Iran :
des années de révolte
La révolte en cours montre une
nouvelle fois la détermination de la population iranienne face à un régime
corrompu, réactionnaire et dictatorial qui la plonge dans la misère et le
dénuement tout en la privant de liberté.
Publié le 14/01/2026
Le mouvement actuel est le
cinquième depuis 2009. Cette année-là, la réélection frauduleuse du
conservateur Ahmadinejad face au réformateur Moussavi, représentant une
fraction concurrente du régime, avait poussé la petite bourgeoisie urbaine dans
les rues avec des slogans sur la liberté. Si les classes populaires ne
s’étaient alors pas mobilisées, ce fut l’inverse à l’hiver 2017-2018 puis
encore en novembre 2019, lors de révoltes contre la vie chère et
l’augmentation du prix de l’essence, du gaz, des œufs et autres produits de
première nécessité qui entraînèrent la population des villes moyennes,
longtemps acquises au régime. Enfin en 2022, l’assassinat de Mahsa Amini par la
police des mœurs a déclenché la révolte « femme-vie- liberté » dont la jeunesse
de tout le pays a été le fer de lance mais qui a trouvé le soutien et la
compréhension d’une large partie de la population.
Si chacun de ces mouvements a
fini par être brisé, au prix de milliers de morts, de dizaines de milliers
d’arrestations, de condamnations à des années de prison et souvent à la peine
capitale, cette répression n’a pas empêché que d’autres éclatent. Entre deux
vagues, les luttes des travailleurs, dont le moindre combat sur le terrain
économique devient politique parce qu’il se heurte aux dignitaires du régime,
n’ont jamais cessé. Dans le secteur pétrolier, les transports, la production
sucrière, la santé, l’enseignement, des salariés se sont battus pour sauver
leurs emplois, obtenir leur titularisation ou simplement toucher leur salaire ;
des petits producteurs ont dénoncé les voleurs d’eau, industriels ou gros
propriétaires terriens, qui détournent des rivières jusqu’à les assécher.
Le mouvement en cours semble
entraîner toutes les catégories. On voit y participer des jeunes de Téhéran
tout comme des femmes âgées voilées dans de petites villes de province. Poussés
à bout par les privations, la faim, les salaires impayés, les menaces de
faillite, le népotisme, l’arbitraire des autorités ou simplement l’absence de
liberté et l’avenir bouché, beaucoup se montrent prêts à risquer leur vie ou
leur liberté pour que cela cesse. Le mouvement mobilise aussi les travailleurs
de grands centres industriels, ceux d’Arak, d’Ispahan, du Khouzestan, qui ont
plusieurs fois montré leur capacité à s’organiser et dont certains semblent
avoir lancé des appels aux soldats pour « qu’ils ne soient pas les assassins
de leurs pères ».
Cette combativité renouvelée ne
peut que forcer le respect. Elle montre que si réactionnaire et répressive
soit-elle, une dictature ne peut jamais empêcher la révolte.
On ne peut que souhaiter que le
régime tombe au plus vite mais aussi que les leçons du passé soient tirées.
Pour qu’une révolution aboutisse et apporte un changement positif aux masses,
il est vital qu’elles gardent elles-mêmes la direction de leurs combats. La
classe ouvrière d’Iran, grâce à sa concentration, son rôle au cœur de la
production et de l’extraction pétrolière et sa capacité à s’organiser, peut et
doit en prendre la tête.
Xavier Lachau (Lutte ouvrière
n°2998)
Les prochaines permanences et
rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :
-vendredi 16 janvier : de 16 h.
à 16 h.30 au marché du Val ; (sous
réserve)
Et au carrefour Babou du Centre, de
17h.15 à 18 h.15. ;
-samedi 17 janvier, de 10 h.25 à 10
h.55 devant Monoprix ;
-de 10 h.30 à midi, centre
commercial de la cité Joliot-Curie ;
De 11 heures à midi au marché de la
Colonie ;
-dimanche 18 janvier, de 10 h.25 à
10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;
-et de 11 h. à midi au marché
Héloïse ;
-lundi 19 janvier, de 18 h. à 19
heures, centre commercial, cité des
Raguenets, St-Gratien.