mercredi 11 février 2026

Argenteuil, journal de campagne : ma longue réponse à un travailleur a priori pas de notre côté. Cela valait le coup de lui répondre en toute fraternité. À lire et à partager.

 La fondation de l'Internationale communiste, Moscou, 1919

Nous avons reçu un message composé de nombreuses interrogations à laquelle nous répondons (DM)

 

WS :« Bonjour Camarades, 

Je suis dans le 95. Dans le cadre des élections municipales, je reçois un prospectus plutôt politique que municipal, mais bon… Je suis ouvrier et fils d’ouvrier »

DM : Un prospectus plutôt politique de municipal ? Aucune municipalité, aussi bien intentionnée soit-elle, ne peut aller contre l’évolution actuelle de la société. C’est de cette évolution dont nous devons parler d’une façon prioritaire.

 

WS : L’Europe c’est la paix ! L’Europe c’est la prospérité ! L’Europe c’est la concurrence, donc payer moins cher ! (Mais) Nous sommes en guerre, nous n’avons plus d’industrie, nous payons tous beaucoup plus cher. Faut-il rester dans l’Europe ?

DM : ce n’est telle ou telle organisation des États qui est en cause. Capitalistes de France ou de l’Union européenne, tous menent une guerre contre le monde du travail d’ici et d’ailleurs. Ils sont à l’offensive. Les travailleurs doivent préparer la contre-offensive.

 

WS : Qu’est-ce qui a tué le monde du travail et les travailleurs eux-mêmes ?

DM : le recul de la conscience d’appartenir à une classe opposée à la bourgeoisie, et de l’organisation des travailleurs. La croyance que les travailleurs seraient sauvé par les élections et un sauveur suprême.

 

WS : À quoi a servi l’immigration et les immigrés ? Réponse : 1. L’ouverture des frontières et l’Europe, le libéralisme sauvage. 2. À concurrencé les travailleurs et nivelé par le bas les salaires

DM : les migrations sont une vieille loi de l’évolution des sociétés. Lorsque la vie est impossible ici, les humains se dirigent vers là où la vie est meilleure ou semble l’être. La concurrence entre travailleurs et le nivellement par le bas des salaires sont les résultats de la division des travailleurs, dans les faits et dans leurs têtes. Il faut qu’ils s’unissent.

 

WS : Le capitalisme c’est la guerre !!!

Non, dans les années 60 et 70 et même jusque 80 nous vivions bien. Mon père était ouvrier en usine (Simca à Poissy) il était propriétaire de l’appartement ou nous vivions. Avec un seul et petit salaire nous pouvions vivre ! Ce n’est pas le capitalisme, mais l’ultra libéralisme sauvage et débridé, l’influence anglo-saxonne. Qui provoque et déclenche les Guerres, toujours les mêmes ? Nos bons “amis et alliés” Anglo-américains. Du temps de De Gaulle la France était prospère.

DM : les améliorations des 30 Glorieuses ont été le résultat des gigantesques destructions de la Seconde Guerre mondiale et de ses 50 millions de morts. De Gaulle, homme politique de la bourgeoisie a contribué en 1944 avec le PCF à éviter tout risque de révolution sociale.

 

WS : Le travailleur a-t-il le droit de profiter des fruits de son travail ?

DM : C’est une évidence. Mais aujourd’hui, la plus grande partie de ce fruit est accaparé par les rentiers et les actionnaires, et leurs serviteurs.

 

WS : Vous attaquez les propriétaires ! Je suis ouvrier et propriétaire, j’ai acheté ma p’tite baraque à crédit. Heureusement, parce qu’aujourd’hui avec ma petite retraite je ne pourrais pas payer un loyer, j’ai déjà du mal à payer mes factures de gaz en hiver (grâce à Macron). Je me chauffe moins et me lave moins ! Suis-je un chien de capitaliste ?

DM : Nous ne sommes pas contre la propriété dérisoire de ce que possède les travailleurs. Nous sommes pour l’abolition de la propriété capitaliste. Quant aux chiens, laissons-les tranquilles. Heureusement qu’ils sont souvent là pour briser les solitudes.

 

WS : Il faut défendre les travailleurs Français, OUI, mais il ne faut pas être dogmatique, il faut arrêter de monter les uns contre les autres

DM : Non, il faut défendre tous les travailleurs, quelles que soient leurs origines, leurs papiers, leurs statuts. Il faut que nous nous unissions par rapport à nos seuls adversaires, les exploiteurs bien français de papiers ou autres.

