Les capitalistes mènent la danse, les municipalités coincées face
cette domination
La
vie ouvrière, entreprise de presse de la CGT
https://nvo.fr/monoprix-quand-les-salaries-paient-cash-la-dette-de-leur-actionnaire-daniel-kretinsky/
La brève que nous avons postée
avant-hier sur Facebook Dom Mariette
et sur notre blog quotidien « lo
argenteuil » a suscité un intérêt certain. Les commentaires peu courtois
et sans guère d’intérêt s’y mêlent à d’autres qui posent de vraies questions.
Les
restructurations du réseau Monoprix aux dépens des travailleurs de l’enseigne
et des clients résultent de la débâcle du groupe Casino empêtré dans une dette
colossale, mais qui ne pèsera pas sur les actionnaires qui l’ont créée.
Je
vous conseille la lecture de l’article que la CGT a consacré il y a quelques
jours à l’affaire dans la Vie ouvrière, dont je vous ai joint ci-dessus
le lien.
Pour
en revenir au magasin d’Argenteuil, il a joué jusqu’à aujourd’hui un rôle
important pour une clientèle, de quartier en particulier, de revenus restant
modestes mais qui permettent l’achat de produits de qualité mais plus chers.
Pour que les choses soient clairs, habitant le quartier de Monoprix, j’en suis.
Il y a un fort attachement à ce magasin de la part de cette clientèle qui
apprécie aussi le contact avec ses caissières et ses employés qui y travaillent
parfois depuis longtemps.
Certes,
ce magasin connaît des difficultés depuis plusieurs années, des difficultés que
nous pouvons mettre en rapport avec le contenu de l’article de la Vie ouvrière.
Qui est responsable de cette situation qui
doit conduire à la transformation de ce magasin Monoprix en commerce
Lidl ?
Les
actionnaires qui ont accepté une spéculation sans frein. C’est cela la
propriété capitaliste qui devra laisser la place à une organisation rationnelle
et sans profit de la production.
Il y a-t-il une responsabilité directe de la
municipalité d’Argenteuil ?
À
proprement parler, aucune.
Ce
qu’on peut lui reprocher relève d’un tout autre plan, et cela vaut pour bien
d’autres, c’est de croire que l’on peut surmonter la contradiction fondamentale
entre la nature privée de la propriété des biens de production et ses espoirs
susceptibles d’organiser une Ville où l’harmonie et les intérêts de tous
règnent. C’est de semer des illusions sur le pouvoir municipal.
L’existence
de ce magasin pour les couches moyennes du monde du travail a été un argument d’appel
pour la construction des nouvelles résidences du boulevard Jean Allemane et de
la rue Alfred Labrière. Mais si les promoteurs construisent avec le soutien ou
les encouragements de la municipalité, les actionnaires décident et finalement
entravent, comme le démontre cette affaire du Monoprix local.
Pour
notre part, c’est ce que nous généralisons dans cette campagne et voulons
discuter : même les municipalités les mieux intentionnées (et c’est loin d'être le cas à
Argenteuil, de notre point de vue) se heurtent et se heurteront plus que jamais
dans la période que nous connaissons, aux injonctions et décisions des acteurs
capitalistes, de la production, du commerce, des banques, et de l’État dont le
rôle essentiel est de les servir.
Il
resterait aux édiles de dire la vérité sur cette réalité, et sur toutes les
difficultés que cela entraîne pour la vie et les espoirs de la population, et d’aider
ainsi la population à se préparer à faire emprunter une tout autre voie à la
société. À Argenteuil, ce n’est pas le genre de la maison municipale actuelle, mais c'est le nôtre. Dominique
MARIETTE