samedi 26 janvier 2013

On ne peut perdre sa vie en la gagnant


Un ouvrier est mort écrasé par un arbre durant des travaux d’élagage à Valmondois. Il avait 25 ans.
     Les accidents du travail mortels font moins l’actualité que les faits divers de meurtres ou d’agressions.
     Ils sont tout aussi macabres. Et l’on sait comment en réduire, eux, le nombre, par la formation en particulier.

Education : la grande misère de l'Ecole pour les jeunes des milieux populaires : l'exemple du Lycée professionnel de Villiers-le-bel : une correspondance de l'hebdomadaire Lutte Ouvrière


Lycée professionnel de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) : l'éducation, une priorité ? Des discours à la réalité

Mercredi 9 janvier, suite à un énième conflit avec un élève, une majorité des enseignants du lycée professionnel de Villiers-le-Bel ont décidé de cesser de travailler. Les conditions minimales pour le faire ne sont de fait plus réunies.
     Dans ce lycée qui a toujours été difficile, la situation s'est considérablement dégradée depuis quelques années, à cause d'une diminution drastique des moyens mais aussi en raison du travail calamiteux de la direction de l'établissement, qui préfère cacher les problèmes plutôt que de tenter de les régler. Les dysfonctionnements s'accumulent mais, de son point de vue comme de celui de l'Inspection académique (IA), peu importe si les enseignants font des cours ou de la garderie : l'important est de ne pas faire de vagues.
     Par exemple, la rentrée de septembre a eu lieu sans conseiller principal d'éducation (CPE), sans listes d'élèves, sans carnets de correspondance, sans trombinoscopes. Le logiciel qui gère l'appel et le cahier de textes n'a pas été utilisable pendant plus d'un mois. Les enseignants n'ont donc pas fait l'appel pendant plusieurs semaines. Des élèves ont choisi leur classe en se regroupant par affinité, donc souvent par quartier d'origine, et la direction du lycée a validé leur choix.
     Mais surtout ce sont des problèmes d'indiscipline, d'incivilités, de grossièreté, de violence qui pourrissent le quotidien du lycée. Les conflits se multiplient, laissant de moins en moins de place à la transmission des connaissances. L'absentéisme atteint des records. Des dizaines d'entre eux, qui n'apprennent plus rien, considèrent les enseignants comme des ennemis. Les enseignants sont placés devant le choix d'accepter d'être chahutés ou de s'engager dans des conflits à l'issue très incertaine, faute de soutien de la direction.
     Le grand mérite de cette mobilisation, qui a duré une semaine, est que les enseignants ont mis le doigt sur la plaie. Ils ont demandé à l'Inspection académique de se déplacer jusqu'au lycée et d'y faire un audit de l'ensemble des dysfonctionnements. Cette demande n'a pas été satisfaite. Une délégation a finalement été reçue à l'Inspection une semaine après le début du mouvement. Celle-ci a promis la visite d'un inspecteur pédagogique régional dans les prochaines semaines, de diligenter un audit dans les mois prochains (vraisemblablement durant l'année scolaire 2013-2014), ainsi que le paiement de la moitié de la semaine d'arrêt de travail.
     Même s'ils n'ont pas gagné grand-chose, les enseignants ont au moins voulu mettre un coup d'arrêt à cette dégradation sans fond. Car, même si la hiérarchie de l'Éducation nationale s'en moque, les jeunes des quartiers populaires ont droit comme les autres à un véritable cadre permettant de travailler dans la sérénité. L'école doit rester un lieu d'apprentissage, c'est l'attente de la grande majorité des élèves.
     Au prochain incident, qui malheureusement ne devrait pas tarder, les enseignants sont prêts à se mobiliser de nouveau. Et ils viennent de prouver qu'ils savent le faire.

                                                                                    Correspondant LO

Des enfants roms discriminés


À Ris-Orangis (Essonne), comme dans d’autres communes, il y a un camp de Roms. Et comme bien des maires, celui de cette ville de 27 000 habitants met toute la mauvaise volonté possible à en scolariser les enfants.
     Ce maire, qui est au PS, a ainsi organisé la séparation des enfants. Alors que tous ceux de la commune vont à l’école, ce qui est obligatoire, les enfants des Roms, eux, vont… au gymnase, où une enseignante spécialisée s’efforce de leur apprendre le français, tâche d’autant plus difficile qu’ils ne fréquentent pas les autres enfants.
     Le maire ne se cache pas d’organiser son petit apartheid contre l’avis de la directrice de l’école la plus proche. Il le justifie d’ailleurs en expliquant que c’est provisoire... puisqu’il essaye d’expulser le camp rom !

vendredi 25 janvier 2013

Guerre au Mali : l’armée française au service d’Areva


Le ministre de la Défense vient d’envoyer des forces spéciales protéger les installations minières d’Areva, au Niger. Voilà qui permet au trust français de l’uranium d’économiser les 4 millions d’euros par ans qu’il payait pour une société de sécurité privée. C’est la première fois que l’armée française participe aussi directement à la protection d’intérêts privés.
     Après 15 jours d’enfumage gouvernemental pour expliquer que l’intervention au Mali était destinée à défendre les droits de l’Homme au Sahel, c’est beaucoup plus clair comme ça : le vrai rôle des troupes françaises est de protéger les intérêts des grandes entreprises françaises.

