PCF : de reniement en reniement
La faucille et le marteau, déjà effacés depuis 1999 du logo de
L'Humanité, n'apparaissent plus cette année sur la carte d'adhérent du
PCF, ce qui visiblement inquiète plus d'un militant de ce parti.
« Nous voulons nous tourner vers l'avenir.
C'est un sigle qui ne résume pas ce que l'on est aujourd'hui », s'est justifié
le secrétaire national, Pierre Laurent. Effectivement, le PCF a cessé depuis
longtemps de se réclamer de la révolution d'Octobre en Russie, dont la faucille
et le marteau constituent l'un des symboles. Cette révolution représente
pourtant le point culminant des combats livrés par le mouvement ouvrier, allié
au monde des campagnes, pour renverser le pouvoir de la bourgeoisie, et il n'y
a pas de quoi en avoir honte, bien au contraire ! Mais le PCF n'est pas à un
reniement près, depuis la réintroduction dans ses cortèges, dès 1935, du
drapeau tricolore, symbole de la bourgeoisie, au côté du drapeau rouge, jusqu'à
l'abandon officiel de la perspective de la dictature du prolétariat par Georges
Marchais en 1976.
Pierre Laurent se contenterait sans doute
d'un avenir garantissant au PCF de se maintenir la tête hors de l'eau. Mais un
parti capable d'aller jusqu'au bout dans le reniement du passé glorieux du
mouvement ouvrier, il en existe déjà un, c'est le PS, d'ailleurs remis en selle
avec l'aide du PCF par Mitterrand depuis le début des années 1970.
Quant au Parti de gauche, que la direction
du PCF estime plus présentable que la référence au communisme, il n'est qu'une
pâle copie du PS. Mélenchon, qui est d'ailleurs issu du PS, n'a pour ambition
lui aussi que de se servir du PCF et de ses électeurs comme d'un marchepied.
Jean SANDAY