mercredi 21 janvier 2026

Police : un nouveau crime

Une impunité institutionnalisée

 

 

El Hacen Diarra, un Mauritanien de 35 ans, est mort dans un commissariat du 20e arrondissement de Paris, après avoir été arrêté en bas de son foyer d’immigrés. Une vidéo le montre au sol, recevant des coups et demandant aux policiers d’arrêter de l’étrangler. 

         Pour le moment, l’IGPN enquête, mais les policiers ne sont ni suspendus, ni même séparés. Autant dire qu’il y a peu de chances qu’ils connaissent autre chose que l’impunité dont bénéficient dans la police les auteurs de violences et de crimes.

 

Argenteuil, journal des élections municipales, le cœur de la situation locale : une situation du monde du travail à l’image de celle à l’échelle du pays

 

Des prétentions et promesses qui esquivent le problème central

 

Une partie de la liste Lutte ouvrière-Le camp des travailleurs 

Les élections municipales sont certes des élections locales. Elles concernent à Argenteuil 110 000 habitants d’une commune populaire dont la quasi-totalité des habitants relèvent du monde du travail. La première des choses lorsque l’on s’adresse à la population qui œuvre, la population ouvrière, qu’il s’agisse d’ouvriers, d’employés, de travailleurs des services publics, est de s’intéresser à leur situation et leurs problèmes fondamentaux. C’est évoquer leur situation matérielle, leurs préoccupations, leur moral.

         Dans leur diversité, un nombre important d’habitants sont concernés par la montée de la pauvreté. Nombre de ceux qui y échappent joignent difficilement les deux bouts, avec des découverts bancaires qui commencent de plus en plus tôt dans le mois. Cela est particulièrement vrai pour les familles monoparentales. Ceux qui subissent une situation plus favorable connaissent nombreux néanmoins une érosion continue de leur pouvoir d’achat. Travailleurs pauvres, qui s’en sortent difficilement, ou plus aisés, tous subissent le recul majeur et continu des services publics utiles à la population, qui ne sont que du salaire différé.

         Cela concerne en particulier la santé, l’éducation, et les transports. À longueur d’année, nous revenons sur les difficultés de la médecine libérale, celles de l’hôpital public, la galère des transports en commun, qui pourtant sont des nécessités pour le monde du travail.

         Les reculs dans ces domaines pèsent sur la vie quotidienne. Ils sont l’essentiel, et ils ne relèvent pas de ce que peut faire ou ne pas faire une municipalité, la plus attentionnée soit-elle. Ce n’est pas elle qui peut contrarier la baisse du pouvoir d’achat, le manque de spécialistes de santé, une École publique confrontée à des difficultés majeures. Toutes ces contraintes toujours plus importantes que nous évoquons pèsent sur le moral de la population, un fait qui à son tour engendre des conséquences négatives.

         Évoquer cette situation de base du monde du travail est la première des nécessités. Il faut qu’elle s’exprime. C’est pourquoi elle est au cœur de notre campagne dans ces élections municipales. D’autant plus qu’elle est générale à l’échelle du pays pour tous les travailleurs. Et ce sera à l’échelle du pays qu’ils y donneront une issue.

         Alors élections locales les municipales ? Certes. Mais l’occasion d’exprimer la situation générale du monde du travail et la perspective générale de la solution du problème. DM

Argenteuil, la situation de la Jeunesse, un enjeu majeur pour une municipalité, une place pourtant largement escamotée dans le Bilan 2020-2026 de celle d’Argenteuil. (15).

La Jeunesse devrait être le cœur de l’action municipale

 

De l’information, un service Jeunesse, mais quel véritable bilan ?

