Un accès à l’eau potable problématique
À Mayotte au moins un tiers de la
population n’est toujours pas raccordée à l’eau au robinet : certains
s’approvisionnent sur des bornes fontaine (installées après une épidémie de
choléra il y a quelques années), d’autres dans des rivières ou des puits. Selon
une experte, dans un quartier de Tsoundzou, commune de Mamoudzou, les gens
puisent dans une rivière pleine de déchets : ils sont tous malades !
En fait, quelle que soit la source d’approvisionnement une grande partie des
habitants se plaint fréquemment de nuisances plus ou moins graves : maux
de ventre, vomissements ou diarrhées.
L’Agence
régionale de Santé se contente d’assurer qu’au vu des prélèvements effectués,
l’eau du robinet et des bornes fontaines (60 seulement en état de marche sur
100) est de bonne qualité.
Pour
ceux qui sont connectés au réseau, les coupures sont très fréquentes. Elles
peuvent parfois durer des mois. Ainsi, pendant l’hiver 2016/2017, une partie
des habitants n’a eu accès à l’eau potable au robinet qu’un jour sur trois.
Actuellement, la production est au maximum. Les deux retenues collinaires de
Dzoumogné et de Combani sont en train d’être vidées. Conséquence : le
distributeur SMAE, filiale de Vinci, procède déjà à des coupures par endroits
et cela ne va pas s’arranger, s’il ne pleut pas en forte quantité très
prochainement.
Après
les coupures de 2016/2017, les autorités, jamais avares de belles promesses,
avaient prévu, dans leur « plan d’urgence eau », de construire une
troisième retenue collinaire, d’ouvrir une nouvelle usine de désalinisation, de
relier les réseaux du Nord et du Sud et de réhabiliter quatre forages. Cela n’a
toujours pas été fait. Et ce alors que la consommation d’eau augmente tous les
ans.
L’eau
est une machine à profit pour une grande multinationale, qui exploite les
travailleurs mahorais et facture l’eau beaucoup plus cher que partout ailleurs
en « France ».
En
attendant c’est la population qui paie l’incurie manifeste des pouvoirs publics
et ce sont les actionnaires de Vinci qui empochent.
C’est
ça le capitalisme pourrissant.

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