La Réaction montante, un zeste d’Ancien régime
Le tralala vestimentaire actuel sur la Ville aurait surtout de quoi faire rire s’il n’était pas très révélateur des temps actuels, en l’occurrence à Argenteuil et sa principauté municipale, marqués par la montée de la Réaction.
Sous l’Ancien régime, avant 1789, se prosterner devant les initiatives cléricales et la venue du roi étaient de règle. Le bon peuple était invité de loin aux réjouissances, « populaires » dirait le maire d’Argenteuil.
De Monaco à la tunique, que la municipalité s’amuse de cette façon est son affaire. Mais qu’elle le fasse derrière l'idée qu’il y aura des retombées pour Argenteuil est non seulement une douce illusion mais également une sorte de prétexte en guise de mensonge.
Le problème est qu’elle le fait avec les deniers publics, en y concentrant ses préoccupations, et les moyens humains et d’information de la Ville.
Certes, ce n’est pas une nouveauté, mais avec l’ostension municipale, les préoccupations de l’immense majorité de la population se trouvent délaissées aux yeux de tous. Avez-vous par exemple entendu la municipalité protester contre la diminution des moyens, l’augmentation du nombre d’élèves par classe, le non remplacement, réalités prégnantes pour les milieux populaires de la Ville et contre lesquelles une manifestation était organisée récemment ? Silence total du côté de l’hôtel de ville. Et ce n'est qu'un exemple.
Comparé à ces vides et ses silences sur ce genre de sujet, chacun peut mesurer en revanche l’enthousiasme de la municipalité pour les petits princes, les rois qui vinrent à Argenteuil, et le deuxième état d’autrefois, le clergé. Répétons-nous, un enthousiasme, et beaucoup de préoccupations aux dépens de l’essentiel.
Deux mondes donc ! Le clergé et les princes d’un côté, et le Tiers-État de l’autre ! Ça a très mal fini. DM

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