mardi 27 novembre 2018

Conseil municipal d’Argenteuil de ce soir 27.11.18. L'"affaire du Musée". point de vue.


Le point 2. de l’ordre du jour de ce conseil porte sur la « Création d’un tiers-lieu sur le site de l’ancien musée ». Depuis deux mois, nous avons déjà abordé cette question. De quoi s’agit-il ?


On nous propose d’approuver une convention avec une association chargée au moins pour trois ans de gérer un « tiers lieu ».
         Je reprends le terme de « tiers lieu » indiqué, pour expliquer à ceux qui ne sont pas au courant des modes de la géographie, qu’il s’agit d’un lieu, durable ou éphémère, « où les individus peuvent se rencontrer, se réunir et échanger de façon informelle ».
         Pas très nouvelle, mais une belle idée tout de même. Qui, en soi, ne souffre la moindre contestation. A condition que l’on suive, et aux yeux tous, les règles élémentaires de la « démocratie locale » que l’on prétend incarner.
         Il n’est pas question ici de discuter de l’association avec laquelle il s’agit de signer ladite convention, qui représenterait un réseau d’autres associations, locales et d’ailleurs. Cet ensemble associatif a son projet, pas contestable au demeurant, socialement utile, et a, en quelque sorte, saisi l’aubaine qui se présentait à lui : la possibilité d’utiliser un espace en déshérence, celui de feu le Musée d’Argenteuil. Non, ce n’est pas à ce réseau que vont nos critiques et nos réserves. Nous leur demandons simplement qu’il les comprenne.
         C’est la municipalité, et elle seule, qui ne s’est pas comportée correctement dans cette affaire vis-à-vis de la population d’Argenteuil. C’est que je vais développer maintenant.
         1.Une nouvelle fois, elle met devant le fait accompli, non seulement nous-mêmes les élus, mais plus gravement l’ensemble de la population.
         Certes des rumeurs circulaient sous le manteau sur le sujet depuis plusieurs mois. 
         Chacun a pu constater que des travaux étaient opérés depuis deux mois sur le site.
         En clair, on nous demande simplement d’entériner ce qui a déjà été décidé il y a un certain temps.
         On ne peut utiliser des locaux municipaux, et, a fortiori y engager des travaux que dans la mesure où un accord a été signé, un pré-accord si vous voulez, mais en due forme. Quel est-il ?

         2. Ces bâtiments ne sont pas anodins: ils sont un témoin essentiel  de l'histoire de la Ville :

         L'Hôtel Dieu (XVII° -XVIII°) fut mis en place suite à la visite de Saint Vincent de Paul. Son existence a été actée par Louis XIV en 1697. Quant au Pavillon des Blessés, il fut construit en1881 par Casimir Tollet et demeure un témoignage rare de l'aérisme, un courant hygiéniste, dans l'histoire de l'architecture hospitalière. Ces bâtiments de la rue Pierre Guienne représentent l’un des rares ensembles patrimoniaux que conserve la Ville aujourd’hui.
         Pour sa préservation, il devrait être l’objet d’une attention toute particulière. Quelles garanties il y a-t-il sur ce plan dans le cadre du projet que nous discutons.

         3.S’il n’est pas anodin, il l’est doublement, il reste celui du Musée d’Argenteuil :
         Nous ne reviendrons que brièvement sur cet aspect des choses.
         Mais nous pouvons rappeler que le devenir du musée d’Argenteuil a été conduit depuis dix ans d’une manière lamentable.
         Sous prétexte d’un projet muséographique moderne, on l’a fermé, puis on a transféré ses pièces (toutes on ne sait) dans un lieu improbable où elles dorment inutiles à tous.
         Dans sa programmation 2018-2019, le nouveau lieu culturel, l’Atelier n’y prévoit qu’une seule manifestation utilisant ses pièces, le 18 mai prochain à l’occasion de la « nuit des musées ».
         Tout cela est un mauvais coup contre la culture et le « vivre ensemble dans la Ville », l’approche et le partage patrimoniaux étant des éléments constitutifs essentiels du sentiment d’appartenance à une communauté communale commune.

         4.Lié à ce qui précède, c’est un nouveau coup de canif à ceux qui créèrent et firent vivre ce musée, pendant des décennies, à partir de sa création dans les années 1930. Et comprenez l’émoi que cette affaire suscite parmi ceux qui lui demeure très attachés.

         5.Pour terminer, cette affaire concerne au premier chef la vie associative. De notre point de vue, elle montre de façon magistrale ce qui devrait ne pas se faire.
         La municipalité vient de mettre en place un « conseil de la vie associative ». Voilà le genre de projet qui aurait pu y être débattu, aux yeux de TOUS, aux yeux de TOUTES les associations locales, dans le cadre d’un « appel à projet ».
         L’ensemble des associations, comme les habitants, comme nous-mêmes, nous avons été mis devant le fait accompli d’une prise de décision opaque de la part de la municipalité, suivant ses propres réseaux, personnels ou autres, mettant dans le coup telle ou telle association, et pas telles autres.
         Non ce n’est pas comme cela que l’on doit fonctionner et agir. Ce n’est pas comme cela qu’un projet, intéressant en soi, peut partir sur des bases qui lui permettent d’atteindre l’objectif affiché : la dynamique associative et culturelle d’Argenteuil.
                                          Dominique MARIETTE


Pour information, la démarche initiée il y a quelques mois par la municipalité de Courbevoie pour la création d’un tel « Tiers lieu » :
créez, animez et gérez un nouveau tiers lieu à Courbevoie
le 16 | 03 | 2018 par
apd_admin
La Ville de Courbevoie lance un appel à candidatures pour la création, la gestion et l’animation d’un tiers lieu conçu comme un espace de travail, de créativité, d’émulation, d’échanges et de mise en réseau.
Calendrier
> Visites obligatoire du lieu : - jeudi 23 mars de 15h à 17h - vendredi 30 mars de 15h à 17h - mercredi 4 avril de 14h à 16h - jeudi 12 avril de 14h à 16h
> Date limite de dépôt des candidatures : vendredi 20 avril 2018 avant 12h.
> Auditions des candidats : 18 mai
> Signature de la convention d'occupation : début juin

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