Lorient : trois semaines de grève dans une
étude notariale -- Les salariés sont passés aux actes
À
l'étude notariale Brisset-Le Touze de Lorient, les conditions de travail, le
non-respect des salariés et de leur convention collective ont provoqué un
mouvement de grève, du jamais vu dans ce milieu. Il aura fallu plus de trois
semaines de grève, du 17 décembre au 8 janvier, pour que la
mandataire nommée par le tribunal de grande instance de Lorient daigne venir de
Rennes dans les locaux de l'union locale CGT de Lorient, qui soutenait le
mouvement, pour négocier un protocole de fin de grève.
Les grévistes n'ayant pu imposer le
non-licenciement d'une salariée, ils ont choisi de s'en remettre aux
Prud'hommes pour régler cette question, comptant que les nombreuses
attestations en sa faveur permettront de réparer cette injustice. Lundi
7 janvier, la mandataire a fini par céder sur tous les points revendiqués
en début de conflit concernant les qualifications, les augmentations de
salaires, les congés dus, les frais kilométriques, le passage en CDI d'un CDD
en grève ainsi que le paiement de la plupart des jours de grève. Mais les
grévistes exigeaient aussi que la salariée licenciée bénéficie du même rappel
de salaire depuis 2011 que ses camarades. La mandataire a alors claqué la porte
et la grève a été reconduite le lendemain. Si bien que le procureur,
responsable de la bonne marche des études notariales et le président du
tribunal de grande instance sont intervenus pour que soit signé un protocole
incluant tous les salariés sans discrimination.
Mercredi 9 janvier, c'est donc
applaudis par quelques militants de l'union locale CGT, après des années de
harcèlement, de discrimination, que les huit grévistes ont repris ensemble le
travail, fiers d'avoir relevé la tête, et ce, même si l'annulation non obtenue
du licenciement laisse un goût amer à cette victoire.
Plus rien ne sera comme avant, disaient les
grévistes, et une heure après la reprise, les deux notaires ont pu s'en rendre
compte. L'un d'eux a fait une réflexion à la standardiste, ce qui l'a mise à ce
point hors d'elle que les pompiers ont dû intervenir pour l'évacuer. Du coup,
ne voulant pas revivre les périodes de stress passées, ses camarades ont exercé
leur droit de retrait, qui a été validé par l'inspecteur du travail.
Pour
que le travail reprenne, un ancien officier de police judiciaire a été
embauché, le temps du départ d'un des notaires, qui est un des responsables du
climat insupportable à l'étude. Il a pour mission d'arrondir les angles. Mais
c'est d'abord la grève qui a permis de changer les conditions de travail.
Correspondant LO
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