dimanche 31 juillet 2016

Attentats : les vautours sont en campagne



Les polémiques et les surenchères sur le thème de la sécurité  ne cesseront pas dans les mois qui viennent. Elles redoubleront même. Sur ce thème, on verra le PS, la droite et le FN rivaliser à qui mieux-mieux. Sur le reste, ils sont tous d’accord pour servir la bourgeoisie et pour essayer d’embrigader la classe ouvrière derrière une politique au Moyen-Orient et en Afrique qui a conduit à la situation que l’on sait. Sue ce sujet, un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine.

Attentat de Nice : les vautours

La polémique enfle entre le gouvernement et la droite au sujet des mesures de sécurité prises avant l’attentat du 14 juillet à Nice. Faille ou pas dans la sécurité ? Police municipale ou police nationale ? Y a-t-il eu des pressions exercées par le ministère de l’Intérieur pour orienter le rapport de la police municipale ? Mais, en réalité, qu’est-ce ça change ? Et c’est bien ce qui rend cette polémique dérisoire et indécente.
Derrière la police municipale niçoise, on sent la pression de la droite et d’Estrosi. Mais bien naïf aussi qui prendrait pour argent comptant les dénégations indignées de Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur. Ce qui est commun aux deux camps c’est le discours sécuritaire, sur lequel ils veulent se concurrencer. Chacun joue à « c’est-pas-moi-c’est-toi ».
Le gouvernement a utilisé la tuerie de Nice pour intensifier les bombardements en Syrie et en Irak et pour prolonger de six mois l’état d’urgence. Mais l’aviation française bombarde la Syrie depuis septembre 2015 ; l’état d’urgence a été instauré pour la première fois le 15 novembre 2015, au lendemain des attentats de Paris, et a déjà été renouvelé en février dernier. Et cela n’a pas évité l’attentat de Nice. Quant à Estrosi, il crie d’autant plus fort que, il n’y a pas si longtemps, il vantait l’efficacité contre le terrorisme du système de télésurveillance niçois.
Ni les uns ni les autres n’ont de remède contre les attentats terroristes, et ils le savent bien. Ils font de la communication sur ce thème. Ils utilisent l’émotion pour se concurrencer et concurrencer le Front national. Et ils n’hésitent pas à semer ainsi la haine et la division parmi les travailleurs.
Mais au-delà de ces luttes entre politiciens, ils sont tous d’accord pour essayer d’embrigader la classe ouvrière derrière une politique d’intervention au Moyen-Orient et en Afrique pour défendre les intérêts des possédants.
                                   Vincent GELAS (Lutte ouvrière n°2504)

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