vendredi 23 mars 2012

Sernam-Miramas : un communiqué de Nathalie Arthaud


Soutien aux travailleurs du Sernam !

Les 48 employés du site Sernam de Miramas, dans les Bouches-du-Rhône, annon­cent qu’ils retien­nent deux cadres de l’entre­prise depuis mer­credi 21 mars, pour pro­tes­ter contre la fer­me­ture annon­cée du site.
     Je tiens à faire part de mon sou­tien à ces sala­riés, à qui il a été annoncé qu’ils ris­quent tous de perdre leur emploi. Le Sernam, actuel­le­ment en redres­se­ment judi­ciaire, a d’éventuels repre­neurs, mais qui affi­chent d’ores et déjà leur inten­tion de licen­cier la moitié des 1 600 tra­vailleurs du groupe. Ce serait 800 licen­cie­ments de plus, et ce serait cri­mi­nel, dans une situa­tion où le chô­mage fait déjà des rava­ges !
Les tra­vailleurs du Sernam ne sont pas res­pon­sa­bles des dif­fi­cultés de leur patron. Pas plus que du fait que l’Europe juge « illé­gale » l’aide de 642 mil­lions d’euros que l’État fran­çais a versée au Sernam au moment de sa pri­va­ti­sa­tion en 2005, et impose aujourd’hui à l’État de récu­pé­rer cet argent. Ce ne sont pas à eux de faire les frais d’une situa­tion dans laquelle ils ne sont pour rien.
     L’emploi, et le salaire qui en découle, sont le seul moyen pour les tra­vailleurs de vivre digne­ment. Aucun licen­cie­ment n’est accep­ta­ble. Ni ceux du site de Miramas, ni a for­tiori les 800 autres, sur l’ensem­ble de l’entre­prise. Il faut inter­dire les licen­cie­ments !

                                                    Nathalie Arthaud, jeudi 22 mars 2012

Dassault-Argenteuil : suite de l’action sur les salaires


 Le conflit dure depuis les Négociations Annuelles Obligatoires, fin 2011, où, faute d’obtenir une quelconque signature syndicale, Dassault s’en est tenue au minimum : 1% au 1er avril et basta donc. Depuis, il y a eu des débrayages dans plusieurs usines du groupe, à Argonay, Biarritz, Mérignac, Martignas et… Argenteuil.
        Plusieurs centaines de travailleurs d’Argenteuil ont participé aux différents débrayages.
     Mercredi, une manifestation a été organisée, à l’occasion du Conseil d’Administration à Saint-Cloud, à l’appel de la CGT, de la CFDT et de FO : un succès.
     En 2011 : pour les actionnaires : 407 millions d’euros, en progression de 10%, et une trésorerie de 3 milliards d’euros. Il y a vraiment de quoi réclamer et obtenir les augmentations des salaires nécessaires.

Toutes les victimes méritent la même émotion


À Toulouse et à Montauban, des militaires et des enfants sont tombés sous les balles d’un fou. Cela a fait, et on le comprend, la une de l’actualité durant plusieurs jours.
Mais loin d’ici, en Afghanistan, combien de civils, combien d’enfants, ont-ils été tués depuis des années par l’armée française ? Cela n’excuse pas les actes du psychopathe toulousain. Rien ne peut excuser, en effet, le meurtre d’enfants et d’hommes, au nom d’on ne sait quelle vengeance.
     Mais on ne fait pas autant de battage sur les mitraillages de civils commandés par les chefs des grandes puissances contre des peuples, au nom – osent-ils dire – de la défense de la démocratie.

jeudi 22 mars 2012

Remuer dans sa bouche sept fois sa langue lourde de préjugés réactionnaires…


Lors de la pose de la première pierre des futurs logements du centre d’Argenteuil, GMothron, dans une péroraison hasardeuse, a évoqué mercredi une filière de marchands du sommeil du… 93. On ne se demandait bien pourquoi il évoquait là ce département sinistré.
     Le Sous-préfet d’Argenteuil, touché au vif, dans sa brève allocution, a tenu à indiquer qu’il était lui-même de ce 93.
     Un député taclé par un Sous-préfet ! Et tout à fait, en l’occurrence, à juste titre. Oui, monsieur GM, le monde existe bien au-delà d'Argenteuil où vous êtes né comme tous ceux qui sont nés quelque part.

