lundi 21 janvier 2013

PSA-Aulnay en grève : la lettre d'information n°2, reçu via l'Union des Syndicats de la Métallurgie du 92

Lettre d'information n°2 : grève à PSA-Aulnay
21/01/2013
A LA UNE
Depuis mercredi 16 janvier, la grève a démarré à l'usine d'Aulnay. Plus aucune C3 ne sort des chaines de production. L'usine est complètement paralysée.
Dès le premier jour, la direction  a essayé de minimiser la grève. Il a fallu que les grévistes fassent entrer la presse dans l'usine pour faire constater les nouveaux mensonges de la direction.

Après 18 mois de mobilisation, la direction a été forcée d'ouvrir des négociations. Mais elle ne veut rien céder et veut faire de la fermeture de l'usine d'Aulnay un exemple patronal. Plusieurs centaines de salariés d'Aulnay ont décidé de passer à la vitesse supérieure. La grève, qui reçoit le soutien chaleureux des intérimaires et même des non grévistes, est une arme contre la direction qui a besoin de C3, la voiture la plus vendue du groupe.
Les grévistes d'Aulnay s'opposent à la fermeture de l'usine et refusent de se laisser jeter à la rue sans rien, comme le voudrait la direction. Ils exigent que PSA reprenne à zéro les négociations sur la base de leurs revendications signées par 1 600 salariés :
-      une préretraite dès 55 ans
-      un CDI pour tous
La famille Peugeot est riche à milliards. Varin lui-même parle d'un matelas financier de 11 milliards d'euros. Les ventes de voitures, malgré le matraquage médiatique, restent très supérieures à ce qu'elles étaient il y a 10 ans.
En 2004, il y avait 87 000 salariés dans la branche automobile du groupe PSA. En mai 2012, ils n'étaient plus que 67 000 et la direction veut continuer la saignée pour arriver à 56 000 salariés à mi 2014 : 31 000 emplois supprimés en 10 ans. Mais les travailleurs refusent d'être sacrifiés pour que les actionnaires continuent à s'engraisser.

Les salariés de PSA Aulnay relèvent donc la tête dans un contexte où l'ensemble du patronat déclare la guerre au monde du travail.
Vendredi matin, ils sont allés envahir l'usine de Saint Ouen. La direction s'est crue à l'abri en sortant tous ses cadres devant les portes cadenassées. Mais les ouvriers ont réussi à investir l'usine et ont pu ainsi aller discuter avec leurs camarades de Saint Ouen. La direction furieuse a appelé la police et le Ministère de l'Intérieur, complice, a accepté de faire entrer les CRS dans l'enceinte de l'usine. Le Ministère avait même prévu un bus pour interpeller et embarquer les salariés d'Aulnay.
Eh oui, ce sont les patrons qui cassent tout, mais la Police de Manuel Valls s'en prend aux salariés qui se défendent.
Et le lendemain, 15 cars de CRS encerclaient l'usine de Poissy pour la « protéger » d'une éventuelle venue de ceux d'Aulnay, preuve, s'il en faut, que la direction n'est vraiment pas rassurée.
Elle est si inquiète qu'elle a décidé le lock-out de l'usine vendredi après midi et toute la journée de lundi. Elle espère ainsi isoler les grévistes. Mais ce n'est pas cela qui atteindra la détermination des ouvriers qui ont bien décidé de ne pas se laisser faire.
La seule solution pour faire reculer PSA c'est de se mettre en grève. Une partie des salariés d'Aulnay l'ont compris : PSA veut les écraser en les jetant au chômage tout en payant le minimum. Côté gouvernement, les seuls actes concrets ont été de sauver la banque PSA en la garantissant à hauteur de 7 milliards et de faire donner les CRS contre les grévistes.
Alors la grève de PSA Aulnay ne doit pas rester isoler. Elle a besoin de tout votre soutien. Tout d'abord en la popularisant le plus possible et puis en la soutenant financièrement.
Si vous souhaitez soutenir financièrement la grève, vous pouvez effectuer un versement par chèque ou en ligne à « l'association Soutien aux salariés de l'automobile du 93 : http://www.soutien-salaries-automobile-93.org/.
Soutenez financièrement la grève                                    des salariés de PSA Aulnay

Editorial des bulletins Lutte Ouvrière du 21.01.13.



