Chômage :
trouver du travail en traversant la rue ?
« Hôtels, cafés, restaurants, je traverse la
rue et je vous trouve un travail. » C’est
ainsi que Macron a répondu à un chômeur de 25 ans l’ayant interpellé dans les
jardins de l’Élysée à l’occasion des Journées du patrimoine, samedi 15
septembre, sur ses difficultés à trouver un emploi.
« J’avais
envie de lui dire : dans ce cas-là, venez avec moi en
chercher ! », a réagi à juste
titre le jeune homme quelques jours plus tard, au micro d’Europe 1. Mais Macron
s’en est bien gardé, car peu lui importait de savoir si les cafés et
restaurants de l’autre côté de la rue recrutent vraiment du personnel, de même
qu’il se moquait de savoir que le jeune auquel il s’adressait ait suivi une
formation d’horticulteur. Pour ce représentant du patronat, les travailleurs
n’ont pas à exprimer d’exigences : ils doivent tout accepter, être
flexibles et corvéables, se laisser exploiter et licencier en silence.
L’arrogance
d’un Macron a de quoi révolter. Des millions de femmes et d’hommes au chômage
enchaînent les petits boulots, les CDD, les missions d’intérim ou les
formations, sans pour autant parvenir à trouver un emploi stable. Le jeune
auquel s’est adressé Macron racontait lui-même : « J’ai déjà
travaillé dans la restauration, j’ai déjà fait de la plonge. Aujourd’hui,
j’envoie des CV et je reçois des lettres et des lettres de refus. (...)
Pourquoi je me lève à 6 heures pour aller chercher du travail, alors que je
sais la réponse ? Malgré tout, je le fais quand même. »
Plus de
six millions de femmes et d’hommes sont aujourd’hui privés de travail. Et ce
n’est pas parce qu’ils ne feraient pas assez d’efforts pour en trouver,
contrairement à ce que prétendent des politiciens comme Macron. C’est parce que
le patronat ne cesse de licencier et de supprimer des emplois, se contentant le
plus souvent d’avoir recours à des contrats précaires.
L’attitude
de Macron est d’autant plus choquante que sa politique, en donnant plus de
liberté aux entreprises pour licencier et en supprimant massivement des emplois
dans la fonction publique, contribue à alimenter le chômage.
Sa
petite phrase s’inscrit dans une campagne contre les chômeurs qui n’est pas
nouvelle : tous les gouvernements y ont eu recours pour masquer le fait
que, faute de s’en prendre au patronat, ils ne peuvent rien faire pour diminuer
le chômage. Macron montre que le mépris et la stupidité de la classe de
privilégiés qu’il sert à la tête de l’État sont bien son mode de pensée.
Marc RÉMY (Lutte ouvrière n°2616)

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