samedi 9 mai 2020

Lutte ouvrière, notre histoire, nos origines. Le PC en France : des espoirs révolutionnaires à un parti stalinien


Un parti qui aurait pu devenir révolutionnaire


1925, appel à la grève contre la guerre coloniale du Rif
L'humanité au moment des procès de Moscou

Fin décembre 1920, le parti socialiste scissionne lors de son congrès tenu à Tours. La majorité devient la Section Française de l’Internationale Communiste, et prend le nom de Parti communiste. La minorité continue la SFIO.
         Ainsi débarrassé de nombre de dirigeants qui s'étaient compromis dans la guerre impérialiste, le jeune Parti Communiste offrait de réelles perspectives, fort de cette base ouvrière et militante qui commençait à se tremper dans les luttes difficiles de l’Après-guerre. Il aurait pu devenir un parti révolutionnaire. Mais l'Internationale Communiste, avant qu’elle ne dégénère, manqua de temps pour réaliser l'objectif qu'elle se fixait.
         Dans les années qui suivirent le congrès de Tours, le Parti Communiste vit s'effondrer ses effectifs, tant à cause de la répression bourgeoise que du recul de la vague révolutionnaire. Mettant à profit ce reflux général, la bureaucratie, avec Staline à sa tête, s'installa au pouvoir en URSS, prit le contrôle de l'Internationale Communiste et opéra ce virage à 180° que nous avons évoqué hier. Désormais, la bureaucratie russe n'avait plus besoin de partis qui soient révolutionnaires. Elle transforma les jeunes partis communistes en vassaux au service de sa politique extérieure. Cadres et dirigeants furent sélectionnés en fonction de leur fidélité aux dirigeants du Kremlin. La bureaucratie s'appuya sur les dirigeants opportunistes que les bolcheviks avaient voulu écarter.
         Au nom de la "bolchevisation" des partis communistes, l'Internationale stalinienne élimina de ses rangs les révolutionnaires. Entre 1924 et 1926, les fondateurs du Parti Communiste en France, réellement partisans de l'adhésion à la IIIe Internationale comme Souvarine, Rosmer, Monatte et Loriot, furent exclus sans autre forme de procès. Certains dirigeants réformistes rejoignirent la SFIO, tandis que l’un d’eux, Cachin, lui, resta au Parti communiste et fit une longue "carrière" à l'ombre du stalinisme. D'autres dirigeants s'inclinèrent devant celui-ci.
         En quelques années, le PC devint un parti stalinien avant même d'avoir pu être un parti révolutionnaire. Cela fut possible parce que les dirigeants dont le jeune parti se dota dans la seconde moitié des années 1920, dévoyèrent avec cynisme les qualités d'abnégation et de dévouement des militants communistes, sous l'influence du stalinisme, pour les mettre au service des seuls intérêts de la bureaucratie russe. Celle-ci n'hésita pas, quand elle l'estima nécessaire à sa survie, à pratiquer des alliances avec les camps impérialistes qui s'affrontaient. Au gré des situations, elle imposa aux PC de se ranger dans le camp de leurs bourgeoisies respectives. Cela contribua considérablement à transformer les partis communistes, en particulier en France, en ce qu'ils sont devenus aujourd'hui, des partis qui ne conservent encore - et pas toujours - de communiste que le nom. Nous y reviendrons.

Article suivant : les partisans de l’Opposition de gauche dans le monde et en France.

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