mardi 14 octobre 2025

Malades souffrant de la maladie d’Alzheimer : Des malades et leur famille livrés à eux-mêmes

Des malades et leur famille livrés à eux-mêmes

Des dizaines de milliers de malades, souffrant de la maladie d’Alzheimer ou d’autres pathologies entraînant une perte de leur autonomie, se retrouvent contraints d’abandonner leur domicile.

Publié le 08/10/2025

Ces malades sont placés dans des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Mais il y a très loin de l’intitulé à la réalité vécue par ces patients et leur famille.

On pourrait penser que cela entre dans le cadre d’une prise en charge médicale. Or, pour l’essentiel, ce n’est pas le cas. La Sécurité sociale ne prend pas en charge la dépendance, hormis des soins ponctuels. Seuls 13 % des Ehpad ont un service spécialisé pour les malades d’Alzheimer et seulement 10 % pour les Ehpad à but lucratif. Et, de toute façon, ces services sont loin de correspondre aux nécessités réelles. Les établissements proches des hôpitaux qui reçoivent des groupes de malades d’Alzheimer en hôpital de jour, pour améliorer leur état, doivent mobiliser pendant une journée, indépendamment de la restauration, au moins quatre soignants pour un maximum de 10 à 15 patients.

Pour l’essentiel, les patients ou leur famille supportent des frais d’hébergement qui étaient en moyenne, lors de la dernière évaluation officielle, de 2 500 euros par mois en province et de 3 200 euros en région parisienne. Les frais liés à la prise en charge de la dépendance s’élèvent, eux, de 5 à 20 euros par jour.

Il est scandaleux que la prise en charge des patients se retrouvant en Ehpad soit pour une bonne part à leur charge et à celle de leur famille. Ceux qui bénéficient d’une retraite confortable de 5 000 euros ou plus, ou dont la famille en a les moyens, peuvent aborder ces situations sans trop d’angoisse financière. Ce n’est pas le cas de tous les autres, c’est-à-dire de l’immense majorité de la population.

En effet, ceux-là, n’ont que la possibilité de faire appel à l’ASH, l’aide sociale à l’hébergement, qui a été confiée aux départements. D’entrée, seuls 44 % des Ehpad à but lucratif acceptent des patients bénéficiant de cette aide. Il s’agit d’une avance qui entraîne, si elle est accordée, la saisie de la retraite des intéressés jusqu’à ne leur laisser que 10 % de son montant, avec quand même un minimum de 124 euros. De plus, quand cette aide à l’hébergement est demandée, ses bénéficiaires sont astreints, s’ils sont propriétaires d’une maison ou d’un logement, de signer une hypothèque au bénéfice de l’État ou du département. Ainsi ceux-ci sont autorisés, au décès de l’intéressé, à vendre ce bien pour récupérer les sommes avancées au titre de l’ASH. Ce qui peut avoir des conséquences désastreuses pour le conjoint ou la compagne qui y vivent.

Voilà comment l’État se défausse de la prise en charge des malades d’Alzheimer et d’autres affections graves qui entraînent une perte d’autonomie.

                                                                         P. S. (Lutte ouvrière n°2984)

 

AESH : des licenciements scandaleux

 

Corvéables et soumis ? Pas question !

 

 

L’académie de Rennes a licencié début octobre 25 AESH, qui accompagnent les enfants en situation de handicap. Leur faute : avoir refusé d’élargir encore le périmètre où on peut leur demander d’intervenir. Ces travailleuses refusent de s’occuper de toujours plus d’enfants, d’être envoyées toujours plus loin, avec les dépenses d’essence qui vont avec, le tout pour un salaire qui n’atteint souvent pas les mille euros. Comble du cynisme, un mois après la rentrée, il y avait toujours plus de 1 500 élèves en situation de handicap dans le département d’Ille-et-Vilaine qui attendaient une AESH…

         L’État, comme n’importe quel patron, attend que les travailleurs qu’il emploie soient corvéables et soumis. Satisfaire les besoins des enfants en situation de handicap est le cadet de ses soucis.

Argenteuil, risques environnementaux, les plus modestes aux premières loges… sur les deux rives

 

La maîtrise des aménagements, un aspect du socialisme

 

Port de Gennevilliers (merci Wikipédia) 

Il a beaucoup été question de risques environnementaux lors du dernier conseil municipal d’Argenteuil mardi dernier. Ancien espace Pirelli du Val-Notre-Dame, réaménagement de la déchetterie, espace de transbordement dans le port de Gennevilliers de pétrole brut sur des barges pour les diriger vers la Basse-Seine…

         Ancienne région industrielle, les risques environnementaux ont marqué cette partie de la Région parisienne. Cela a été renforcé par l’aménagement du complexe portuaire de Gennevilliers. La population de la région subit en conséquence une pollution très importante, faisant de cet espace un espace de pollution majeur.

         La conclusion évidente serait de se dire : stop, la coupe est pleine ! Mais ce n’est pas ainsi que cela se passe sous le capitalisme. Pour celui-ci, dans l’aménagement de l’espace dominent des intérêts privés, l’inégalité de fait, et derrière les apparences de ce que l’on veut bien divulguer, le secret.

         En revanche, la conclusion que la population devrait tirer de cette situation serait la liquidation de cet état de fait pour imposer des choix d’investissement dans la transparence, dans l’égalité des risques. Cela s’appelle maîtriser le fonctionnement de la société, le socialisme.

         En attendant, à défaut, pour n’en rester qu’aux sujets débattus lors du dernier conseil municipal, la santé et le bien-être des habitants subissent des conséquences désastreuses.

         Et sur ce plan, habitants d’Argenteuil, de Gennevilliers, ou des alentours, nous sommes tous dans la même galère, en l’occurrence, pour sourire malgré tout un peu, dans la même péniche. DM