 

WS : Lycée technique de mécanique générale, spécialité mécanographie, J’ai été technicien mécanographe dès 1977 jusqu'à la disparition des machines à écrire vers 1991, dans des petits ateliers, des artisans, (surement des chiens de capitaliste !). Mon patron a su prendre le virage et nous nous sommes retrouvés dans l’informatique, à dépanner des imprimantes, toujours dans des petits ateliers, jusqu'à sa retraite à l’âge de 70 ans. Nous nous sommes fait racheter par une multinationale américaine, et là ce n’était plus la même musique, pression, objectif, remise en question permanente, le modèle américain ultra libéral !

Avant cela nous sommes passé au 35 h, d’où augmentation du coût de la main d’œuvre, et les salaires sont resté figé pendant 10 ans !... Est-ce le capitalisme NON, c’est le libéralisme mondialisé mélangé de socialisme utopique.

DM : Votre tableau est juste et illustre l’offensive capitaliste que nous avons subie depuis 50 ans, menée par les multinationales et le capital financier auquel le monde du travail n’a pas été en capacité de résister. Mais cela n’a rien à voir ni avec le socialisme, ni avec l’utopie.

 

WS : «Travailleurs de tous les pays unissez-vous !!! » Est-ce que les travailleurs Polonais ou Ukrainiens sont prêt à aider et soutenir les travailleurs Français ? QUI NOUS AIDE ? »

DM : le problème est identique pour les travailleurs de tous les pays : manque de conscience, d’union, d’illusions en des sauveurs suprêmes. Il s’agit de combattre ces illusions et d’œuvre à la réorganisation sans frontière du monde du travail. Qui nous aidera ? Personne d’autres que nous-mêmes. En répétant Karl Marx, « Prolétaires de tous les pays, unissons-nous » et « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ».

 

WS : Nous n’avons plus de frontières, plus de monnaie, plus aucunes libertés, plus aucuns pouvoirs de décision… et l’on nous parle de souveraineté ! Nous ne sommes plus un pays, plus une nation - c’est l’internationale tant vanté par Marx  - Vivons-nous mieux ? Utopie …! Nation : territoire (donc frontière), une langue et une culture commune, des intérêts communs, Petit Larousse illustré 1938

DM : Il n’y a même pas d’Internationale du Capital, mais une histoire entre collaboration et concurrence féroce entre les États et les multinationales, dans le cadre d’une mondialisation, mouvement fondamental et irréversible de l’histoire. L’Internationale sera celle demain de tous les travailleurs si nous sommes capables d’en reconstruire une, la IVème Internationale.

 

WS : « L’union Soviétique s’est effondrée, la Chine, la Corée du Nord, Etc, etc… Est-ce cela le paradis Communiste ? »

DM : L’URSS, par défaut de l’extension de la révolution, devint un État bureaucratique, exploiteur, sous la férule de Staline. La Chine, la Corée du Nord n’ont de communiste que la couleur de leur drapeau. Ce sont des avatars tardifs bourgeois.

 

mardi 10 février 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 9 février 2026

 L’affaire Epstein : une bourgeoisie aussi pourrie que son système

 

Publié le 09/02/2026

On se demande souvent comment notre société peut générer des comportements aussi cupides, dégradants et violents. Eh bien, comme le montre l’affaire Epstein, l’exemple vient d’en haut !

Jeffrey Epstein a fait fortune dans la finance. Quand les travailleurs mettent une vie à gagner de quoi acheter leur appartement ou leur maison, lui s’est enrichi de façon fulgurante comme « gestionnaire de fortunes ». Un de ces parasites qui aident les plus riches à payer le moins d’impôts possible et à spéculer.

C’est un métier qui rapporte, car la bourgeoisie est capable de très bien payer ses hommes de main, surtout quand ils doivent s’arranger avec la légalité. Epstein a ainsi accumulé des dizaines, puis des centaines de millions. De quoi se payer un hôtel particulier à Manhattan, une villa à Palm Beach, un bel appartement avenue Foch à Paris, une île dans les Caraïbes, un jet privé, s’acoquiner avec une riche héritière et se faire bien d’autres relations.

Car le monde bourgeois est un tout petit monde. À l’échelle de la planète, 3000 familles composent le club des milliardaires. Américains, Britanniques, Français, Russes, Ukrainiens, Indiens, Libanais, Israéliens, Saoudiens… ils constituent une seule et même classe sociale. Ils se connaissent, se croisent dans les grands hôtels et les magasins de luxe, se retrouvent à Courchevel, sur la Riviera, à Doha, dans les riads au Maroc ou à Davos.

