samedi 24 mai 2025

Réforme du transport sanitaire : taxis et patients visés

 Réforme du transport sanitaire : taxis et patients visés

Plusieurs milliers de chauffeurs de taxi se sont mobilisés le 19mai et le lendemain contre le projet de réforme du transport des malades approuvé trois jours plus tôt par le gouvernement.

Publié le 21/05/2025

La nouvelle convention sur le transport sanitaire présentée par la Caisse nationale de l’Assurance-maladie instaure en effet de nouveaux tarifs qui pourraient s’appliquer dès le 1eroctobre 2025, tarifs jugés trop faibles par les taxis. « Pour certaines entreprises de taxi, le kilomètre va passer en dessous de 1euro », a dénoncé Dominique Buisson, le secrétaire de la Fédération nationale du taxi. De plus, il est question de limiter le nombre de taxis bénéficiant du conventionnement, qui ne serait plus automatique. Il faudrait dorénavant être en activité depuis au moins trois ans, faire l’essentiel des courses dans son département et obtenir l’accord d’une commission paritaire locale.

S’il est vrai que ce secteur pourrait subir les conséquences de cette réforme de l’Assurance-maladie, celle-ci est tout autant une atteinte au droit des malades à se soigner dans de bonnes conditions

Il est en effet prévu de généraliser le « transport partagé ». Cela signifie que plusieurs patients, quels que soient leurs pathologies et le service médical où ils doivent se rendre, devraient accepter d’être transportés dans le même taxi. On peut imaginer les conséquences, comme les durées d’attente augmentées au départ et à l’arrivée, les détours et autres contraintes. De plus, si les malades venaient à refuser ce covoiturage, leur transport ne serait pas pris en charge par l’Assurance maladie, et il leur faudrait le payer.

Le gouvernement justifie la réforme par le montant des dépenses, 6,74milliards deuros en 2024 dont 3,07milliards pour les taxis conventionnés, qui aurait bondi de 45 % depuis 2019. Les chauffeurs de taxi sont montrés du doigt mais l’objectif du gouvernement est avant tout d’économiser 300millions deuros sur les dépenses de transport sanitaire de 2025 à 2027 et absolument pas de laméliorer pour les patients. Mettre en œuvre des moyens suffisants pour qu’ils aient accès à un mode de transport fiable et gratuit, là serait pourtant la question.

                                                           Aline Retesse (Lutte ouvrière n°2964)

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