Les travailleurs doivent riposter à la guerre... que le patronat leur mène

Pendant que l’armée française est en guerre au Mali, on parle moins d’une autre guerre, elle aussi appuyée par le gouvernement, mais engagée ici-même en France : il s’agit de l’offensive menée par le patronat dans son ensemble contre les emplois, les salaires, les conditions de travail et les droits des travailleurs. Et c’est bien une guerre.
     Les travailleurs de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois, en région parisienne, sont en grève depuis le 16 janvier contre un patron qui veut fermer leur usine et supprimer 11 200 emplois sur l’ensemble du groupe. PSA, riche à milliards, vient d’obtenir du gouvernement une aide de sept milliards d’euros et a l’audace de dire que tout cela est nécessaire pour sa “compétitivité” ! Ce groupe voudrait forcer les travailleurs de PSA Aulnay à se plier à ses conditions, quelles que soient les conséquences pour eux. Ils ont décidé de ne pas se laisser faire.
     Il y a quelques jours, c’est aussi Renault, l’autre grand patron de l’automobile, qui a annoncé 7 500 suppressions d’emplois pour les années qui viennent. Renault parle de réductions d’effectifs et dit qu’il n’y aura pas de licenciements. Mais, de toute façon, ce serait des emplois en moins pour tous ceux qui en cherchent un, et donc encore plus de chômage.
     Cette annonce vient au moment où Renault voudrait faire signer par les syndicats un accord dit de “compétitivité”, imposant une augmentation du temps de travail équivalente à plus de dix journées de travail supplémentaire gratuit par an. Au moment où les patrons de ce secteur se plaignent de la baisse des ventes de voitures, ils voudraient obliger leurs ouvriers à travailler plus en étant moins nombreux et en gagnant moins.
     Renault voudrait en même temps imposer la “mobilité” entre sites. Cela obligerait les ouvriers à aller d’une usine à l’autre, parfois à 150 kilomètres de distance, au bon vouloir du patron, quitte à devoir se loger en camping avec une indemnité de déplacement ridicule. Pour faire passer ce projet, Renault dit que c’est la condition pour qu’il ne ferme pas d’usine en France. Mais 7 500 suppressions d’emplois, cela revient à fermer trois usines ! C’est une autre façon de faire comme PSA.
     Renault, PSA et les autres grands patrons sont d’autant plus à l’offensive que le gouvernement Hollande-Ayrault a, de son côté, fait signer par plusieurs syndicats -sauf la CGT et FO- un accord dit de “flexi-sécurité”. Celui-ci autoriserait tous les patrons à imposer des horaires flexibles et des baisses de salaire s’ils l’estiment nécessaire, là encore pour leur “compétitivité”.
     Le gouvernement prétend qu’ainsi les emplois seraient sauvés tandis que les chômeurs auraient plus de garanties. C’est un mensonge sur toute la ligne, tout comme lorsqu’on affuble les plans de licenciements du nom de “plans de sauvegarde de l’emploi”. Si tout cela sert à sauvegarder quelque chose, ce sont les profits de riches patrons capitalistes qui veulent pouvoir l’être encore plus. Quand ils parlent de “compétitivité”, c’est celle de leurs profits et des dividendes de leurs actionnaires.
Le patronat ne s’attaque pas qu’à ceux de l’automobile. C’est à tous les salariés qu’il veut imposer un recul de l’emploi, des salaires, des conditions de travail. Il prend prétexte de la crise et du chômage pour faire du chantage en leur disant : “c’est cela ou la porte”. Il met à profit la servilité d’un gouvernement qui devance tous ses désirs et ne fait même pas semblant de s’opposer aux fermetures d’usines et aux licenciements.
     Les travailleurs de PSA Aulnay ont riposté et ils ont raison, comme tous ceux qui, dans le pays, sont en lutte contre de tels projets. Il n’y a rien à attendre d’un gouvernement qui se montre ouvertement complice du patronat. Il n’y aura que la force des travailleurs, s’ils se mettent en grève, s’ils manifestent, s’ils engagent la lutte de façon déterminée, qui pourra faire ravaler leur morgue à ces patrons qui se croient tout permis, et leur faire remballer leurs projets.
     Le grand patronat, appuyé par le gouvernement, a engagé une guerre. Eh bien, il faut qu’il la perde ! Les travailleurs font tout fonctionner dans l’économie. S’ils refusent de travailler, rien ne se fait et du même coup la source des profits des capitalistes se tarit. Ceux de PSA Aulnay, avec d’autres, montrent la voie.

