vendredi 10 octobre 2025

Salariés en colère : cela finira par éclater

Carrefour Alma – Rennes : salariés en colère

Samedi 4octobre, une cinquantaine de travailleurs de l’hypermarché Carrefour Alma de Rennes ont débrayé devant la surface de vente pendant plusieurs heures.

Publié le 08/10/2025

Ils dénonçaient la politique de la direction qui, sous prétexte de chiffre d’affaires insuffisant, cherche à faire des économies par tous les bouts.

En effet, Carrefour ayant cédé la gestion du magasin à un locataire-gérant, celui-ci, pour en assurer la rentabilité, pressure toujours plus les employés. Ainsi, en milieu de semaine, il a décidé de retirer sa signature de l’accord d’entreprise qui garantissait un samedi de repos toutes les cinq semaines et le travail des jours fériés au volontariat. Par ailleurs, il veut dorénavant généraliser les coupures en milieu de journée, ce qui rallonge de fait la journée de travail. Et, cerise sur le gâteau, pour être sûr que son message soit bien reçu, il paie un « consultant » qui surveille, épie, et certains employés considèrent même qu’il les pousse à la faute afin de mieux pouvoir les licencier et faire ainsi régner un climat de peur dans l’entreprise.

Malgré cela, les salariés ne se sont pas laissé intimider et ont fait comprendre à la direction qu’ils ne se laisseront pas faire. Lors de l’assemblée générale organisée sur le piquet de grève, ils ont témoigné de la dégradation de leurs conditions de travail qui, depuis le passage en location-gérance du magasin en 2022, n’a fait que s’accélérer. À l’occasion, ils ont reçu le soutien de nombreux clients, à qui étaient distribués des tracts expliquant les raisons de ce mouvement.

À la fin du débrayage, les grévistes se sont séparés, ravis d’avoir exprimé leur mécontentement, mais aussi conscients qu’il faudra remettre ça si la direction restait sourde à leur colère.

                                                   Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2984)

 

Argenteuil, conseil municipal, marchés forains, un renouvellement qui s’enlise, des structures essentielles pourtant pour les milieux les plus modestes

Cela pourrait faire sourire si l’affaire n’était pas primordiale

 

Halle du marché de la cité Joliot-Curie

Les marchés d’Argenteuil sont gérés par une « délégation de service public ». Le gestionnaire actuel est la société Mandon.

         Au terme de la durée du contrat initiale, après mise en place d’une procédure de marché public, la reconduction ou le changement de délégataire doivent être votés en conseil municipal. Mais à Argenteuil, cela est en suspens depuis plusieurs années.

         Pour faire court, au terme d’un premier processus d'attribution, l’opération a été déclarée infructueuse. Un second a été mis en route. Rebelote, il a été à nouveau déclaré infructueux. En conséquence, un nouvel avenant prolongeant la délégation pour la fin 2026 a été voté mardi soir en conseil municipal !

         Le hic est apparemment que le prochain délégataire devrait véritablement non seulement s'engager à entretenir correctement les sites et le fonctionnement des marchés, mais assumer le coût d’une rénovation profonde de la halle Héloïse.

         Si les milieux quelque peu aisés de la Ville aiment bien les marchés des Coteaux et de la Colonie, c’est à une autre nécessité bien plus profonde que répondent les marchés Héloïse, des Champioux, et de la cité Joliot-Curie. Ces derniers sont vitaux pour les milieux populaires de la commune et d’ailleurs.

         Mardi soir, la municipalité comme ses opposants n’a pas été avare au niveau de la déclaration de son attachement à l’ensemble des marchés. Dans la réalité, si elle s’y rendait régulièrement et en nombre, elle se rendrait compte qu’il y a urgence à régler nombre de problèmes laissés de côté par le délégataire, et cela depuis des années et des années. DM

 

Argenteuil, santé mentale, une belle initiative aujourd'hui à l’hôpital de la Ville

 

Une priorité prioritaire

 


 

La santé de tous devrait être la priorité des priorités publiques. La santé mentale tout particulièrement, qui concerne une très grande partie de la population, à un moment ou à un autre de la vie. Enfants et adolescents devraient être l’objet de toutes les attentions pour découvrir de façon précoce les soucis et les moyens de les résoudre, ou en tout cas, d’accompagner ces plus fragiles.

         Dans les faits, la santé mentale occupe une place marginale dans les préoccupations de l’État et subit les mêmes dommages que ceux de l’hôpital public.

