lundi 14 janvier 2013

Editorial des bulletins d'entreprise Lutte Ouvrière du 14.01.13.


La droite réactionnaire se fait entendre ? Aux travailleurs d’en faire autant !
Alors que l’armée française est entrée en guerre au Mali, alors que le patronat prépare des attaques sans précédent contre les travailleurs, qu’est-ce qui fait débat ? Le mariage homosexuel !
     Certes, les opposants au mariage homosexuel ont fait une démonstration de force. La manifestation de dimanche n’était peut-être pas à la hauteur de leurs espérances mais elle était importante. L’église catholique avait mobilisé ses réseaux depuis des semaines, non seulement les plus réactionnaires, ceux qui se disent encore opposés au divorce ou à l’avortement, mais aussi plus largement ceux qui sont contre l’adoption pour les couples homosexuels.
     Mais si le débat a pris cette ampleur, c’est que la droite l’a monté en épingle et a pris la manifestation en marche. Pour Copé, le chef mal élu de l’UMP, il ne pouvait y avoir meilleure occasion pour ressouder son camp. « Défendre la famille », c’était le prétexte rêvé pour mener sa première grande offensive politique contre Hollande. Mais quelle hypocrisie !
     Il y a dans le pays plus d’un million d’enfants qui vivent dans des familles recomposées, près de trois millions dans des familles monoparentales, principalement avec la mère.
     Et n’en déplaise aux conservateurs de tout poil, les couples homosexuels existent et sont nombreux. Ils peuvent avoir une vie affective et familiale aussi équilibrée que n’importe qui : ils doivent avoir les mêmes droits.
     Ce n’est pas le mariage homosexuel qui menace « l’équilibre familial », ce sont les attaques du patronat et des gouvernements qui se succèdent, qu’ils soient de droite comme de gauche.
      Quelle vie de famille pour celui qui travaille la nuit, en équipe ou en horaires décalés ? Quel équilibre pour les enfants qui ne voient pas leurs parents parce qu’ils ont été forcés de travailler à l’autre bout du pays ? Quel épanouissement du père, de la mère, des enfants, quand on n’a pas de logement digne ? Quand on n’arrive pas à joindre les deux bouts ?
     La droite se sert de cette manifestation pour se prévaloir d’être la seule opposition. Que la première grande manifestation contre Hollande vienne de ce camp doit être un avertissement pour les travailleurs. Car la droite n’est pas seulement conservatrice, elle est surtout anti-ouvrière. Sans que la droite n’exerce véritablement de pression, Hollande a repris la politique de Sarkozy, qu’en sera-t-il si elle se met en ordre de bataille ?
     Si les travailleurs ont une leçon à tirer de cette manifestation, c’est qu’ils doivent occuper le terrain politique. Ils ont mille fois plus de raisons d’aller manifester ! La crise menace l’emploi et la vie de millions de travailleurs, le chômage et la misère gangrènent la société. La mobilisation des travailleurs contre les responsables que sont le grand patronat et le gouvernement aurait une toute autre légitimité car ils ne se battraient pas seulement pour leurs intérêts mais pour toute la société.
     Les travailleurs ont la force pour cela : ils ont la force du nombre et ils peuvent peser non seulement en manifestant mais aussi en faisant grève, en occupant les usines. Ils peuvent bloquer tout le fonctionnement de la société.
     Cette manifestation montre que nous sommes, nous les travailleurs, bien en retard. Il est vrai que ceux qui devraient organiser le combat, les chefs des confédérations syndicales, s’y refusent, quand ils ne rallient pas l’adversaire comme cela s’est produit avec « l’accord sur l’emploi ».
     Car la signature de la CFDT, CFTC et CGC est une nouvelle reddition. Les dirigeants de ces syndicats prétendent que c’est une victoire parce qu’ils ont imposé au patronat la taxation des contrats courts. C’est une fumisterie : les missions d’intérim, les remplacements de salariés malades et en congés maternité ne sont même pas concernés !
     Quant aux mesures sur la flexibilité, elles sont faites pour rendre les salariés corvéables à merci et pour rendre les licenciements plus rapides et plus faciles.
     Bien des travailleurs ont déjà été forcés de choisir entre des baisses de salaire, une mutation à l’autre bout du pays, un allongement de la durée du travail, la suppression de RTT, ou le licenciement. Eh bien, ce chantage patronal va devenir la loi, une loi du PS ! C’est inacceptable, il faut le combattre.
     Et seuls les travailleurs peuvent le faire. Aux travailleurs de dire ce qu’ils pensent de leurs directions syndicales. Aux travailleurs de les pousser à prendre l’initiative !



