vendredi 20 juin 2025

Argenteuil, le Val-Nord, un quartier populaire confronté à de multiples difficultés. Un triste dernier évènement tellement révélateur.

  

L’École, cœur de l’éducation à la vie collective, menacée pas seulement par des menaces de mort envers des personnels

 

 

Une certaine presse charognarde est venue ces jours-ci aux portes du collège Lucie Aubrac, l’un des deux collèges du quartier très populaire du Val-Nord à Argenteuil, chercher de quoi alimenter sa propagande anti-quartiers populaires.

         Une enseignante a reçu par courrier une menace de mort, ce qui a jeté à juste titre l’effroi et le désarroi parmi le personnel et les équipes enseignantes, qui en ont appelé à Élisabeth Borne, la ministre de l’Éducation nationale. Les enseignants n’en peuvent plus. Le collège est à l’arrêt.

         Cet évènement s’ajoute aux soucis vécus dans ce collège et dans ce quartier depuis des années. Je me souviens que cet établissement s’était retrouvé il n’y a pas si longtemps sans équipe de direction. Qu’il est le lieu transitoire de passage de jeunes enseignants. Qu’il recrute des élèves de ce quartier de milieux très populaires où les services, publics utiles à la population, ou privés qui le sont tout autant, sont inexistants ou faibles par rapport à ce qui serait nécessaire, ce que reconnaissent même les autorités de l’État.

         Ces dernières années, les effectifs par classe n’ont pas cessé d’augmenter au collège Lucie Aubrac. Les difficultés se sont encore aggravées cette année, entraînant l’augmentation des conseils de discipline pour violence, une violence qui est comme tous ceux qui veulent bien réfléchir une manifestation sans issue du mal-être d’une fraction importante de jeunes des quartiers populaires.

         Le collège est en général le maillon le plus fragile du système scolaire. Il mériterait un autre intérêt, et bien d’autres moyens. J’ai connu entre 1975 et 1980 les écoles primaires qui étaient les écoles de recrutement de ce collège Romain Rolland qui a été reconstruit depuis sous le nom de Lucie Aubrac. J’étais instituteur dans l’une d’entre elles, l’école Éluard 1. C’était alors un quartier ouvrier de la diversité et de la « moyenne ». Puis la crise est venue et le quartier a changé. N’oublions jamais que les adolescents d’aujourd’hui sont ceux de trois générations de cette crise, et que les soucis pour qu’ils trouvent leur voie se sont transmis de génération en génération… en s’aggravant.

         Ce serait des moyens drastiques supplémentaires qui seraient nécessaires pour inverser le sens de la pente, à l’extérieur des établissements du quartier, en particulier au niveau de la prévention et de la présence d’adultes, et à l’intérieur de ces établissements. Il faudrait aussi que se reconstruisent de part et d’autres des enceintes de ces derniers, l’engagement collectif qui identifie et réduit bien des difficultés : les réseaux du mouvement ouvrier militant renaissant d’un côté, et l’engagement syndical et collectif de l’autre côté, celui des équipes éducatives de ce collège en l’occurrence. Dominique Mariette

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