Pahlavi,
tel père, tel fils
Depuis le début de la révolte en
cours, Reza Pahlavi, le fils du chah (le roi en persan) déchu en 1979, cherche
à sortir de son exil doré aux États-Unis pour se poser en alternative au régime
des mollahs en Iran. Des médias montrent des manifestants brandissant son
portrait, reprenant le slogan « Pahlavi, reviens ».
Publié le 14/01/2026
Certaines de ces images sont
truquées et diffusées par les réseaux pro-américains et pro-israéliens. Si le
chah a incontestablement des partisans, c’est d’abord dans la diaspora
iranienne. Si, faute d’autre alternative à la dictature, une partie de la
population se tourne vers cette solution, jusqu’à récemment le fils du chah
avait bien peu de soutien. Et pour cause.
La monarchie des Pahlavi était un
régime au service de l’impérialisme. Le père de Reza Pahlavi est arrivé au
pouvoir pendant la Deuxième Guerre mondiale alors que les États-Unis et la
Grande-Bretagne se partageaient les ressources pétrolières. Quand, en 1953, son
Premier ministre libéral Mossadegh voulut nationaliser le pétrole, la CIA
organisa un coup d’État contre lui, avec le soutien du chah, mettant hors jeu
les nationalistes qui s’en prenaient aux intérêts américains. Le régime du chah
fut pendant plusieurs décennies le principal gendarme des USA au Moyen-Orient,
plus encore qu’Israël, disposant d’une armée équipée de matériel américain.
Cette monarchie se voulait
moderniste mais les opposants politiques étaient pourchassés, disparaissaient
sans laisser de trace et subissaient les tortures de la Savak, la police
politique réputée dans le monde entier pour sa sauvagerie. Les militants des
organisations ouvrières, socialistes ou communistes, nombreuses en Iran, en
étaient les premières victimes. La Savak terrorisait la population, au point
qu’il n’était pas imaginable de plaisanter sur le régime sans craindre une
dénonciation.
En parlant d’une « révolution
blanche », le régime modernisa le pays, développant l’industrie pour le bénéfice
des capitalistes occidentaux, exploitant durement les travailleurs et creusant
les inégalités. Ainsi, en 1971, pour célébrer les 2 500 ans de l’empire
perse sur le site de l’antique capitale, Persépolis, le chah fit amener au
milieu du désert des fontaines, des fleurs venues par avion de Hollande, 25
000 bouteilles de vin, 150 kg de caviar, pour accueillir les chefs
d’État du monde entier. Les pauvres, eux, étaient évacués à des dizaines de
kilomètres pour que leur terrible misère ne trouble pas la vue des invités à
cette fête.
La dictature proaméricaine du
chah a fini par dresser contre elle toute la population, des ouvriers aux
commerçants en passant par les petits paysans et les pauvres des villes et
toutes les organisations politiques, des partis de gauche aux partisans de
l’ayatollah Khomeiny. En 1979, la monarchie fut donc renversée par une profonde
révolte populaire. Cependant, celle-ci fut canalisée par les hommes de
Khomeiny, avec la complicité des dirigeants impérialistes, qui l’aidèrent à
revenir d’exil, et celle des dirigeants des partis de gauche, qui le
présentèrent aux masses comme l’homme auquel elles devaient faire confiance.
Celui qui se présente aujourd’hui
comme une alternative est l’héritier de cette monarchie, profondément
inégalitaire, agent dévoué de l’impérialisme, féroce avec ses opposants. Reza
Pahlavi, grandi en exil entre les États-Unis et la Suisse, n’a jamais renié cet
héritage. Il trouve des soutiens parmi l’extrême droite du monde entier. Si
Trump, prudent, marque encore ses distances, Pahlavi est soutenu par
Netanyahou, le massacreur des Palestiniens, qui met à sa disposition ses moyens
d’État pour le promouvoir.
Un retour de la dynastie Pahlavi
au pouvoir ne pourrait qu’aboutir à une nouvelle dictature tout aussi féroce
contre les exploités et au service de l’impérialisme. Ceux qui, en Iran, crient
des slogans hostiles au chah comme aux mollahs, en ont bien conscience.
Élise Patach (Lutte ouvrière
n°2998)
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à
Argenteuil et la région :
-Aujourd’hui vendredi 16 janvier : de 16 h. à 16
h.30 au marché du Val ; (sous
réserve)
Et au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18
h.15. ;
-samedi 17 janvier, de 10 h.25 à 10 h.55 devant
Monoprix ;
-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité
Joliot-Curie ;
De 11 heures à midi au marché de la Colonie ;
-dimanche 18 janvier, de 10 h.25 à 10 h.55 devant
l’Intermarché du Centre ;
-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;
-lundi 19 janvier, de 18 h. à 19 heures, centre
commercial, cité des
Raguenets, St-Gratien.