"Sans-papiers" de Lille en grève de la faim : un article de l'hebdomadaire Lutte Ouvrière n°2219



Grève de la faim des sans-papiers :
« faut-il mourir pour être régularisé ? » »
À Lille, depuis le 2 novembre, plus d'une centaine de personnes, dont une majorité de travailleurs d'origine algérienne, mènent une grève de la faim, par désespoir, car malgré leurs démarches et le changement de gouvernement elles n'obtiennent toujours pas leur régularisation.
     Après deux mois, une quarantaine d'entre elles sont toujours en grève de la faim, alternant les séjours aux urgences pour des perfusions et les nuits sous une tente sur le parvis de l'église Saint-Maurice de Lille, église dont elles ont été expulsées la veille des fêtes de Noël à la demande de l'évêché. Et le 30 décembre, deux Algériens en grève de la faim depuis 59 jours ont été expulsés du territoire sur ordre du ministère de l'Intérieur.
     Au lieu de Sarkozy, les préfets sont maintenant aux ordres de Valls et Hollande. Mais ils exigent des sans-papiers, même pour les régulariser provisoirement, des contrats de travail, des fiches de paie, des promesses d'embauche, des certificats prouvant leur domiciliation, leur présence en France depuis des années, etc. Autant de papiers qu'il est impossible de fournir en totalité pour ces travailleurs et leurs familles, qui vivent et travaillent clandestinement justement faute des papiers officiels que le gouvernement Hollande continue obstinément de leur refuser !


Et pourquoi pas rétablir la prison pour dettes ?

La mairie, socialiste, d’Ustaritz dans les Pyrénées Atlantiques a envoyé une policière municipale pour chasser de la cantine communale une fillette de cinq ans. Le crime de la gamine ? Ses parents divorcés se renvoyaient la balle pour payer une ancienne facture de cantine d’un montant de 170 €.

Cette décision choquante a provoqué une levée de boucliers jusqu’au sommet du ministère de l’Éducation nationale. C’est bien le moins. Mais qu’une telle mesure ait pu être imaginée et mise en œuvre indique comment les questions de fric polluent la vie sociale, y compris dans les détails dérisoires.

Réactionnaires : l’intérêt des enfants les préoccupe ? Peut-être les leurs, certainement pas ceux des classes populaires


Les réactionnaires qui ont manifesté hier n’avaient à la bouche et sur leurs banderoles que la référence des intérêts de « l’enfant ».
     Les millions d’enfants qui dans le pays qui supportent de plus en plus les difficultés économiques de leurs parents les ont-ils jamais intéressés ?
     La situation désastreuse de l’Ecole qu’illustrent les deux brèves ci-dessous, les a-t-elle jamais préoccupés ?
     Le public des manifestations parisiennes d’hier puait une situation matérielle loin de celle des classes populaires.
     Des réactionnaires, sans aucun doute. Doublés de fameux hypocrites

Education-Villiers-le-bel : au lycée dit professionnel, « bis repetitas »


Depuis mercredi dernier, au lycée professionnel de Villiers le belle, une bonne partie des enseignants a cessé le travail. Une enseignante a été malmené, elle n’a pas été soutenue par sa hiérarchie arrivée en renfort. Quand les enseignants ont demandé un rendez vous immédiat, l’inspection académique leur répond qu’il n’y a pas urgence.
     Interrogé par la presse, un enseignant témoigne : « Ce n’est plus un établissement scolaire, c’est devenu la zone, constate-t-il. On ne se sent plus en sécurité. La violence est quasi quotidienne. Les élèves font ce qu’ils veulent. Dans la plupart de mes cours, la moitié des élèves sont présents. On croise les absents dans les couloirs. Certains jeunes, d’autres classes, s’introduisent dans ma salle de cours… ».
     Edifiant. Trop connu, et si loin de la « refondation de l’école » vantée par le gouvernement.

Education-Argenteuil :« Intégration » des enfants handicapés à l’école : on se moque du monde


Dans une école primaire d’Argenteuil, un enfant de CE2 a fait une grosse bêtise qui a risqué de mettre en jeu la sécurité de tous. Il a été exclu quelques jours de l’école, pour marquer le coup.
     Mais on apprend que cet enfant handicapé ne dispose pas de l’AVS (assistant vie scolaire) qui devrait être présent pour assurer un encadrement nécessaire dans cette situation d’ « intégration ».
     Cela dure depuis trois mois. On peut imaginer combien cela rend la situation difficile, à l’enfant handicapé lui-même, aux autres enfants et à l’enseignant chargé de la classe.
     Que fait l'Inspection d'Académie ?

Somalie : un communiqué de Nathalie Arthaud


Les opérations sales de l’impérialisme

En marge de l’opération militaire au Mali, les services secrets français ont mené une action en Somalie pour tenter de récupérer un ancien barbouze retenu en otage.
     L’otage est mort, et les soldats français, avec le mépris habituel des armées coloniales, ont assassiné indifféremment preneurs d’otages et civils.
     L’attitude de l’armée française en Afrique, qui se considère là-bas comme en terrain conquis, est révoltante.
     Troupes françaises hors d’Afrique !
                                                                           Nathalie Arthaud, le 13.1.13

dimanche 13 janvier 2013

Quartiers populaires : la voie à suivre

Dans un bâtiment populaire d'Epinay-sur-Seine, des dealers rendent la vie impossible aux locataires. Ils ont transformé le hall en local de leurs trafics.
      Les locataires ont décidé d'organiser par roulement une occupation du hall aux heures indues.
     Double conséquence :
     Les dealers ne mettent plus les pieds dans le hall ; les locataires découvrent qu'il est bon de se connaître.
     La voie à suivre.