mardi 16 décembre 2025

Portugal : le succès de la grève générale du 11 décembre

Viva a greve dos trabalhadoras !

 

 

Le 11 décembre, le Portugal a connu sa plus grande grève depuis douze ans. Les travailleurs des chemins de fer, des hôpitaux, du métro de Lisbonne, de l'usine Volkswagen près de Setúbal, de l'entreprise Super Bock et bien d'autres se sont mobilisés en masse contre une réforme du code du travail. Celle-ci est une attaque brutale du gouvernement de droite de Luís Montenegro pour faciliter les licenciements, flexibiliser les horaires de travail ou encore réduire le droit de grève.

         Partout, gouvernement et grand patronat, sont à l'offensive. Partout, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour se défendre et inverser le rapport de force. Cette journée de grève générale a donné un avant-goût de la force immense du monde du travail qui n'est pas condamné à subir.

 

Élevage : détourner la colère vers des voies en impasse

Tant que les capitalistes tiendront le fouet…

 

De nombreux éleveurs sont vent debout contre l’abattage des troupeaux de bovins contaminés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Cette maladie est pour beaucoup la goutte d’eau de trop, alors que bien des agriculteurs peinent à joindre les deux bouts.

         Face à leur colère, le gouvernement a envoyé les CRS, tandis que Macron a demandé à la Commission européenne un report de l’examen de l’accord entre l'UE et le Mercosur, manière de dévier sur leurs concurrents étrangers la colère des agriculteurs pour leur baisse de revenu en France.

         En fait, ces petits exploitants sont bien plus menacés par Lactalis, Carrefour ou Auchan et le Crédit agricole. En bref, par des capitalistes bien de chez nous. Libre-échange ou protectionnisme, tant que les capitalistes tiendront le fouet…

 

Allemagne : lycéens contre le service militaire

Allemagne : lycéens contre le service militaire

Vendredi 5 décembre en Allemagne, des dizaines de milliers de lycéens ont manifesté dans 90 villes contre la loi adoptée au Bundestag, le Parlement fédéral, qui réintroduit le service militaire qu’avait supprimé le gouvernement d’Angela Merkel en 2011.

Publié le 10/12/2025

Le 1er janvier 2026 entrera en vigueur une loi imposant aux jeunes hommes de 18 ans de répondre à un questionnaire « visant à déterminer leur motivation et leur aptitude à servir dans les forces armées ». Obligatoire pour les garçons, il ne sera que facultatif pour les filles. Un an et demi plus tard, une fois les « structures nécessaires » mises en place, le gouvernement estime qu’environ 300 000 jeunes concernés pourront être convoqués pour passer un examen médical, prélude à leur future incorporation. Pour leur dorer un peu la pilule, celle-ci se ferait « en priorité » près de leur domicile, et la solde allouée pour un engagement minimal de six mois se monterait au moins à 2 600 euros. Pour ceux qui s’engageraient pour un an, la solde grimperait et la formation au permis de conduire serait payée.

Le ministre social-démocrate de la Défense espère ainsi incorporer de plus en plus de jeunes, indépendamment des faiblesses matérielles et humaines au sein de l’armée, que l’état-major déplore. Il manquerait à l’effectif, selon un rapport officiel, plus de 24 000 sous-officiers et officiers, soit un cinquième de l’encadrement nécessaire.

À force de propagande guerrière, le gouvernement « noir-rouge » (CDU/CSU-SPD) de Friedrich Merz peut se targuer de bénéficier d’une certaine approbation dans l’opinion publique. Un récent sondage commandé par le groupe de presse Stern indique par exemple 54 % d’opinions favorables à un retour de la conscription. Mais il suffit de considérer les résultats par tranches d’âge pour y introduire une nuance d’importance : quand deux tiers des plus de 70 ans y sont favorables, ils ne sont qu’un tiers des 18-29 ans, ceux qui risquent d’être envoyés à la guerre !

Malgré le rappel de certains ministres régionaux concernant l’obligation scolaire et mentionnant les conséquences encourues en cas d’évaluation ratée, le 5 décembre, les lycéens ont été nombreux, à Berlin, à Cologne, Hambourg, Kiel, Munich, Leipzig, Dresde, Francfort, etc., à répondre à l’appel du collectif Schulstreik gegen Wehrpflicht, se mettant en grève scolaire contre le service militaire, avec slogans, pancartes et banderoles. Si un jeune de 16 ans, prenant la parole à Hanovre, a dit qu’il « préférait être gouverné par Poutine que d’aller à la guerre », on a pu lire et entendre de nombreuses protestations, allant des refus de servir de « chair à canon » à une banderole affichant (sans citer l’auteur) le mot d’ordre de Karl Liebknecht en 1915, « L’ennemi principal est dans notre propre pays ». On ne peut que souscrire à ce rappel. Un appel a été lancé par le collectif organisateur à une nouvelle journée de manifestations le 5 mars 2026. Pour contraindre le gouvernement Merz à remballer sa loi, il en faudra encore d’autres.

                                              Viviane Lafont (Lutte ouvrière n°2993)