lundi 13 octobre 2025

Gaza : quel avenir ?

 

Du répit, mais aucun problème de fond n’est réglé

 

 

Les bombes israéliennes ont cessé de tomber à Gaza. Au moins provisoirement. Un accord a été conclu selon lequel les premières étapes sont l’échange de prisonniers entre le Hamas et Israël.

         Dès le calme revenu, de très nombreux gazaouis ont entrepris une marche pour retourner chez eux, ou plutôt vers les ruines de ce qui était leur foyer.

         Il est bien difficile de savoir si la situation s’améliorera réellement pour les Gazaouis, tant le cessez-le-feu est fragile entre un Hamas acculé et un État israélien surarmé.

         Aucun des problèmes de fond qui rendent impossible la vie des peuples du Moyen-Orient n’est réglé et ne le sera tant que les puissances impérialistes, États-Unis en tête, domineront cette région.

À gauche : prêts à servir le capital

 À gauche : prêts à servir le capital

Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, l’a de nouveau affirmé : il répondra « positivement » si le PS est appelé à Matignon.

Publié le 08/10/2025

Cette option a semblé se rapprocher depuis que, le 7 octobre au soir, Élisabeth Borne a suggéré, dans les colonnes du Parisien, la « suspension » de la réforme des retraites qu’elle avait pilotée. C’est en effet la condition avancée par le PS pour sa collaboration à l’éventuel nouveau gouvernement.

« Il y a une sortie de crise possible, c’est qu’enfin, monsieur Macron nomme un Premier ministre de gauche, qu’il permette à des responsables de gauche de mettre en place des mesures qui répondent aux besoins des Français », a ajouté Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste français.

Le 7 octobre, après une première réunion regroupant Les Écologistes et La France insoumise, mais sans le PS ni le PCF, une autre débutait. Cette fois sans LFI, cette réunion regroupait le Parti socialiste, Les Écologistes et le PC. En fait, tous les partis de gauche se proposent depuis des mois pour gouverner. Si, à la différence du PS, le parti de Mélenchon appelle à la dissolution et à la démission de Macron et ne propose pas ses services tout de suite, c’est en espérant être dans une meilleure situation plus tard pour parvenir au gouvernement.

En réalité, tous ces responsables politiques de gauche proposent un plat agrémenté de promesses de justice sociale que les travailleurs ont déjà goûté. Fabien Roussel, partisan d’un gouvernement de coalition, propose par exemple une baisse de la CSG pour augmenter le pouvoir d’achat, « sans pénaliser » les entreprises, précise-t-il. C’est avouer qu’il n’a aucunement l’intention de s’en prendre aux profits des patrons.

Comment croire que ces partis de la gauche officielle mèneraient une politique différente de celle de la droite et de Macron alors qu’ils ne l’ont pas fait lorsqu’ils étaient au gouvernement, avec un président issu de leurs rangs et la majorité à l’Assemblée ? Sous Mitterrand, ils ont imposé le blocage des salaires, et les licenciements dans les entreprises nationalisées. Le gouvernement Rocard a institué de nouveaux impôts, comme la CSG et la CRDS. Celui de Jospin a lancé une vague de privatisations. Le président Hollande a décidé des aides au capital, lui qui s’était déclaré l’ennemi de la finance.

Les dirigeants de la gauche voudraient bien pouvoir remettre en marche une machine à illusions dont on a vu les effets. Les espoirs que nombre de travailleurs avaient mis en eux et qu’ils ont trahis ont entraîné leur démoralisation et favorisé ainsi la montée de l’extrême droite. Mais cette expérience est là, et beaucoup ne l’ont pas oubliée.

Il n’y a pas de sauveur suprême, comme le dit L’Internationale, le chant des travailleurs. Ceux-ci doivent refuser de confier leur sort à des partis de gouvernement qui, de la gauche au RN, se prosternent devant la loi du profit et qui, une fois au pouvoir, servent le grand capital.

