vendredi 8 mai 2020

Lutte ouvrière, notre histoire, nos origines : La dégénérescence de l’Internationale communiste


D’une véritable Internationale à son ombre



Lorsque les communistes russes fondent l’Internationale communiste, la IIIème Internationale, en mars 1919, ils le font avec l’objectif qu’elle devienne l’outil de l’extension à travers le monde de la révolution déjà victorieuse en Russie. La société bourgeoise vacille en Europe. L’élan révolutionnaire est là. La victoire est à la portée des mobilisations des travailleurs, en Allemagne en particulier.
         Des millions de militants rejoignent alors cet idéal enthousiasmant dans tous les pays. Mais nulle part hors de l’Union soviétique, il n’existe de parti ayant l’expérience révolutionnaire des dirigeants russes forts de celle de trois révolutions. Pour eux, il s’agit d’aider vite à la construction de tels partis. Le temps presse.
         Le premier congrès et le second réuni un peu plus d’un an plus tard, en juillet 1920, analysent cette vague révolutionnaire et fixent les objectifs pour l’action des communistes dans les différents pays. Lors de ce deuxième congrès sont définis les fameuses « 21 conditions » d’adhésion à l’Internationale, afin d’aider les nouveaux partis communistes en formation à se défaire des vieux dirigeants réformistes qui les ont rejoints par simple opportunisme.
         Mais la vague révolutionnaire passe sans véritable nouvelle victoire. Surtout, la société capitaliste bousculée par la guerre se stabilise à nouveau. Il s’agit dorénavant de durer pour l’Union soviétique en attendant des jours meilleurs, d’approfondir la construction des sections de l’Internationale, et de définir une stratégie en direction des travailleurs qui ne sont pas encore gagnés à la politique révolutionnaire. Ils demeurent en particulier nombreux au sein des partis réformistes. La politique dite de « front unique » sera alors définie au troisième congrès de juin 1921, et encore discutée lors du quatrième congrès de novembre 1922.
         Le congrès suivant aura seulement lieu en juin 1924. Entre-temps, la contre-révolution politique s’est mise en marche. Le pouvoir de la bureaucratie s’est développé. Elle a trouvé son homme, Staline.
         Lors de ce 5ème congrès, ce ne sont plus les idées de Lénine et de Trotsky qui guident les décisions, mais celles, autour de Staline, de ceux qui préparent le tournant du « socialisme dans un seul pays ». Cette "théorie" va marquer une rupture fondamentale avec celui de la tradition du mouvement communiste, celle de l’internationalisme, celle de la perspective de la révolution mondiale.
         L’Internationale communiste a fait faillite. Les congrès suivants, celui de 1928, et a fortiori celui de 1935, seront des parodies de congrès démocratiques. Ils sont ceux de Staline et de son État policier.
         Quand ce dernier décide de dissoudre l’Internationale Communiste en 1943, il y a longtemps qu’elle n’était plus qu’un cadavre.
         Nous nous réclamons des quatre premiers congrès de l’Internationale communiste, ceux de militants internationalistes, de militants communistes.

Prochain article : le Parti communiste, en France, de la voie d’une organisation révolutionnaire à un parti stalinien.

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