D’une véritable Internationale à son ombre
Lorsque les communistes russes fondent
l’Internationale communiste, la IIIème Internationale, en mars 1919, ils le
font avec l’objectif qu’elle devienne l’outil de l’extension à travers le monde
de la révolution déjà victorieuse en Russie. La société bourgeoise vacille en
Europe. L’élan révolutionnaire est là. La victoire est à la portée des mobilisations
des travailleurs, en Allemagne en particulier.
Des
millions de militants rejoignent alors cet idéal enthousiasmant dans tous les
pays. Mais nulle part hors de l’Union soviétique, il n’existe de parti ayant
l’expérience révolutionnaire des dirigeants russes forts de celle de trois
révolutions. Pour eux, il s’agit d’aider vite à la construction de tels partis.
Le temps presse.
Le
premier congrès et le second réuni un peu plus d’un an plus tard, en juillet
1920, analysent cette vague révolutionnaire et fixent les objectifs pour
l’action des communistes dans les différents pays. Lors de ce deuxième congrès
sont définis les fameuses « 21 conditions » d’adhésion à l’Internationale,
afin d’aider les nouveaux partis communistes en formation à se défaire des
vieux dirigeants réformistes qui les ont rejoints par simple opportunisme.
Mais
la vague révolutionnaire passe sans véritable nouvelle victoire. Surtout, la
société capitaliste bousculée par la guerre se stabilise à nouveau. Il s’agit
dorénavant de durer pour l’Union soviétique en attendant des jours meilleurs, d’approfondir la construction des
sections de l’Internationale, et de définir une stratégie en direction des
travailleurs qui ne sont pas encore gagnés à la politique révolutionnaire. Ils
demeurent en particulier nombreux au sein des partis réformistes. La politique
dite de « front unique » sera alors définie au troisième congrès de
juin 1921, et encore discutée lors du quatrième congrès de novembre 1922.
Le
congrès suivant aura seulement lieu en juin 1924. Entre-temps, la contre-révolution
politique s’est mise en marche. Le pouvoir de la bureaucratie s’est développé.
Elle a trouvé son homme, Staline.
Lors
de ce 5ème congrès, ce ne sont plus les idées de Lénine et de
Trotsky qui guident les décisions, mais celles, autour de Staline, de ceux qui préparent le tournant du
« socialisme dans un seul pays ». Cette "théorie" va marquer une rupture fondamentale
avec celui de la tradition du mouvement communiste, celle de
l’internationalisme, celle de la perspective de la révolution mondiale.
L’Internationale
communiste a fait faillite. Les congrès suivants, celui de 1928, et a fortiori
celui de 1935, seront des parodies de congrès démocratiques. Ils sont ceux de
Staline et de son État policier.
Quand
ce dernier décide de dissoudre l’Internationale Communiste en 1943, il y a
longtemps qu’elle n’était plus qu’un cadavre.
Nous
nous réclamons des quatre premiers congrès de l’Internationale communiste, ceux
de militants internationalistes, de militants communistes.
Prochain article : le Parti
communiste, en France, de la voie d’une organisation révolutionnaire à un parti
stalinien.

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