MDE95, la Maison Départementale de l’Education du 95, coupée de vivres, empêchée de vivre


Le Conseil général du Val d’Oise vient de suspendre sine die sa subvention à la MDE du Val d’Oise. Privée de ces 120  000 euros de subvention, comment pourra-t-elle continuer à fonctionner au bénéfice des enseignants et surtout donc des élèves ?
     De combien est la subvention allouée dernièrement à l’entreprise de parfum Givaudan pourtant riche aux as pour une opération de recherche ? Plus de 170 000 euros !
     Au gouvernement, l’UMP détruit l’école. A Cergy, les élus de droite font ce qu’ils peuvent pour détruire ses annexes utiles.
     Une pétition en ligne circule :

Ecole : entrevue entre des représentants des parents et des enseignants d’Argenteuil-Bezons et des responsables de l’Inspection Académique


Suite au mouvement « école déserte » à Argenteuil-Bezons le 13 mars dernier, une entrevue a eu lieu ce jour à l’Inspection académique. Du côté des parents et des enseignants, la délégation reçue réunissait des parents et des enseignants « de la maternelle à la terminale ».
      C’est ce qui fait l’originalité de la mobilisation sur les deux villes, comme c’est le cas également à Ermont : unir tous ceux qui sont concernés par le devenir de l’Ecole publique. Au-delà des cas particuliers qui illustraient la démonstration, les participants ont exprimé que les difficultés commencées à la maternelle se continuent en s’amplifiant au fur et à mesure que l’élève avance dans sa scolarité. Pour un certain nombre d’élèves, cette dynamique négative aboutit au « décrochage » et à l’exclusion finale du système scolaire. Ils ont, chacun selon son expérience, mais dans ce cadre d’ensemble ainsi posé, évoqué les situations destructrices : la liquidation des aides des réseaux dits « rased », le fort non-remplacement des enseignants absents pour maladie ou pour toute autre raison, la montée nette des effectifs par classe, la remise en question des effectifs maximum en « zone d’éducation prioritaire » (24 dans les sections professionnelles, 30 dans les sections générales), la suppression d’un certain nombre de dédoublements, etc. Bref, toutes les conséquences d’années de suppressions de postes massives.
     Selon la personne qui menait la délégation des représentant de l’inspecteur d’Académie, des heures existent encore, des ajustements sont donc envisageables dans les temps qui viennent, tout comme est envisagée, pour le lycée Daubié, la limite à 30 élèves par classe pour les secondes. Ce qui est hypothétique pour ce lycée doit être une réalité, et pour tous, et dans toutes les classes, quelles que soient les options.
     En guise de conclusion, on peut reprendre ce qui a été dit pour finir par un des participants de la délégation : « à moyens impossibles, missions impossibles, donc rentrée prochaine impossible ».

Sagem-Argenteuil : quelques nouvelles


Au jour d’aujourd’hui, les grandes manœuvres entre Safran-Thalès-Dassault dans l’optronique dont les salariés de la Sagem-Argenteuil craignaient qu’elles ne se fassent à leurs dépens semblent être au point mort, et c’est tant mieux. Dans tous les cas, le statut quo pour le moins, actuel, est à mettre à l’actif de la mobilisation massive des personnels de la Sagem-Argenteuil.
     Le projet de fusion cession est remplacé par un projet de coopération entre les deux groupes dans l'optronique. Ce projet de partenariat peut paraitre une évidence pour l'avenir de cette activité. Cependant, il reste une inquiétude, forte pour les intéressés, celle concernant l’avenir du secteur des détecteurs infra-rouge. Cette activité est la même que celle de la Sofradir, une entreprise aujourd’hui possédée à moitié par la Sagem. Mais cette entreprise est localisée à Grenoble. Pour les 20 salariés de l'activité d'Argenteuil, il demeure un risque fort de délocalisation. Ce tranfert s'il se faisait, serait destructeurs d’emplois et de vies.

mercredi 21 mars 2012

Assassin de Toulouse : un communiqué de Nathalie Arthaud


Après la neutralisation de l’assassin de Toulouse

Seul un psy­cho­pa­the a pu se livrer aux actes odieux aux­quels s’est livré l’indi­vidu qui vient d’être retrouvé et neu­tra­lisé.
     Mais c’est le contexte, c’est le monde dans lequel il vit qui lui a donné la moti­va­tion idéo­lo­gi­que autour de laquelle s’est cris­tal­li­sée sa folie.
Le psy­cho­pa­the aurait sans doute tué même si l’armée fran­çaise ne s’était pas livrée à une guerre en Afghanistan ; même s’il n’y avait pas pério­di­que­ment des enfants pales­ti­niens tués sous les bombes à Gaza ; même s’il n’y avait pas le climat délé­tère pro­vo­qué par la course aux décla­ra­tions xéno­pho­bes et sécu­ri­tai­res entre la droite au pou­voir et l’extrême droite.
     Mais il arrive que les haines sus­ci­tées par une guerre de bri­gan­dage dans un coin éloigné de la pla­nète revien­nent ici en France et tuent des inno­cents.
     Et, à en juger par les réac­tions des dif­fé­rents can­di­dats après la neu­tra­li­sa­tion de l’assas­sin, l’ins­tru­men­ta­li­sa­tion électorale par les uns et par les autres, la réac­tion en par­ti­cu­lier de la can­di­date de l’extrême droite récla­mant la guerre contre le fon­da­men­ta­lisme isla­mi­que et des mesu­res sécu­ri­tai­res et repar­lant de la peine de mort, je per­siste à penser qu’il n’est pas ques­tion de par­ti­ci­per à une quel­conque « union natio­nale » avec tous ces gens.

                                      Nathalie Arthaud, mercredi 21.01.12