Renault : le maître-chanteur est déjà gavé
Carlos Ghosn,
le PDG de Renault, se moque du monde : il vient donc de proposer de
reporter – pas même de renoncer – 30% de sa rémunération variable, soit 430 000
euros sur ses 11 millions de salaire annuel, afin de faire passer l’accord de
compétitivité que vise Renault.
Depuis des mois, au nom d’une prétendue
nécessaire « compétitivité », Renault essaye d’imposer à ses salariés
en France un accord qui prévoit le blocage des salaires, la suppression de
jusqu’à 21 jours de congés par an et une flexibilité et une mobilité accrues.
En fait de négociation, elle exerce un véritable chantage à l’emploi. Elle
explique qu’elle « pourrait s’engager à ne pas fermer d’usine en
France », toute la menace tenant dans le conditionnel. Et en même temps,
elle prévoit 8000 suppressions d’emplois.
Hier, l’entreprise a annoncé avoir fait,
en 2012, 1,74 milliard de profits. Si on ajoute 600 millions de « cash
flow » supplémentaire, 2 milliards de trésorerie en plus, un endettement
de 300 millions qui se transforme en une créance de 1,2 milliard, c’est au
total plus de 5 milliards qu’a gagné Renault en 2012. Les actionnaires
toucheront 500 millions de dividendes au titre de 2012, soit plus que l’an
passé. On comprend que l’action ait gagné 8% hier. Et la firme va bientôt
bénéficier de l’allègement de cotisations promis par le gouvernement dans le
cadre du « pacte de compétitivité ».
Alors les travailleurs de Renault ont
entièrement raison de refuser chacun des sacrifices qui leur sont
demandés !
Nathalie Arthaud, le 15.02.13.
