lundi 16 février 2026

Tueur adolescent : les coupables courent toujours

Enfance abandonnée, délinquance pronostiquée

 

Faire que la société leur offre un autre avenir
                                                Crédit photo : PxHere

L’adolescent de 14 ans recruté à Marseille comme tueur à gages a été condamné à 17 ans de prison pour le meurtre d’un conducteur de VTC. À droite et à l’extrême droite, cette sinistre histoire a donné lieu à un torrent de démagogie sécuritaire.

         Mais ce que l’affaire met crûment en lumière, c’est l’abandon de ce jeune et de tant d’autres par des services sociaux débordés, et l’absence de perspectives que cette société offre à la jeunesse populaire.

 

Argenteuil, disparition du magasin Monoprix (2). Journal de campagne de la liste « Lutte ouvrière-Le camp des travailleurs »

Les capitalistes mènent la danse, les municipalités coincées face cette domination

 

La vie ouvrière, entreprise de presse de la CGT

https://nvo.fr/monoprix-quand-les-salaries-paient-cash-la-dette-de-leur-actionnaire-daniel-kretinsky/

La brève que nous avons postée avant-hier sur Facebook Dom Mariette et sur notre blog quotidien « lo argenteuil » a suscité un intérêt certain. Les commentaires peu courtois et sans guère d’intérêt s’y mêlent à d’autres qui posent de vraies questions.

         Les restructurations du réseau Monoprix aux dépens des travailleurs de l’enseigne et des clients résultent de la débâcle du groupe Casino empêtré dans une dette colossale, mais qui ne pèsera pas sur les actionnaires qui l’ont créée.

         Je vous conseille la lecture de l’article que la CGT a consacré il y a quelques jours à l’affaire dans la Vie ouvrière, dont je vous ai joint ci-dessus le lien.

         Pour en revenir au magasin d’Argenteuil, il a joué jusqu’à aujourd’hui un rôle important pour une clientèle, de quartier en particulier, de revenus restant modestes mais qui permettent l’achat de produits de qualité mais plus chers. Pour que les choses soient clairs, habitant le quartier de Monoprix, j’en suis. Il y a un fort attachement à ce magasin de la part de cette clientèle qui apprécie aussi le contact avec ses caissières et ses employés qui y travaillent parfois depuis longtemps.

         Certes, ce magasin connaît des difficultés depuis plusieurs années, des difficultés que nous pouvons mettre en rapport avec le contenu de l’article de la Vie ouvrière.

         Qui est responsable de cette situation qui doit conduire à la transformation de ce magasin Monoprix en commerce Lidl ?

         Les actionnaires qui ont accepté une spéculation sans frein. C’est cela la propriété capitaliste qui devra laisser la place à une organisation rationnelle et sans profit de la production.

         Il y a-t-il une responsabilité directe de la municipalité d’Argenteuil ?

         À proprement parler, aucune.

         Ce qu’on peut lui reprocher relève d’un tout autre plan, et cela vaut pour bien d’autres, c’est de croire que l’on peut surmonter la contradiction fondamentale entre la nature privée de la propriété des biens de production et ses espoirs susceptibles d’organiser une Ville où l’harmonie et les intérêts de tous règnent. C’est de semer des illusions sur le pouvoir municipal.

         L’existence de ce magasin pour les couches moyennes du monde du travail a été un argument d’appel pour la construction des nouvelles résidences du boulevard Jean Allemane et de la rue Alfred Labrière. Mais si les promoteurs construisent avec le soutien ou les encouragements de la municipalité, les actionnaires décident et finalement entravent, comme le démontre cette affaire du Monoprix local.

         Pour notre part, c’est ce que nous généralisons dans cette campagne et voulons discuter : même les municipalités les mieux intentionnées (et c’est loin d'être le cas à Argenteuil, de notre point de vue) se heurtent et se heurteront plus que jamais dans la période que nous connaissons, aux injonctions et décisions des acteurs capitalistes, de la production, du commerce, des banques, et de l’État dont le rôle essentiel est de les servir.

         Il resterait aux édiles de dire la vérité sur cette réalité, et sur toutes les difficultés que cela entraîne pour la vie et les espoirs de la population, et d’aider ainsi la population à se préparer à faire emprunter une tout autre voie à la société. À Argenteuil, ce n’est pas le genre de la maison municipale actuelle, mais c'est le nôtre. Dominique MARIETTE

 

dimanche 15 février 2026

Amiante : la justice se hâte lentement

 Amiante : la justice se hâte lentement

L’ancien directeur du technicentre de maintenance SNCF de Saintes, en Charente-Maritime, passe en procès depuis le 10 février pour avoir exposé des salariés à l’amiante.

Publié le 11/02/2026

Depuis que la médecine a clairement établi la nocivité de l’amiante en 1906, il a fallu neuf décennies aux autorités françaises pour interdire l’usage de cette fibre, en 1996. Avec la complicité de l’État et la complaisance de certains scientifiques ainsi que de certains syndicalistes, les industriels de l’amiante avaient retardé au maximum cette interdiction pour réaliser des profits le plus longtemps possible. Peu leur importait que les risques de maladie de l’appareil respiratoire soient pris par des ouvriers qui ignoraient le plus souvent le péril mortel qui les guettait.