         La 36 édition des Semaines d'information sur la santé mentale (SISM) se tient du 6 au 19 octobre 2025. Il est dommage qu’elle se chevauche ou est obscurcit par d’autres initiatives. Des évènements ont lieu à Argenteuil. Un article est à lire dans Ma Ville de ce mois d’octobre. En particulier, celui qui aura lieu aujourd'hui de 11 heures à 16 heures dans le hall du bâtiment Madeleine Brès à l’hôpital d’Argenteuil doit retenir toute notre attention. DM

jeudi 9 octobre 2025

Crise politique : un système à bout de souffle

 Crise politique : un système à bout de souffle

L’incapacité des Premiers ministres successifs nommés par Macron à former des gouvernements capables de faire voter leur budget à l’Assemblée nationale a des causes plus profondes que l’irresponsabilité des politiciens et la psyché de Macron.

Publié le 08/10/2025

 


Lecornu s’est heurté à la même quadrature du cercle que Barnier et Bayrou avant lui : l’impossibilité de trouver une majorité de députés pour le soutenir dans une Assemblée nationale coupée en trois blocs plus ou moins égaux sans aucune majorité. Formellement, cette situation résulte de la dissolution décidée par Macron en juin 2024 après la gifle électorale reçue aux Européennes. Elle résulte encore des tractations entre des partis concurrents pour réaliser des fronts d’une sorte ou d’une autre, le NFP à gauche avant les élections, le front républicain entre la gauche et les macronistes contre le RN entre les deux tours.

Pourtant, la plupart des partis représentés au Parlement ont déjà gouverné ensemble, dans des coalitions ou sous forme de cohabitation. Des macronistes ont commencé leur carrière au PS comme Borne et d’autres chez LR, comme Lecornu. LR reprend le programme du RN et ses cadres passent régulièrement au RN. Des insoumis viennent du PS ou des Verts. Et si le torchon brûle aujourd’hui entre le PS et LFI, si le PS fait des offres de service à Macron tandis que LFI appelle à sa démission, les députés des deux partis se sont fait élire ensemble sur un même programme.

Quand ils ont exercé le pouvoir, ces partis ont tous mené la politique exigée par le grand patronat dans cette période de crise économique. Les uns ont complété les lois initiées par les autres, comme les réformes successives des retraites imposées depuis 2003, qui ont progressivement porté l’âge de départ de 60 à 64 ans tandis que le montant des pensions était réduit. Tous ont arrosé le grand patronat d’argent public, se contentant de changer le prétexte et le nom du dispositif. Tous ont apporté leur contribution aux attaques anti- ouvrières, à la généralisation de la précarité, à la démolition du code du travail, sous l’égide de Bertrand, El Khomri ou Borne. Tous ont laissé le patronat licencier à sa guise, ruinant des régions entières.

Au fond, les partis qui ont alterné au pouvoir pendant des décennies, de droite et de gauche, se sont discrédités auprès de leurs électeurs précisément parce qu’ils ont mené cette politique contre les classes populaires. En prenant leur relais, les macronistes, qui prétendaient dépasser ce clivage, se sont usés encore plus rapidement, plongeant le système parlementaire dans une crise sans fin.

Ce ne sont pas leurs convictions qui empêchent les différents partis de former une grande coalition pour mettre en œuvre, ensemble, la politique réclamée par la bourgeoisie, ce que déplorent les commentateurs qui comparent avec la situation dans d’autres pays et ce que dénoncent les représentants du patronat qui traitent ces chefs de partis d’irresponsables. Ce qui les en empêche, ce sont les calculs à court terme des uns et des autres, leurs rivalités dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027, de possibles élections législatives anticipées ou des prochaines élections municipales.

Car dans un système parlementaire, pour qu’une écurie politicienne puisse remplacer sans à-coup celle qui s’est usée au pouvoir, il faut que les partis en lice puissent promettre autre chose que « du sang et des larmes » à leurs électeurs avec une certaine crédibilité. Dans une époque de crise, de guerre commerciale et de marche à la guerre, c’est bien cette démocratie bourgeoise qui atteint une nouvelle fois ses limites, parce que la bourgeoisie elle- même est de plus en plus incapable de diriger la société.

                                                           Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2984)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-vendredi 10 octobre :

-de 16 h. à 16 h.30, marché du quartier du Val-Nord ;

-puis carrefour Babou, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 11 octobre, de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 12 octobre, de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 13 octobre, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.