samedi 17 janvier 2026

Argenteuil, commerce : tropismes, attractivité, vantardises, dans le Bilan municipal 2020-2026 (11) : « Oser, Argenteuil attire à nouveau », ou quand la municipalité se spécialise dans la méthode Coué… verbale.

 

Silence sur les obstacles, les difficultés… Comment les croire ?

 

Un Picolo ne fait pas le printemps des « 1000 » places de restauration crées selon la municipalité !

L’image d’un pays, d’une région, d’une ville a incontestablement des conséquences, pour les promoteurs, pour d’éventuels habitants qui le ou la choisissent, éventuellement pour des industriels. Cette « image » est un élément parmi bien d’autres de leur choix. C’est une évidence.

         Mais pour la municipalité, « Argenteuil attire à nouveau » point barre. Puisqu’elle le dit, il n’y a aucune raison de le croire. Et de nous énumérer deux pages d’une liste à la Prévert, mêlant une nouvelle fois ce qui aurait été fait et ce qui devrait l’être.

         On y apprend tout de même que si 1000 places de restauration ont été créés (rien que cela !), 50 fermetures administratives ont été prononcées dans le secteur à Argenteuil entre 2021 et 2024 ! Mais nos fines bouches municipales peuvent toujours se contenter de quelques enseignes, bien peu nombreuses pour une Ville de 110 000 habitants, pour des raisons qui ne dépendent pas de la municipalité, mais que cette dernière a bien du mal à reconnaître.

         Ce qu’elle est tout de même obligée d’admettre, mais seulement en arrière-plan, c’est la situation commerciale très difficile des quartiers périphériques. Pour le centre commercial de la cité Joliot-Curie qui a besoin d’une rénovation urgente, et pour le quartier du Val-Nord qui a tout autant besoin d’une véritable grande surface alimentaire absente depuis des années, elle nous dit qu’elle y travaille. Bon travail alors.

          En attendant, quand elle sous-titre les deux pages « commerce » de son Bilan en écrivant « Les enseignes reviennent, les terrasses s’installent, les marchés se modernisent… », elle nous rappelle simplement le célèbre Monsieur Coué de la méthode. DM (À suivre. Argenteuil et la « réindustrialisation » ( !) dans le Bilan municipal 2020-2026 (12) : ou quand le souriceau se prend pour un hippopotame) Extrait du blog « lo argenteuil » du 17.08.25.

vendredi 16 janvier 2026

Iran : Pahlavi, tel père, tel fils

 Pahlavi, tel père, tel fils

Depuis le début de la révolte en cours, Reza Pahlavi, le fils du chah (le roi en persan) déchu en 1979, cherche à sortir de son exil doré aux États-Unis pour se poser en alternative au régime des mollahs en Iran. Des médias montrent des manifestants brandissant son portrait, reprenant le slogan « Pahlavi, reviens ».

Publié le 14/01/2026

Certaines de ces images sont truquées et diffusées par les réseaux pro-américains et pro-israéliens. Si le chah a incontestablement des partisans, c’est d’abord dans la diaspora iranienne. Si, faute d’autre alternative à la dictature, une partie de la population se tourne vers cette solution, jusqu’à récemment le fils du chah avait bien peu de soutien. Et pour cause.

La monarchie des Pahlavi était un régime au service de l’impérialisme. Le père de Reza Pahlavi est arrivé au pouvoir pendant la Deuxième Guerre mondiale alors que les États-Unis et la Grande-Bretagne se partageaient les ressources pétrolières. Quand, en 1953, son Premier ministre libéral Mossadegh voulut nationaliser le pétrole, la CIA organisa un coup d’État contre lui, avec le soutien du chah, mettant hors jeu les nationalistes qui s’en prenaient aux intérêts américains. Le régime du chah fut pendant plusieurs décennies le principal gendarme des USA au Moyen-Orient, plus encore qu’Israël, disposant d’une armée équipée de matériel américain.

Cette monarchie se voulait moderniste mais les opposants politiques étaient pourchassés, disparaissaient sans laisser de trace et subissaient les tortures de la Savak, la police politique réputée dans le monde entier pour sa sauvagerie. Les militants des organisations ouvrières, socialistes ou communistes, nombreuses en Iran, en étaient les premières victimes. La Savak terrorisait la population, au point qu’il n’était pas imaginable de plaisanter sur le régime sans craindre une dénonciation.