Professeurs d’élèves décrocheurs : une seule solution, l’insertion par la titularisation


Parmi les enseignants des classes relevant de la mission d’insertion de l’académie de Versailles, il y a de nombreux contractuels. Ces derniers, conséquence d’une modification administrative, risquent de se retrouver à la porte.
     Ce serait fort de café à l’encontre de personnes qui permettent à des élèves décrocheurs âgés de 16 à 18 ans de retrouver la voie de la formation.
     Tous ces personnels, quel que soit leur statut actuel, ont fait l’affaire pendant des années.
     Il n’y a qu’une seule solution : la titularisation de tous !


Grève de PSA-Aulnay : « personne ne doit rester sur le bord du chemin ». Aidons-les !


Pour conserver leur emploi, pour conserver leur salaire, de très nombreux salariés de PSA –Aulnay n’ont cessé de combattre depuis l’annonce du plan de fermeture de leur usine d’Aulnay-sous-bois depuis près d’un an et demi. La grève reconductible qui a débuté mardi 16 janvier et le scandaleux lock-out décidé par la direction PSA ne sont que les derniers épisodes de nombreuses mobilisations, de nombreux débrayages et manifestations. Ces travailleurs se battent courageusement, le dos au mur pour défendre leur vie et celle de leurs familles.
     Une délégation de grévistes, habitant Argenteuil, est venue hier matin pour rencontrer le maire d’Argenteuil et obtenir des décisions de soutien de sa part et de la part de la municipalité.
     S’ils ont pu rencontrer en ma présence Kader Slifi, Adjoint-au maire chargé des entreprises, si Chantal Colin, la première Adjointe est venue les saluer, si la délégation était satisfaite d’avoir rencontré des élus municipaux, ces grévistes maintiennent leur désir de rencontrer de vive-voix le maire.
     Par ailleurs, ce serait la moindre des choses que la municipalité les aide financièrement, en délivrant une aide collective via leur fonds de soutien, et en soutenant chacun de ces grévistes Argenteuillais, à travers ses difficultés de règlement de leur loyer, de la cantine, de centre de loisir, de la crèche.
     Le maire d’Argenteuil aime à répéter, comme il l’a fait une nouvelle fois lors de la dernière cérémonie des vœux municipaux : « personne ne doit rester sur le bord du chemin ». La municipalité a l’occasion de le démontrer en soutenant ces habitants, travailleurs grévistes qui ne se battent pas seulement pour eux-mêmes mais pour l’emploi de tous.

                                                                                  Dominique MARIETTE

Affaire Dassault : requin, pitbulls et bébés requins


La justice enquête sur des grosses sommes données ou « prêtées » par Serge Dassault à des voyous de Corbeil, la ville dont il avait été maire UMP. Cela fait longtemps que ce milliardaire, cinquième fortune française, héritier du groupe d’aviation et propriétaire du Figaro, est réputé pour son clientélisme.
     Mais aujourd’hui ces affaires arrivent sur les bureaux de policiers et de juges, d’une part parce que certains des caïds harcèleraient la famille Dassault de coups de fil et de menaces, et d’autre part parce que les fils Dassault se disputeraient la succession de leur père vieillissant... sans attendre que celui-ci lâche ses affaires de son plein gré.
Forcément, patauger dans la fange, ça éclabousse.

Le gouvernement grec sort son gros bâton, les travailleurs ne lâchent pas


Le gouvernement a pris un ordre de réquisition contre les employés du métro d’Athènes. Ceux-ci, en grève depuis une semaine, refusent la baisse de leurs salaires prévue par le dernier plan d’austérité. Les ministres les menacent donc purement et simplement d’arrestation et de licenciement s’ils ne reprennent pas le travail immédiatement. Mais pour l’heure les travailleurs du métro ont affirmé qu’ils ne céderaient pas, tandis que les conducteurs de trains, bus et bateaux se déclarent prêts à se mettre en grève pour les soutenir.
     L’épreuve de force avec les travailleurs du métro d’Athènes en est à ses début mais par leur rôle dans la société, par leur nombre, les travailleurs ont les moyens de faire plier leur gouvernement.