mardi 20 janvier 2026

Argenteuil, petite l’enfance, tout-petits, l’école, dans le Bilan de la municipalité 2020-2026. Oui ils devraient tous avoir droit au meilleur (14))

 

Face à l’État et ses restrictions, une municipalité largement absente

 

 

Plusieurs pages dans le Bilan municipal sont consacrées à l’enfance et l’éducation, celle par la crèche, l’école maternelle, puis par l’école élémentaire. Ces deux dernières sont de la « compétence » obligatoire des communes pour ce qui est des locaux, de leur aménagement, et du matériel scolaire. C’est une responsabilité énorme qui pèse de la sorte sur elle.

Les pages qui concernent les « tout petits » n’ont pas attiré la critique de ma plume quelque peu ironique, je l’admets. Sur ce plan, nous espérons que les chiffres correspondent réellement à des progrès réalisés sur le plan de l’accueil en crèche ou par des assistantes maternelles. Les progrès ou pas en la matière relèvent de choix municipaux qui ne peuvent être appréciés que d’une façon globale. Un plus revendiqué par la municipalité, mais par rapport à combien de demandes ? On aimerait le savoir. Un domaine que l’État devrait prendre en charge et d’une toute autre façon qu’il ne le fait… pas.

         Un problème qui a longtemps compliqué le travail dans les crèches municipales a été celui des postes non pourvus. Le chiffre d’embauches avancé par la municipalité met-il un terme à une situation encore récente inacceptable ? L’écho que nous avons de travailleuses de ces crèches semble le confirmer. La municipalité a versé une prime d’attractivité mensuelle de 100 euros à celles de ces dernières directement en charge des bambins, mais pourquoi n’a-t-elle pas étendu la mesure aux autres employées de crèches qui elles-aussi sont en « contact avec les enfants » !

         Pour ce qui est de l’école primaire, la municipalité n’a aucune raison de se vanter de la construction de deux nouvelles écoles. Elle mène une certaine politique en liaison avec des promoteurs. Une nouvelle génération arrive sur Argenteuil remplaçant celles de l’Après-guerre. Ils ont des enfants qui doivent être scolarisés. Donc il faut construire. Élémentaire…

         En revanche, la situation des Atsems demeure problématique. Il en manque, et la situation créée par la suppression par la municipalité actuelle d’ «une Atsem par classe » s’est aggravée ces dernières années de ce fait. On retrouve le même souci pour la restauration et dans les activités dites d’animation où le « turn-over » est très important.

         La municipalité a fait des gorges chaudes sur sa « cité éducative » la plus importante comme d’habitude du pays se vantait-elle. Mais justement, quel bilan peut-on faire des actions qui lui sont liées, et de la structure globale elle-même ?

         Pas un mot de bilan non plus sur la situation scolaire générale sur la commune. Les écarts entre l’enseignement public et l’enseignement privé ? Sur les mauvais coups subis par la première de la part des gouvernements successifs et leur traduction locale ? Il est vrai que la municipalité se tait sur le sujet, on ne la voit jamais aux côtés des personnels, ou d’une façon totalement rarissime.

         Quant à l’action extrascolaire, nous y reviendrons en abordant la question générale de la Jeunesse, avec en particulier les grandes limites de son encadrement estival. DM (À suivre : Argenteuil, la situation de la Jeunesse, un problème majeur pour une municipalité, pourtant largement escamoté dans son Bilan de la municipalité 2020-2026. (15)

Extrait du blog « lo argenteuil » du 18.8.25.

lundi 19 janvier 2026

Grève : Quand Les Echos se mettent en grève…

Pour les salaires, par la grève lui répondit l’écho

 

La force des travailleurs c’est la grève

La rédaction du journal patronal Les Echos, propriété du groupe LVMH, était en grève le 16 janvier, pour revendiquer une hausse de salaires. Ses journalistes ont voté cette action à la quasi-unanimité, exprimant leur écœurement face au mépris de leur patron Bernard Arnault qui, du haut de ses milliards, leur propose une revalorisation salariale qu’ils jugent insultante.

         L’arme de la grève ne serait donc pas un « chantage insupportable » ni une « prise d’otages » ? Les plumes des Echos s’en souviendront-elles quand elles couvriront les prochaines grèves de cheminots ou d’éboueurs

 

Visas : le gendarme du monde fait sa loi

 

Combattre pour une planète sans visa pour tous !

