Un parti
qui aurait pu devenir révolutionnaire
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| 1925, appel à la grève contre la guerre coloniale du Rif |
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| L'humanité au moment des procès de Moscou |
Fin décembre 1920, le parti
socialiste scissionne lors de son congrès tenu à Tours. La majorité devient la
Section Française de l’Internationale Communiste, et prend le nom de Parti
communiste. La minorité continue la SFIO.
Ainsi
débarrassé de nombre de dirigeants qui s'étaient compromis dans la guerre
impérialiste, le jeune Parti Communiste offrait de réelles perspectives, fort de
cette base ouvrière et militante qui commençait à se tremper dans les luttes
difficiles de l’Après-guerre. Il aurait pu devenir un parti révolutionnaire.
Mais l'Internationale Communiste, avant qu’elle ne dégénère, manqua de temps
pour réaliser l'objectif qu'elle se fixait.
Dans
les années qui suivirent le congrès de Tours, le Parti Communiste vit
s'effondrer ses effectifs, tant à cause de la répression bourgeoise que du
recul de la vague révolutionnaire. Mettant à profit ce reflux général, la
bureaucratie, avec Staline à sa tête, s'installa au pouvoir en URSS, prit le
contrôle de l'Internationale Communiste et opéra ce virage à 180° que nous
avons évoqué hier. Désormais, la bureaucratie russe n'avait plus besoin de
partis qui soient révolutionnaires. Elle transforma les jeunes partis
communistes en vassaux au service de sa politique extérieure. Cadres et
dirigeants furent sélectionnés en fonction de leur fidélité aux dirigeants du
Kremlin. La bureaucratie s'appuya sur les dirigeants opportunistes que les bolcheviks
avaient voulu écarter.
Au
nom de la "bolchevisation" des partis communistes, l'Internationale
stalinienne élimina de ses rangs les révolutionnaires. Entre 1924 et 1926, les
fondateurs du Parti Communiste en France, réellement partisans de l'adhésion à
la IIIe Internationale comme Souvarine, Rosmer, Monatte et Loriot, furent
exclus sans autre forme de procès. Certains dirigeants réformistes rejoignirent
la SFIO, tandis que l’un d’eux, Cachin, lui, resta au Parti communiste et fit
une longue "carrière" à l'ombre du stalinisme. D'autres dirigeants
s'inclinèrent devant celui-ci.
En
quelques années, le PC devint un parti stalinien avant même d'avoir pu être un
parti révolutionnaire. Cela fut possible parce que les dirigeants dont le jeune
parti se dota dans la seconde moitié des années 1920, dévoyèrent avec cynisme
les qualités d'abnégation et de dévouement des militants communistes, sous
l'influence du stalinisme, pour les mettre au service des seuls intérêts de la
bureaucratie russe. Celle-ci n'hésita pas, quand elle l'estima nécessaire à sa
survie, à pratiquer des alliances avec les camps impérialistes qui
s'affrontaient. Au gré des situations, elle imposa aux PC de se ranger dans le
camp de leurs bourgeoisies respectives. Cela contribua considérablement à
transformer les partis communistes, en particulier en France, en ce qu'ils sont
devenus aujourd'hui, des partis qui ne conservent encore - et pas toujours - de
communiste que le nom. Nous y reviendrons.
Article
suivant : les partisans de l’Opposition de gauche dans le monde et en
France.


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