Hôpital : la faillite programmée des hôpitaux publics


La fédération hospitalière de France, qui regroupe les hôpitaux publics, proteste contre une décision du gouvernement qui prévoit de baisser leurs ressources de 1,71 % au 1er mars. A cette date-là, le tarif que la Sécu rembourse aux hôpitaux pour les actes médicaux et séjours effectués par les patients baissera. Les hôpitaux publics déjà étranglés craignent de faire naufrage.
     Cette décision est d’autant plus choquante que pour les cliniques privées cette baisse de tarif sera moindre : 0,53 %. De plus, elles bénéficieront d’une baisse d’impôt sur les bénéfices comme toutes les entreprises qui travaillent pour les profits, sous prétexte d’accroître leur compétitivité. Elles feront leur beurre en profitant de la décrépitude des hôpitaux publics. Chapeau Hollande-Ayrault !

« Sécurisation de l’emploi » : une lettre de l’UD CGT du 95 pour préparer le riposte, lettre que nous diffusons, pour information, bien volontiers



Cher(e)s camarades,

L’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013 sur « la sécurisation de l’emploi » a été signé par toutes les organisations patronales (MEDEF, CGPME, UPA) et trois organisations syndicales de salariés (CFDT, CFE-CGC, CFTC).

Le contenu de cet accord organise une grande braderie des droits des salariés et va à l’encontre des objectifs fixés par la conférence sociale et la lutte contre la pauvreté.

Il contient de multiples dispositions pour faciliter les licenciements et accentuer la flexibilité.

Il généralise les accords de maintien dans l’emploi (ex accords compétitivité-emploi voulus par Sarkozy) qui permettent aux entreprises, en période difficile, de baisser les salaires et d’augmenter le temps de travail pendant  deux ans.

Enfin l’accord limite, plafonne et réduit les recours juridiques, les délais et les indemnités auxquelles peut prétendre les salariés.

La CGT a décidé de lancer une grande campagne d’information aux salariés par l’édition d’un journal tiré à 2 millions d’exemplaires.

Une réunion des UL, Professions et de l’UD prévue le 25 janvier à 9 h 30 permettra d’élaborer des plans de travail pour diffuser le matériel, en priorité dans les entreprises, mais sans exclure les gares, les restaurants interentreprises, les zones industrielles et commerciales.

Nous vous invitons à une Assemblée de militants qui se tiendra en fin de journée le





MERCREDI 30 JANVIER 2013

DE 17H30 à 19H30  - Salle n° 1
à la Maison départementale des syndicats
26 rue Francis Combe à Cergy


Ce sera l’occasion de prendre connaissance de l’accord, de prendre en nombre le journal CGT tiré à 2 millions d’exemplaires et de vous inscrire sur les plans de travail proposés par les UL et professions.

Nous comptons sur la présence de nombreux militants du Val d’Oise pour préparer la riposte revendicative dynamique qui s’impose sur tous les territoires.

Fraternellement


                                                                                                                      Pour l’UD CGT 95

                                                                                                                      Daniel LEFRANC


M. Valls : comment accoucher de la prochaine étape de son plan de carrière


La déclaration de M. Valls prenant ses distances avec la « procréation médicalement assistée » n’est pas passée inaperçue : « Si j’étais député socialiste, je ne voterais pas la PMA dans le texte sur le mariage pour tous et l’adoption ». Comme il n’est pas député, sa voix ne pèse rien.
      Mais ce genre de prise de position « sociétale » pourra toujours conforter des heureux chez les plus réactionnaires, chez ceux qui, par exemple, manifestaient dans la rue il y a peu.
     Un clin d’œil à droite, ça peut toujours être utile pour demain.

Manifestation de la Fonction publique le 31 janvier : rendez-vous et parcours



Départ 14 heures
M° Port-Royal (ligne B du RER)
Parcours : boulevard Montparnasse-boulevard Raspail-rue du Bac – arrivée m°rue du Bac

Carte Vitale en déroute pour des assurés sociaux pour qui elle est vitale


Des agents territoriaux en particulier peuvent voir bloqués depuis ces derniers jours leurs droits à la Sécurité sociale, suite à un problème technique selon la CNAM. Des salariés de la Ville d’Argenteuil sont dans ce cas.
     On imagine les désagréments que cela pose : devoir par exemple chez le pharmacien débourser la totalité du montant de l’ordonnance.

Ces travailleurs peuvent s’adresser à l’accueil de la DRH au poste 43 61, et ils peuvent individuellement se manifester sur l’adresse mail suivante accueildrh@ville-argenteuil.fr<mailto:accueildrh@ville-argenteuil.fr>, en mentionnant dans leur message leur nom, prénom et n° de sécurité sociale.

Bosch – Vénissieux : un exemple à méditer : un article du dernier numéro de l’hebdomadaire Lutte Ouvrière



Bosch - Vénissieux (Rhône) : les concessions ne garantissent rien
Les médias ont reparlé récemment de l'usine Bosch de Vénissieux, la citant en exemple, la présentant comme le « bon élève » : grâce au « dialogue social » et à des reculs acceptés par les salariés, l'usine et les emplois auraient été sauvés. Mais la réalité est bien différente.
C'est en 2004 que la direction, pour confier à l'usine une nouvelle production de pompes à injection diesel, avait menacé de supprimer 300 emplois si les travailleurs n'acceptaient pas, entre autres reculs, de passer aux 36 heures payées 35. La CFDT et la CGC, majoritaires, avaient signé. Quelques salariés seulement étaient partis.
Les effectifs, d'environ 800 embauchés, se sont maintenus jusqu'en 2008. Mais en 2009, avec la crise, il y a eu 70 jours de chômage, et en octobre il n'y avait plus que 650 salariés. En mars 2010, il y a eu un plan de « sauvetage » de l'emploi pour 153 postes. L'usine était menacée de fermeture, Bosch ne voulant plus produire ses pompes à Vénissieux.
Finalement, en 2011, la direction a décidé de reconvertir le site en une usine de montage de panneaux solaires. Les deux chaînes de montage ont démarré successivement début 2012. Actuellement, 200 personnes travaillent sur ces chaînes, et 150 sont toujours à la production de pompes à injection. Quelques dizaines ont été mutées à l'usine Bosch Rexroth mitoyenne. Depuis les fameux accords de 2004, au moins 300 emplois ont disparu.
L'usine devait être la première productrice de panneaux solaires du pays ; elle en a la capacité. Mais dès octobre 2012 le chômage partiel a commencé : il y aurait une surproduction de panneaux, une baisse des achats, la concurrence de la Chine qui ferait chuter les prix, etc. Au dernier trimestre 2012, 150 des 200 travailleurs affectés à cette production ont chômé 29 jours, et en janvier 2013 il était prévu de ne travailler que deux semaines sur quatre. La direction de Bosch n'annonce pas ses intentions mais, d'après des informations qui ont filtré, elle envisagerait de céder tout ou partie de sa filière solaire.
Pour les travailleurs, malgré les concessions et les reconversions acceptées, c'est donc de nouveau l'incertitude et l'inquiétude.
                                                                                                                   Correspondant LO