À moins de deux
semaines du premier tour de l’élection présidentielle, il apparaît à peu
près certain que la présidence de la République se jouera au deuxième
tour entre Sarkozy et Hollande.
Sarkozy a amplement démontré pendant ces cinq ans de présidence qu’il
était le président des riches, du grand patronat et des banquiers, et
un ennemi ouvert des travailleurs. Hollande, de son côté, n’a rien fait
ni même rien dit pour mériter la confiance des travailleurs.
Au deuxième tour, il ne nous reste donc qu’un faux choix. Quel que
soit le président, nous pouvons être certains qu’il ne protègera en rien
les salariés, les classes populaires, des coups redoublés auxquels la
poursuite de la crise amènera le grand patronat. Du point de vue des
exploités, l’élection se résume à ceci : pile, ils gagnent, face, nous
perdons.
C’est ce constat qui a amené une fraction croissante de l’électorat
ouvrier à se détourner des élections et à s’abstenir. Les sondages
annoncent cette fois-ci un record d’abstentions pour une élection
présidentielle.
Mais si s’abstenir peut être le signe qu’on ne se fait pas
d’illusions, c’est quand même choisir de se taire. Au premier tour, les
électeurs ont un choix, ils peuvent au moins s’exprimer. Refuser de
choisir entre des candidats qui, au-delà de la variété de leur langage,
restent tous sur le terrain du capitalisme, de ses lois économiques et
institutionnelles, se comprend. Mais cela n’a pas la même signification
que de voter pour une politique fondée sur les intérêts de la classe
ouvrière.
Lutte Ouvrière présente la candidature de Nathalie Arthaud au nom
d’une telle politique. Une candidature de témoignage, disent avec mépris
bien des commentateurs. En dehors des deux vedettes préfabriquées qui
seront présentes au deuxième tour, tous les autres candidats seront des
candidats de témoignage ! Mais de quoi témoignent-ils ?
Voter pour Nathalie Arthaud, c’est montrer qu’on en a assez des
alternances entre deux grands partis, l’un clairement de droite, l’autre
se disant de gauche, qui ne changent rien à la politique menée. Mais
pas seulement !
Ce vote montre aussi que la contestation vient des travailleurs, de
ces femmes et de ces hommes qui font tourner l’industrie et le commerce,
qui font rouler les trains, construisent, soignent, enseignent, qui
font fonctionner toute l’économie mais n’ont en contrepartie que, au
mieux, un salaire dérisoire et, au pire, la queue devant Pôle Emploi.
Voter pour Nathalie Arthaud, c’est une façon d’affirmer qu’on ne
s’oppose pas seulement à l’homme qui occupe l’Élysée mais à tout le
système qu’il sert et qui est dominé par l’argent, par les grandes
dynasties bourgeoises qui ont le véritable pouvoir, celui de disposer de
l’emploi et de la vie de leurs travailleurs en fermant une entreprise,
celui de peser sur les salaires.
Voter pour Nathalie Arthaud, c’est affirmer que l’on ne croit plus
aux programmes électoraux bidon et aux rares promesses jamais tenues,
mais que l’on sait que, si les travailleurs veulent obtenir quelque
chose, il faut qu’ils luttent et que leur lutte soit assez puissante
pour changer le rapport des forces avec la classe capitaliste et son
gouvernement.
Voter pour Nathalie Arthaud, c’est aussi se prononcer pour un
programme de lutte dont l’exécution ne dépend pas de l’homme installé à
l’Élysée mais de l’action collective, consciente, de toute la classe
ouvrière.
Voter pour Nathalie Arthaud, c’est affirmer qu’on est d’accord avec ce programme qu’elle a répété tout au long de sa campagne :

l’interdiction des licenciements, la répartition du travail entre tous
sans diminution de salaire et la création d’emplois utiles en nombre
suffisant dans les services publics ;

l’augmentation générale des salaires, des retraites et des allocations,
et leur indexation automatique sur les hausses de prix ;

imposer aux entreprises le contrôle des travailleurs, des consommateurs
et de la population, afin que les patrons soient obligés de rendre des
comptes, dire ce qui dans leurs profits va aux actionnaires et à la
spéculation, et dévoiler leurs plans de licenciements à l’avance afin
que les travailleurs concernés et la population puissent réagir à temps.
C’est à ce programme de lutte et à sa nécessité que sera consacré le
meeting de Nathalie Arthaud, le dimanche 15 avril à 15 heures, au Zénith
– porte de Pantin à PARIS. VENEZ NOMBREUX (entrée libre) !
LE 22 AVRIL, VOTEZ ET FAITES VOTER POUR NATHALIE ARTHAUD.