                                                              Aline Retesse (Lutte ouvrière n°2984)

Associations : ras-le-bol

 

La priorité de l’aide… aux capitalistes

 

 

Le mouvement associatif s’est mobilisé samedi pour alerter sur la baisse généralisée de ses subventions publiques, qu’elles proviennent de l’État ou des régions et départements. Ces associations agissent dans le domaine culturel, sportif, médico-social et jouent donc un rôle essentiel, notamment dans les quartiers populaires.

         Mais pour les pouvoirs publics, et l’État en premier, l’argent public doit servir en priorité à aider les entreprises à faire du profit et à financer l’armement.

Argenteuil, Val-Notre-Dame, Les Coteaux, la guerre entre quartiers n’aura pas lieu.

Cela dit, un lapsus très révélateur

 

 

Pour que des habitants m’ait communiqué l’affaire, c’est qu’ils l’ont vraiment mal vécue. Sur le tract d’invitation à la dernière visite municipale de quartier du Val-Notre-Dame, il est écrit : « participons ensemble à l’amélioration du cadre de vie des Coteaux ». Vous avez bien lu : « des Coteaux ».

         Pourtant, s’il y a un quartier qui est bien aux antipodes de celui du Val-Notre-Dame, c’est bien celui où résident à flanc de colline un certain nombre des édiles de la Ville, et non des moindres.

         Nous n’avons personnellement vraiment rien à l’encontre des habitants des Coteaux. Rarissimes sont parmi eux ceux qui sont des bourgeois, et ce n’est pas un hasard si une fois tous les quinze jours je vais au marché des Coteaux vendre la presse révolutionnaire Lutte ouvrière.

         Mais tout de même. Le maire d’Argenteuil qui signait le tract d’invitation ne l’a pas relu ?

         Certes, c’est un lapsus, mais il n’y a pas loin à penser que, quand il évoque les autres quartiers de la Ville, il ne peut s’empêcher d’avoir en tête son quartier chéri.

         En tout cas, les habitants de celui du Val n’ont vraiment pas apprécié. DM

 

dimanche 12 octobre 2025

Deux ans après le 7 octobre : Israéliens et Palestiniens dans une double impasse

 Deux ans après le 7 octobre : Israéliens et Palestiniens dans une double impasse

Deux ans ont passé depuis que, le 7 octobre 2023, plusieurs milliers de combattants du Hamas et d’autres groupes palestiniens sont parvenus à percer la barrière de sécurité réputée infranchissable érigée par Israël le long de la bande de Gaza, attaquant les bases militaires et les Israéliens qu’ils rencontraient.

Publié le 08/10/2025

Plus de 1 200 personnes, en majorité des civils, ont été tuées ce jour-là, ce qui en fait l’attentat le plus meurtrier commis en Israël. 251 personnes ont été enlevées, 47 seraient toujours otages à Gaza, dont 25 que l’armée estime mortes. Au moment de cette attaque, bien des Palestiniens, à Gaza, en Cisjordanie et dans les camps de réfugiés des pays arabes, se sont sentis vengés de l’oppression et du mépris dont ils étaient l’objet depuis des années par l’État d’Israël. C’était oublier qu’en s’attaquant ainsi au hasard à des hommes, des femmes et des enfants, le Hamas recourait aux mêmes moyens que ceux utilisés par les dirigeants israéliens à l’égard des Palestiniens. Il montrait aussi combien il se souciait peu des conséquences pour son propre peuple, car il était prévisible que cette action serait suivie d’une riposte israélienne de grande ampleur.

L’attentat du 7 octobre donnait en effet au gouvernement Netanyahou le moyen de refaire l’unité nationale derrière lui, alors qu’il était largement contesté, confronté depuis des mois à une forte mobilisation contre un projet de réforme judiciaire. Exploitant le traumatisme provoqué au sein de la population israélienne, Netanyahou a pu se lancer dans une guerre qui est devenue une entreprise d’extermination des habitants de Gaza. Après deux ans de bombardements, de blocus, de massacres aveugles, le territoire de Gaza a été réduit à un véritable champ de ruines, des villes entières ont été totalement rasées, plus de 90 % des logements ont été détruits, le système de santé s’est effondré et la population meurt littéralement de faim.