Ils ont leurs ronds de serviette dans les mêmes restaurants de luxe, où ceux qui vivent de leur salaire n’entrent pas pour se mettre à table, mais pour travailler en cuisine, faire la plonge et le service. Ils passent leur vie à faire des affaires entre eux, à se donner des tuyaux, se renvoyer l’ascenseur et à se prêter un million par ci, un milliard par là.

Trump, Musk, les Clinton, Bill Gates, Ariane de Rothschild, le prince Andrew, la princesse héritière de Norvège, des scientifiques et des artistes : le réseau constitué par Epstein est édifiant. Tous n’ont pas participé aux orgies qu’il organisait, mais par complaisance, sinon par complicité, ils les ont tues.

La condamnation d’Epstein pour trafic sexuel de mineures en 2008 n’a même pas rebuté ce beau monde. En France, Jack Lang, icône socialiste des années Mitterrand, et sa fille, productrice, ont continué de le fréquenter de près. Pour sa défense, Jack Lang a juré n’avoir vu qu’un « homme charmant et passionné de culture ».

Manifestement si l’amour rend aveugle, l’argent aussi ! Car Epstein était aussi un coffre-fort sur pattes. Et les Lang, père et fille, ont tapé dedans sans se gêner.

Dans ces relations de fric qui soudent la classe bourgeoise, il n’y a pas toujours du proxénétisme ou de la pédocriminalité, mais cela arrive souvent. Rappelons-nous l’affaire Weinstein à Hollywood, les soirées « bunga-bunga » de Berlusconi, le violeur nommé Dominique Strauss-Kahn, Rafik Hariri, ami de Chirac, enrichi dans l’immobilier en construisant des palais pour les princes saoudiens et, aussi, dit-on, en les fournissant en filles et en whisky…

Cela n’est pas très étonnant. La bourgeoisie a l’habitude de tout acheter : des entreprises dont dépendent parfois des centaines de milliers de salariés, des journaux, des chaînes de télévision, des ministres, des juges et même des partis politiques. Alors, pourquoi pas des femmes, fussent-elles mineures ?

Comme l’ont écrit Karl Marx et Friedrich Engels dans le Manifeste communiste : « La bourgeoisie a fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange. Elle a substitué aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l'unique et impitoyable liberté du commerce. »

Incidemment, on apprend qu’en 2009, le ministre britannique travailliste Mandelson intriguait avec Epstein contre un petit impôt que son propre gouvernement voulait imposer aux banquiers de la City. Les électeurs votent, et les riches décident !

La justice américaine n’a pas publié tous les documents en sa possession et les a en partie censurés. Preuve qu’elle tentera jusqu’au bout de protéger les plus puissants. Mais nul besoin de chercher un quelconque complot. Il n’y a là que la banalité des relations entre bourgeois : l’entente sans scrupule des possédants pour jouir de leur richesse et de leur pouvoir aux dépens de la population.  

Dans le passé, les dynasties royales se fréquentaient et se mariaient. L’aristocratie européenne formait une même classe sociale. Beaucoup de nobles sortaient des mêmes familles et faisaient bombance pendant que les peuples crevaient de faim. Certains ont fini guillotinés en 1793, d’autres furent renversés en 1848 ou encore en 1917-1918 par des révolutions. Eh bien, c’est tout ce que mérite cette classe de parasites qu’est la grande bourgeoisie !

                                                                   Nathalie ARTHAUD

Ukraine : Une guerre sans fin entre brigands

Hécatombe pour les profits

 

 

Après presque quatre ans de guerre en Ukraine, un nouveau bilan évalue le nombre de victimes à près de 2 millions de morts et blessés, sans compter les civils.

         Cette guerre oppose le régime de Poutine et l’impérialisme occidental qui veulent le contrôle de l’Ukraine, ses terres rares, ses terres agricoles, et s’affrontent avec la peau des Ukrainiens et des soldats russes. Aucun des deux peuples n’a rien à y gagner. En Ukraine comme partout, les États font croire qu’on meurt pour la patrie, alors qu’on meurt pour les profits des industriels et des banquiers.

 

Armée française : grandes manœuvres, grande intox

La préparation d’un avenir de bombes et de tranchées

 

 

L’armée française est mobilisée pour trois mois de grandes manœuvres, simulant un débarquement ennemi en Bretagne et une guerre « de haute intensité » face à un pays ressemblant étrangement à la Russie.

         L’exercice viserait à préparer les troupes, mais il faut aussi mettre en condition la population en lui faisant croire qu’elle est elle-même menacée.

         Ceux qui nous menacent aujourd’hui, ce sont plutôt nos dirigeants qui nous préparent le même avenir que celui des populations d’Ukraine et de Russie : les tranchées et les bombes.