Un tiers de texte seulement pour les deux pages du Bilan qui lui sont consacrées concernant la jeunesse. C’est bien peu. Cette jeunesse -de 11 ans à 30 aujourd’hui comme l’indique la municipalité elle-même- représente non seulement un segment notable de la population d’Argenteuil, mais surtout un moment transitoire de la vie des individus gros de soucis pour qu’elle trouve sa voie, son équilibre, ses valeurs, son bonheur. Cette réalité à appréhender est bien plus prégnante que d’en rester à un lieu commun en affirmant que la jeunesse « est pleine d’idées, d’énergie et d’envie » et qu’il faut comme le déclare la municipalité lui donner « les moyens de s’exprimer, de progresser et de réussir.

         On ne peut se limiter à la révélation du « talent de nos jeunes » et se revendiquer d’avoir mis en place du travail d’apprentissage oratoire, un Conseil Municipal des Jeunes sur lequel il y aurait beaucoup à dire, d’ajouter que « 55 » jeunes ont bénéficié d’un « mentorat », ou encore d’être satisfaite de la réussite d’évènements tels la « soirée réussite des banlieues » ou le « Bal de promo ».

         La pauvreté de la réflexion sur l’axe « Jeunesse » est résumé par la dernière phrase de ce texte bien limité : « Un agent référant insertion va également à la rencontre des jeunes décrocheurs pour leur proposer un accompagnement personnalisé ». Vous avez bien lu « UN agent » !

         Pauvreté du texte, mais également là, d’indices, de chiffres, de pourcentage qui nous donneraient une idée des problèmes et de la difficulté. Combien d’élèves décrocheurs ? Quels chiffres concernant la « délinquance » parmi les  jeunes d’Argenteuil ? Quelle évolution ? Quelle place les addictions ont-t-elles parmi les difficultés de la jeunesse ? Quelle est l’état de sa santé, en particulier au niveau de la santé mentale ? Quel est le bilan des associations d’éducateurs de rue qui interviennent sur la Ville et bénéficient d’importantes subventions municipales ? Pourquoi l’ampleur des évènements de fin juin 2023 à Argenteuil ? Etc. Etc. Et après les questions, les pistes entreprises par l’action municipale, et ses résultats, même s’ils sont limités !

         Car nous ne reprochons pas à la municipalité les résultats de son action que, finalement, sur la base de nos questions, nous ne connaissons pas, mais nous constatons simplement l’escamotage de problèmes certes difficiles et compliqués où l’action de l’État et de la société toute entière devrait avoir la responsabilité principale avec les moyens afférents. Mais quand on voit l’état de la structure la plus adaptée en la matière, l’éducation nationale, on ne peut qu’être très inquiet. DM. (À suivre. Argenteuil, l’action municipale en direction des anciens, une action aux résultats limités qui laisse une majorité de « séniors » très loin du lien et de l’empathie sociale. Bilan de la municipalité 2020-2026. (16).

 

mardi 20 janvier 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 19 janvier 2026 : Budget, menaces guerrières : il faut en finir avec le capitalisme !

 Budget, menaces guerrières : il faut en finir avec le capitalisme !

19/01/26

Vu les tensions, les guerres et les massacres qui se multiplient partout sur la planète, le cirque budgétaire était passé au second plan. Mais celui-ci touche à sa fin. Les marchandages sont terminés, et le patron du Parti socialiste se dit prêt à ne pas censurer le gouvernement au prétexte « d’avancées sociales ».

Comment parler d’avancées sociales quand tous les budgets sont rabotés ! Les hôpitaux sont mis au régime sec, et les malades qui ne peuvent pas payer pour aller dans le privé attendront pour se faire soigner. C’est la même cure d’austérité pour l’Éducation nationale, le logement social, l’emploi...

Mais voilà, en échange de son soutien à Lecornu, le PS a obtenu quelques mesures qui masqueront ces nouvelles coupes : la prime d’activité sera augmentée ; les étudiants auront droit à un repas à 1 euro dans les restaurants universitaires ; les APL suivront l’inflation ; 400 millions supplémentaires iront au logement social, MaPrimeRénov’ sera relancée et l’impôt sur le revenu n’augmentera pas.