Dès les années 1990, environ 3 000 travailleurs en activité ou en retraite mouraient chaque année en France des suites d’une exposition professionnelle à l’amiante, parfois des dizaines d’années auparavant. Aujourd’hui encore, trente ans après l’interdiction de l’amiante, ces décès restent très nombreux.

C’est en 2001 que des travailleurs du technicentre SNCF de Saintes ont porté plainte contre leur employeur qui n’avait pas respecté la nouvelle législation et avait continué à leur cacher les risques qu’il leur faisait prendre. Sous l’aiguillon du patronat, opposé par principe à toute remise en cause de son autorité sur les entreprises, même publiques, la machine de l’État a continué à faire assaut de lenteur : un seul cadre de la SNCF, âgé aujourd’hui de 79 ans, a été mis en examen. Le procès vient de s’ouvrir, vingt-huit ans après les faits commis entre 1998 et 2000 !

Quand les autorités judiciaires ou autres disent que les victimes sont leur priorité, elles devraient ajouter : sauf si ce sont des travailleurs dont le patron est mis en cause.

                                                      Lucien Détroit (Lutte ouvrière n°3002)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-dimanche 14 février, de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 heures à midi au marché Héloïse ;

-lundi 15 février, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

Bien d’autres permanences peuvent être organisées dans le cadre de notre campagne.

Justice, police, une célérité et une exigence à géométrie variable. L’affaire de Viry-Châtillon

 Le droit de mentir et de falsifier

D’après Mediapart, la justice s’apprête à classer sans suite la plainte contre la police de six jeunes hommes accusés à tort d’avoir incendié deux voitures de police à Viry-Châtillon le 16octobre 2016.

Publié le 11/02/2026

Lors de cet incendie criminel, quatre policiers avaient été blessés dont un grièvement brûlé. L’enquête, largement médiatisée, menée par leurs collègues avait été bâclée pour incriminer des jeunes de la cité de La Grande Borne à Grigny. En première instance, puis en appel, sur les treize accusés, cinq jeunes ont été condamnés à des peines allant jusqu’à 18 ans de prison et huit ont été acquittés. Une partie d’entre eux ont alors porté plainte contre la police pour falsification de procédure.

En effet, ils ont, pour trois d’entre eux, passé quatre ans en prison pour rien, d’autres ayant écopé d’un an de détention provisoire, alors qu’ils étaient innocents. Comme a témoigné l’un des jeunes arrêtés à tort et qui a fait quatre ans et trois mois de prison : « Ils ne cherchaient pas les coupables mais des coupables. »

Et de fait, les policiers ont tronqué les interrogatoires, allant même jusqu’à les falsifier. Ils ont harcelé les jeunes en garde à vue pour leur faire avouer leur présence et leur complicité. Les audiences, qui sont nécessairement filmées, n’ont été que partiellement retranscrites. Un des jeunes a nié pendant des heures avoir été présent lors de l’attaque mais, à l’issue de la garde à vue, il a fini par dire, sur les conseils de son avocat commis d’office, qu’il ne se souvenait plus de rien. C’est cela qui a été retenu contre lui lors du premier procès. Pire, un témoignage qui le disculpait n’a même pas été versé au dossier.

En 2021, malgré les éléments qui incriminaient les policiers, le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, leur avait renouvelé son soutien. « Quoi qu’il arrive et quoi qu’on dise […], je les défends et je les défendrai. » Et c’est exactement ce qui s’est passé. Alors que quatre plaintes pour « faux en écritures publiques », « violences volontaires » et « escroquerie au jugement » ont été déposées par les avocats des jeunes innocentés, la justice ne s’est pas du tout hâtée pour entendre les policiers incriminés.

Depuis 2021, l’affaire est passée entre les mains de cinq juges successifs. Il a fallu attendre 2023 pour que les policiers soient enfin auditionnés. Aucun d’entre eux n’a été mis en examen. Le principal témoin dont les policiers s’étaient servi pour accuser les jeunes n’a même pas été entendu. C’est ainsi que la procédure va certainement aboutir à un non-lieu.

Selon qu’il s’agit de prouver la culpabilité des jeunes des quartiers ou celle des policiers, la justice n’a ni la même célérité, ni la même exigence.

                                                    Aline Urbain (Lutte ouvrière n°3002)

Ballon rond : dans la famille des milliardaires réactionnaires...

 

Drôle de sire

  

Crédit photo : André Zahn. Attribution-Sharealike-2.0.Germany

 Le milliardaire britannique Sir Jim Ratcliffe, patron du géant de la chimie Ineos et co-propriétaire de Manchester United, a fait le buzz en déclarant que la Grande-Bretagne était en train de se faire « coloniser » par les immigrés.

         À quelle place serait son club de foot sans ses joueurs étrangers ? Quand il a délocalisé sa compagnie à Monaco pour payer moins d’impôts, était-ce de la « colonisation » ?

         Un grand capitaliste qui déverse des insanités réactionnaires, c’est un spectacle qui devient banal... mais est toujours aussi écœurant.