Sahara occidental : l’ONU
entérine son annexion par le Maroc
Vendredi 31 octobre,
le Conseil de sécurité des Nations unies adoptait une résolution sur le Sahara
occidental validant le plan d’autonomie du territoire sous souveraineté
marocaine, sans que le peuple sahraoui ait été consulté le moins du monde.
Publié le 12/11/2025
Cette résolution,
présentée comme une victoire diplomatique de la monarchie marocaine, a été
parrainée par les États-Unis et activement défendue par la France. Elle
entérine l’accord conclu, en décembre 2020 à la fin de son premier mandat, par
Donald Trump et Mohammed VI, qui prévoit la normalisation des relations du
Maroc avec Israël, contre la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le
Sahara occidental. Cette décision a brisé le statu quo dans la région et ravivé
les tensions entre l’Algérie et le Maroc, d’autant plus qu’elle a été suivie
d’une série de revirements en faveur de la position marocaine, dont ceux de
l’Espagne, de la France et du Royaume-Uni.
Jusqu’alors ce territoire,
ex-colonie espagnole annexée en 1975 à 80 % par le Maroc, était considérée par
les Nations-Unies comme « non autonome » et à décoloniser. En 1991, après
quinze ans d’une guerre qui opposa le Maroc et le mouvement indépendantiste
sahraoui du Front Polisario, soutenu militairement par l’Algérie, le roi Hassan
II dut se résoudre à un cessez-le-feu et accepter le principe d’un référendum
d’autodétermination. Mais depuis, il n’a cessé de manœuvrer pour en empêcher la
tenue.
Sur le terrain, la mission
des Nations- Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental
(Minurso,) s’est révélée impuissante. Elle n’a pas empêché la poursuite de
l’annexion de 80 % du territoire qui comprend sa façade atlantique, plus riche.
Le Maroc put en toute tranquillité construire un mur de 2 700 km qui coupe
le territoire en deux, et ainsi exploiter à sa guise des eaux poissonneuses,
des minerais précieux et les gisements de phosphates les plus importants du
monde. Pour rendre l’annexion irréversible et diluer le poids numérique des
Sahraouis, les 200 000 soldats qui occupaient le Sahara ont été rejoints
par 200 000 colons incités financièrement à s’installer.
Aujourd’hui, des grands
groupes du monde entier affluent pour exploiter des richesses du sous-sol et
investir dans l’éolien, le solaire, l’électrification ou l’agriculture !
Laâyoune, la capitale avec ses constructions modernes, est devenue une vitrine
du développement sous l’égide du Maroc, et le complexe portuaire Dakhla
Atlantique est présenté comme le futur « hub » de l’Ouest de l’Afrique. Si,
dans cette partie annexée, l’essor économique a pu offrir quelques emplois aux
Sahraouis, il a d’abord profité aux capitalistes étrangers, aux affairistes
marocains et aussi aux notables sahraouis, au mépris du peuple sahraoui dont
les droits sont piétinés. En même temps, les 170 000 réfugiés des camps de
Tindouf en Algérie vivent difficilement d’une aide alimentaire internationale
toujours en baisse.
Plus au nord, le littoral
marocain est doté d’infrastructures modernes, mais derrière se cachent la
pauvreté, un taux d’analphabétisme de 30 %, un système de santé et des écoles
délabrées. C’est contre les inégalités sociales, la corruption, que la jeunesse
marocaine vient de se révolter, ce pourquoi elle a été brutalement réprimée.
D’un bout à l’autre du
Maghreb, les classes populaires souffrent des mêmes maux, du même mépris. La
lutte du peuple sahraoui pour décider de son propre sort doit trouver sa place
dans celle de toutes les unions des classes opprimées du Maghreb contre leurs
oppresseurs.
Leïla Wahda (Lutte ouvrière n°2989)