Le bilan de cette guerre est à la mesure des moyens barbares employés par l’État israélien pour soumettre, voire anéantir le peuple palestinien. Mais il montre aussi l’échec des politiques menées par les organisations nationalistes palestiniennes.

L’Autorité palestinienne a été créée en 1993 par les accords d’Oslo entre les dirigeants de l’OLP et ceux d’Israël. Mais ceux-ci n’ont reconnu l’autorité de cette organisation palestinienne que pour en faire un auxiliaire de police, chargé de maintenir l’ordre contre sa propre population. Cette collaboration avec les autorités israéliennes a fait perdre progressivement à l’Autorité palestinienne l’essentiel de son crédit au sein de la population.

Quant au Hamas, en tirant des roquettes contre Israël à partir de Gaza, qu’il contrôlait depuis 2007, et en menant des attentats, dont celui du 7 octobre 2023 a été le plus spectaculaire et le plus meurtrier, il a voulu entretenir l’image d’une organisation combattante, plus radicale que l’OLP. Le but proclamé était de restaurer une Palestine « du Jourdain à la mer ». Mais ses dirigeants ont toujours su qu’ils n’avaient pas la force de mettre fin à la présence israélienne. En revanche, ils voulaient gagner de l’influence parmi les Palestiniens pour s’imposer en lieu et place de l’OLP comme un interlocuteur incontournable des dirigeants israéliens et occidentaux. Le bilan de cette politique est désastreux pour le Hamas lui-même dont on ne sait pas ce qu’il reste aujourd’hui de son appareil politique et militaire, mais surtout pour la population palestinienne, qui a payé le prix fort sur tous les plans.

En Israël, la population paye elle aussi un prix très lourd, entraînée dans un conflit dont on ne voit pas la fin. Une partie d’entre elle s’oppose à la poursuite de la guerre qui met en danger la vie des otages. Depuis des mois, des milliers d’Israéliens manifestent. Des réservistes refusent maintenant leur mobilisation. Beaucoup d’Israéliens expriment leur opposition à l’égard de Netanyahou, dont le maintien au pouvoir dépend de la poursuite de la guerre. Mais l’impasse actuelle est aussi la conséquence de la politique menée par ses prédécesseurs qui, depuis 1948, ont refusé de reconnaître les droits des Palestiniens et les ont privés de leurs biens et de leurs terres, les contraignant à vivre dans des camps de réfugiés. Aucune paix durable ne sera possible sans mettre fin à l’oppression des Palestiniens.

Quant aux organisations nationalistes palestiniennes, leur véritable objectif est de faire reconnaître leur droit à diriger un appareil d’État, ayant sa place, aussi réduite soit-elle, dans le système impérialiste. En cela ils sont les représentants d’une bourgeoisie palestinienne qui voudrait être traitée à l’égal des couches dirigeantes arabes de la région. Mais l’État israélien s’est toujours opposé à cette perspective, et il bénéficie du soutien indéfectible des grandes puissances impérialistes qui voient en lui un pilier pour leur contrôle du Moyen-Orient.

La seule issue pour les populations de la région, israélienne et arabes, est une lutte pour abattre les différents régimes qui les oppriment. Au-delà, c’est le système impérialiste qu’il faudra abattre, ce système qui, partout dans le monde, dresse les peuples les uns contre les autres pour pouvoir tous les dominer. À l’échelle du Moyen-Orient, c’est une fédération socialiste des peuples, reconnaissant à tous des droits égaux, qui leur permettra de coexister pacifiquement.

                                                          Marc Rémy (Lutte ouvrière n°2984)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui dimanche 12 octobre, de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 13 octobre, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.