 

 

Crédit photo : Pexels

Le 14 janvier, la Maison-Blanche a annoncé geler les procédures de visas pour 75 pays, dans le cadre de la lutte de Trump contre l’immigration. L’impérialisme américain sème guerre et misère aux quatre coins du monde, mais il se réserve le droit de fermer ses portes aux victimes irakiennes, iraniennes, somaliennes, etc., de ses exactions.

         Sur cette planète sans visa, seuls les riches peuvent se déplacer où bon leur semble. À bas les frontières tracées par les gendarmes du monde ! Liberté de circulation pour tous les travailleurs !

Honoraires médicaux : la santé livrée aux appétits petits et grands

 Honoraires médicaux : la santé livrée aux appétits petits et grands

L’un des points d’achoppement qui a provoqué la levée de boucliers d’une partie des médecins, les spécialistes en particulier, est la question des dépassements d’honoraires.

Publié le 14/01/2026

Existant en théorie depuis 1980, ils se sont envolés depuis une dizaine d’années, d’une part, avec les modifications qui ont touché la complémentaire santé, d’autre part, avec la diminution des consultations dans le secteur public et leur transfert vers le privé.

Tant que l’assurance maladie et les caisses complémentaires, les mutuelles en particulier, ont exclu de rembourser les dépassements d’honoraires, les médecins du secteur 2, notamment les spécialistes, ne les ont appliqués qu’à la marge, parce qu’ils y auraient perdu leur clientèle.

Au nom de la libre concurrence, sous prétexte de directives européennes, sous la pression des compagnies d’assurances, et avec la complaisance des gouvernements successifs, la loi a changé au début des années 2010, donnant la consigne de généraliser les complémentaires santé d’entreprise obligatoires. En permettant au patronat d’obtenir l’adhésion des salariés en prenant en charge partiellement leur cotisation, elle lui a offert des avantages fiscaux. En même temps, elle a ouvert le marché aux assurances privées.

Aujourd’hui, après l’extension à la fonction publique, 27millions de salariés au total bénéficient dune complémentaire santé collective dentreprise. Une partie de ces complémentaires santé, les plus puissantes en nombre de cotisants et en moyens financiers, ont choisi de rembourser tout ou partie des dépassements d’honoraires, à la grande satisfaction des médecins spécialistes libéraux, qui ont pu ainsi les généraliser et obtenir un complément de revenu confortable. En 2024, 56 % des spécialistes pratiquaient ces dépassements, qui ont représenté un total de 4,3milliards deuros.

Les dépassements pour les consultations, pour les radios, pour les opérations, et même pour les actes paramédicaux, comme ceux des kinésithérapeutes, flambent ! C’est le sujet de discussion le plus répandu dans les salles d’attente médicales : une mère de famille doit débourser près de 1 000euros pour le couple « anesthésiste et chirurgien » pour faire opérer rapidement son fils sans attendre six mois une place dans le public ; un ouvrier du bâtiment sort 50euros de sa poche pour chaque consultation de son rhumatologue ; un travailleur immigré sans protection sociale paie en espèces les soins et sa consultation. Des annonces fleurissent sur Facebook : « Je cherche un kiné sans dépassement ! Quelqu’un peut-il m’aider ? »

La fermeture de consultations et de centres de soins publics, les déserts médicaux, obligent les patients à se diriger vers ce qu’ils trouvent, au prix imposé. Et comme les problèmes de santé rendent vulnérable face à l’autorité médicale, beaucoup n’osent pas protester et paient, quitte à s’endetter.

Si les complémentaires d’entreprise ont pu paraître attractives, paradoxalement, elles ont constitué un recul social car le principe de l’assurance maladie était remis en cause : la solidarité collective, intergénérationnelle, des actifs comme des chômeurs ou retraités face au risque de maladie disparaît. C’est ce que visaient les législateurs.

Quant aux millions de travailleurs qui ne dépendent pas de telles entreprises, les retraités, chômeurs, précaires, ils sont désormais livrés au marché des contrats individuels, à la carte, qui ne couvrent les dépassements d’honoraires que s’il y a en contrepartie une forte cotisation.

En période de forte montée du chômage et de la pauvreté, cette privatisation rampante de la partie complémentaire de l’assurance maladie offre de substantiels profits aux assurances privées, permet à une partie du corps médical de mieux s’en sortir, mais frappe durement toute une partie du monde du travail, avec ou sans activité, qui finit par renoncer aux soins.

Les travailleurs devront imposer que la santé soit considérée comme un droit collectif, gratuit pour tous, sans ticket « modérateur », sans quoi elle restera livrée, compte tenu des sommes qu’elle met en œuvre, aux appétits petits et grands que génère le système capitaliste.

                                      Martine Anselme (Lutte ouvrière n°2998)