Cette liste de mesures prouve surtout une chose : faire vivre décemment sa famille devient de plus en plus difficile pour des millions de femmes et d’hommes parce que les prix ont flambé et que les salaires restent très insuffisants.

Comment joindre les deux bouts quand on est payé autour du smic, 1400, 1500 euros net par mois, comme près de trois millions de salariés ? Dans le privé, la moitié des salariés gagnent moins de 2100 euros par mois. Une somme vite envolée une fois payés le loyer, les crédits, l’électricité, l’eau, les assurances, le téléphone, Internet, la mutuelle et les frais d’une voiture.

La CGT a recensé 483 plans de suppressions d’emplois sur les 18 derniers mois et plus de 100 000 emplois sont menacés ou supprimés. Des salariés, des employés, des cadres qui ont travaillé 20, 30 ans dans une entreprise se retrouvent licenciés du jour au lendemain. Et contrairement aux actionnaires ou aux propriétaires qui se sont engraissés de leur travail, eux ne touchent pas de rentes à vie !

Au même titre que les agriculteurs, les ouvriers, les auxiliaires de vie, les manutentionnaires, les agents de sécurité peuvent, eux aussi, parler de leurs conditions de travail, de leurs levers au cœur de la nuit, des heures passées sur les routes ou entassés dans les transports en commun. Ils peuvent parler des cadences et de leur santé qu’ils ont laissée sur les chaînes de production, sur les chantiers ou dans les entrepôts, des sacrifices de leur vie sociale et familiale qu’ils font en travaillant de nuit, le samedi ou le week-end.

Et ce n’est pas ce saupoudrage de mesures qui changera quoi que soit à ces conditions de vie de plus en plus dures. Il ne permettra même pas aux travailleurs de sortir la tête de l’eau.

Alors, parler de victoires ou d’avancées sociales est révoltant. Et c’est surtout dérisoire quand toute la société évolue vers la guerre.

Les capitalistes ne se contentent pas de s’enrichir de façon spectaculaire et d’exploiter les travailleurs. Ils se battent, ouvertement désormais, pour savoir qui mettra la main sur les richesses du Groenland ; qui aura accès aux terres fertiles d’Ukraine ; qui contrôlera le coltan des mines du Kivu en RDC ; qui exploitera le pétrole du Venezuela… Ces rivalités ne peuvent que mal finir si on leur laisse les mains libres.

Le monde entier marche vers un conflit généralisé. Et là encore, comme dans toutes les guerres capitalistes, ce sont les classes populaires qui fourniront la chair à canon.

Ces reculs et ces menaces ne tombent pas du ciel. Ils sont les conséquences du système capitaliste. Tous les jours, la brutalité et la rapacité décomplexée de Trump nous en rappellent la règle de base : rien ne doit faire obstacle à l’accumulation des milliards entre les mains de la bourgeoisie et des financiers, ni le respect des hommes et de la planète, ni celui de quelconques valeurs morales. Et si des capitalistes ont besoin de faire la guerre pour prendre le dessus dans la concurrence, débloquer des marchés, accéder à telle ou telle matière première, guerre il y aura !

Mais une autre règle régit le capitalisme : c’est que les travailleurs produisent tout. Sans eux, il n’y a pas de création de richesses, pas de création de profits et de capital. Il dépend donc d’eux, de leur conscience et de leur combativité, que la société suive une autre voie.

C’est pourquoi les travailleurs ne doivent ni se résigner ni se taire. Ceux qui refusent l’avenir de sang et de larmes que nos dirigeants nous réservent doivent se rassembler. Les capitalistes sont forts parce qu’ils sont organisés. Les travailleurs doivent en faire autant et construire un parti qui défende vraiment leurs intérêts, un vrai parti communiste et révolutionnaire.

                                                                        Nathalie Arthaud