Iran :
la révolte n’est pas morte !
Samedi 21 février, quarante
jours après les massacres des 8 et 9 janvier 2026, des dizaines de
milliers d’Iraniens se sont rassemblés dans le pays, en se servant de la
tradition de commémoration de la religion musulmane, pour crier à nouveau leur
haine de ce régime assassin.
Publié le 25/02/2026
À Téhéran, des milliers
d’étudiants sont descendus dans la rue pour crier des slogans contre le régime
dictatorial des mollahs, parmi lesquels « Ni monarchie, ni Guide suprême » ou
Pour une personne tuée, mille se relèveront ». Cette fois, les dirigeants de la
République islamique n’ont pas osé envoyer leurs tueurs, les gardiens de la
révolution, tirer à la mitrailleuse sur cette jeunesse qui relève la tête en
s’emparant de cette expression « Même pas peur ! » Les tenants du régime se
sont contentés de mobiliser leurs troupes en civil pour tenter, en vain,
d’étouffer ce réveil de la révolte.
Partout dans le pays, comme le
rapportait le journaliste iranien de France 24 présent sur place, des
rassemblements ont eu lieu dans et autour des cimetières pour honorer les
dizaines de milliers de victimes de la furie assassine du régime. La mère d’une
des victimes, vêtue des habits de son fils assassiné, a pris la parole pour
dire : « Je suis morte avec la mort de mon fils, aussi ils ne peuvent plus
me tuer car je suis déjà morte. Il faut continuer le combat par la voie qu’ont
ouverte ceux qui ne sont plus là ! »
Les profiteurs du régime,
protecteurs d’une classe de riches qui se gavent pendant que l’immense majorité
de la population a du mal à se nourrir, croyaient être en paix, pour un moment,
après les dizaines de milliers d’assassinats perpétrés en janvier. Mais le
passé a montré, en Iran même, qu’il n’en sera sans doute pas ainsi.
En 1978, le shah d’Iran, le
dictateur mis en place par l’impérialisme américain, faisait lui aussi tirer à
la mitrailleuse sur les foules qui manifestaient contre son régime de
profiteurs. Mais, tous les quarante jours, les masses revenaient, encore plus
nombreuses dans la rue, honorer leurs morts et crier leur haine du régime en
affrontant la répression. C’est ainsi que cette révolte devint une révolution.
Et il fallut que les dirigeants impérialistes décident d’appuyer Khomeiny et de
le renvoyer en Iran pour que lui et ses mollahs réussissent à contenir ce
mouvement et à le dévoyer, bien loin des espoirs qu’il avait fait naître.
Aujourd’hui, la classe ouvrière
et la jeunesse iraniennes en révolte devront retrouver la voie et les outils qui,
en 1917, en Russie ont permis à la révolution prolétarienne non seulement
d’abattre un régime honni mais aussi de tracer la perspective d’un véritable
bouleversement dans le pays et dans le monde.
Paul Sorel (Lutte ouvrière n°3004)