En parlant d’une « révolution blanche », le régime modernisa le pays, développant l’industrie pour le bénéfice des capitalistes occidentaux, exploitant durement les travailleurs et creusant les inégalités. Ainsi, en 1971, pour célébrer les 2 500 ans de l’empire perse sur le site de l’antique capitale, Persépolis, le chah fit amener au milieu du désert des fontaines, des fleurs venues par avion de Hollande, 25 000 bouteilles de vin, 150 kg de caviar, pour accueillir les chefs d’État du monde entier. Les pauvres, eux, étaient évacués à des dizaines de kilomètres pour que leur terrible misère ne trouble pas la vue des invités à cette fête.

La dictature proaméricaine du chah a fini par dresser contre elle toute la population, des ouvriers aux commerçants en passant par les petits paysans et les pauvres des villes et toutes les organisations politiques, des partis de gauche aux partisans de l’ayatollah Khomeiny. En 1979, la monarchie fut donc renversée par une profonde révolte populaire. Cependant, celle-ci fut canalisée par les hommes de Khomeiny, avec la complicité des dirigeants impérialistes, qui l’aidèrent à revenir d’exil, et celle des dirigeants des partis de gauche, qui le présentèrent aux masses comme l’homme auquel elles devaient faire confiance.

Celui qui se présente aujourd’hui comme une alternative est l’héritier de cette monarchie, profondément inégalitaire, agent dévoué de l’impérialisme, féroce avec ses opposants. Reza Pahlavi, grandi en exil entre les États-Unis et la Suisse, n’a jamais renié cet héritage. Il trouve des soutiens parmi l’extrême droite du monde entier. Si Trump, prudent, marque encore ses distances, Pahlavi est soutenu par Netanyahou, le massacreur des Palestiniens, qui met à sa disposition ses moyens d’État pour le promouvoir.

Un retour de la dynastie Pahlavi au pouvoir ne pourrait qu’aboutir à une nouvelle dictature tout aussi féroce contre les exploités et au service de l’impérialisme. Ceux qui, en Iran, crient des slogans hostiles au chah comme aux mollahs, en ont bien conscience.

                                                         Élise Patach (Lutte ouvrière n°2998)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui vendredi 16 janvier : de 16 h. à 16 h.30 au marché du Val ; (sous réserve)

Et au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 17 janvier, de 10 h.25 à 10 h.55 devant Monoprix ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

De 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 18 janvier, de 10 h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 19 janvier, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des

Raguenets, St-Gratien.

Groenland : la grenouille européenne veut intimider le bœuf américain…

L’avis des habitants ? Le dernier des soucis des uns et des autres

 

 

Essayant de s’opposer à Trump, qui voudrait annexer le Groenland aux États-Unis rapidement, le gouvernement danois a lancé une opération baptisée Arctic Endurance, à laquelle une poignée de soldats français vont participer aux côtés d’autres militaires européens.

         Les impérialismes de second rang rappellent ainsi leur existence, mais aussi leur faiblesse face à la puissance impérialiste dominante, qu’ils sont bien incapables de contrer militairement.

         Quant à l’avis des habitants du Groenland, victimes depuis longtemps du colonialisme danois, c’est le dernier des soucis de tous ces prétendus grands défenseurs des droits humains et de la démocratie.

 

Salaires : une lutte d’ensemble s’impose

 

Salaires : une lutte d’ensemble s’impose

Publié le 14/01/2026

 

 

Selon une enquête menée par une officine patronale auprès de 944 sociétés établies en France, 71 % des entreprises envisagent en 2026 d’accorder à leurs salariés exclusivement des augmentations individuelles « au mérite, promotionnelles ou exceptionnelles », un nombre doublé par rapport à l’année dernière.

Même si ce chiffre est à prendre avec précaution, cela signifie un progrès de la politique du « diviser pour régner », comme si le salaire était une récompense individuelle réservée aux plus méritants au gré de la hiérarchie. Et tant pis pour celles et ceux qui tombent malades, ou tout simplement n’arrivent pas à tenir la cadence, la fréquence des appels téléphoniques ou le nombre de dossiers à traiter ! Les chefs, ou managers dans le langage patronal, ont le feu vert pour agiter la carotte et accroître la pression, aux dépens des conditions de vie de chacun. De cette concurrence accrue entre travailleurs, il s’ensuit, comme l’écrivait Karl Marx à propos du salaire aux pièces, « une élévation de salaires individuels au- dessus du niveau général qui est accompagnée d’une dépression de ce niveau lui-même ».

Le capitalisme use toujours des mêmes méthodes de division. Les travailleurs doivent lui opposer la solidarité entre exploités, l’organisation et la mobilisation pour imposer que les salaires augmentent en suivant la hausse des prix.

                                                       Jean Sanday (Lutte ouvrière n°2998)