qui soit, dans un délai proche, l’occasion
d’une nouvelle étape dans le développement de la mobilisation nécessaire pour
faire reculer le gouvernement.
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Le gouvernement, fort avec les faibles, faible avec les forts
Conclusion : devenons plus fort |
Pour rappeler la teneur de ce projet, voilà un article d’un numéro de
février de notre hebdomadaire Lutte Ouvrière :
Contre
l'accord Medef-CFDT-CFTC-CGC : dans la rue et en grève le
5 mars !
La CGT et Force ouvrière
appellent à une journée de mobilisation le 5 mars contre l'accord signé
entre les organisations patronales et les confédérations CFDT, CGC et CFTC. Cet
accord du 11 janvier, dit de flexi-sécurité, rédigé sous forme de projet
de loi, sera présenté au Conseil des ministres le lendemain 6 mars.
En décidant d'inscrire dans la loi cet accord
s'appliquant au niveau national et à l'ensemble des salariés, le gouvernement
montre son empressement vis-à-vis du patronat. Cette loi de flexibilité sera en
effet une nouvelle arme pour tous les patrons. Elle leur donnera la possibilité
de licencier plus vite et moins cher. Elle les autorisera à baisser les
salaires, à imposer la mobilité, à rallonger le temps de travail.
Le seul titre de l'accord, « Accord national
interprofessionnel, ANI, (...), au service de la compétitivité des
entreprises » montre que l'objectif est de subordonner la vie, le salaire,
les conditions de travail des salariés à cette « compétitivité »,
c'est-à-dire aux bénéfices patronaux. D'un bout à l'autre, article après
article, ce sont les souhaits du patronat qui se trouvent exaucés.
Ainsi l'article 18 ouvre la possibilité aux patrons
de modifier le temps de travail et de baisser les salaires durant deux ans,
sans garantie de maintien des emplois. L'article 15 prévoit la mobilité
interne forcée, qui permettrait aux employeurs de muter les travailleurs sur un
autre poste, à l'autre bout du pays. Si le salarié refuse, il serait licencié
pour motif personnel ! C'est exactement à un accord de ce type que les
travailleurs de Renault et de Sevelnord s'opposent.
Le patronat pourrait aussi recruter dans des petites
entreprises de certaines branches avec un contrat à durée indéterminée dit
« intermittent », c'est-à-dire un contrat totalement flexibilisé, le
travail se faisant quand le patron le décide, aux horaires et au poste qu'il
décide. L'article 22 précise que le salaire de ces travailleurs sous
contrat de travail intermittent serait « lissé » c'est-à-dire
indépendant de l'horaire réel.
L'accord prévoit aussi que la procédure de licenciement
collectif pour motif économique serait simplifiée et sa contestation limitée
dans le temps.
Quant aux droits nouveaux prétendument prévus par l'ANI,
ils n'existent pas. Tout ce qui devrait être soi-disant une avancée pour les
travailleurs se réduit à une promesse d'engagement de négociation. Les droits
rechargeables à l'assurance chômage sont envisagés à l'article 3, à
condition que cela ne coûte rien, « les partenaires sociaux devant veiller
à ne pas aggraver ainsi le déséquilibre financier du régime d'assurance
chômage ».
Cet accord est la généralisation du chantage que le
patronat exerce déjà dans nombre d'entreprises. Aussi est-il à souhaiter que le
plus grand nombre de travailleurs possible soient en grève et dans la rue le
5 mars prochain, pour empêcher qu'il passe dans la loi.