dimanche 20 mars 2022

Argenteuil : la guerre en Algérie n’a pas été un mirage, mais une vallée de larmes

 

Tout un symbole

 

Celui-là a fait combien de morts ?

Cela aurait valu le coup que le site de la ville d’Argenteuil revienne hier sur  la signature du « Cessez-le feu » du 19 mars 1962 engageant la fin de la guerre d’Algérie, dont on « fêtait » hier le soixantième anniversaire. Il allait mettre fin sur la Ville à l’angoisse de milliers de familles dont les fils étaient ou risquaient de partir en Algérie pour cette guerre uniquement menée pour le maintien de la colonisation. Il allait mettre aussi un terme à l’angoisse de milliers de travailleurs algériens de la Ville, bons pour aller produire sur les chaînes et les chantiers de la région mais menacés pendant des années par les rafles policières et atteints par un climat délétère à leur encontre.

         Mais non, loin de rappeler ces temps qui ont marqué des habitants et leurs proches encore vivants, la municipalité s’est largement intéressée hier sur son site au transfert d’un matériel de guerre, au musée de l’aviation militaire de Montélimar, un mirage 2000 fabriqué par les ouvriers de Dassault. Au moins, cet exemplaire aura plus chaud là-bas, mais attention au vent…

         Cette ignorance d’un côté, et cette mise ne valeur de l’autre, sont bien révélatrices. D’autant plus en ces temps de guerre en Ukraine.

         Lorsque le capitalisme sera renversé et qu'une société sans frontière finira pas s’installer, je ne sais pas ce que l’humanité fera de ces musées militaires. Peut-être les maintiendra-t-elle pour indiquer les temps d’horreur qui ont marqué une étape, trop longue à notre goût, de son développement. DM

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire