Plan
d’austérité : l’espoir n’est pas au Parlement !
En annonçant qu’il soumettrait,
le 8 septembre, l’avenir de son gouvernement au vote des députés, Bayrou a
surpris son monde. En ouvrant la porte à son éviction de Matignon, plutôt que
d’attendre une censure portée par LFI ou le RN, il veut limiter la contestation
de son plan d’austérité au terrain parlementaire.
Publié le 27/08/2025
Immédiatement, les partis de
l’opposition, le RN et tous ceux de gauche, y compris le PS, qui se veut
responsable et qui avait permis à Bayrou d’arriver à Matignon il y a huit mois,
ont annoncé qu’ils refuseraient la confiance. Marine Le Pen a, en outre,
appelé de ses vœux la dissolution de l’Assemblée nationale, tandis que Jean-Luc
Mélenchon a réclamé la démission de Macron, qu’il rend seul responsable du
chaos. L’une et l’autre réclament de nouvelles élections, législatives et
présidentielle, que chacun espère évidemment remporter, en prétendant qu’au
pouvoir elle ou il fera mieux que Macron et Bayrou. Ils sont tous d’accord pour
faire croire que le sort des travailleurs se joue sur ce terrain.
Tous ceux que la morgue et le
mépris de Bayrou font enrager se réjouiront s’il est renvoyé. Mais l’ensemble
des menaces qui visent les travailleurs, à commencer par le plan d’austérité
qu’il veut nous faire avaler, lui, demeurera. Quels que soient les prochains
Premiers ministres, ils auront la même feuille de route : faire des économies
sur le dos des travailleurs pour continuer à subventionner les capitalistes et
les grandes fortunes. Et si la crise politique oblige Macron à dissoudre, voire
à démissionner lui-même, il serait illusoire et inconscient d’espérer qu’un nouveau
Parlement ou un nouveau président mènerait une autre politique.
Dans l’opposition, les partis de
gauche affirment qu’ils taxeront davantage les riches, comme Hollande qui
affirmait en 2012 : « Mon ennemi c’est la finance », et qu’ils
proposeront un budget plus juste. Le RN parle également d’un budget plus juste,
en ajoutant qu’il taxera les étrangers et réservera les prestations aux seuls
Français. Mais, au pouvoir, les uns et les autres se mettront entièrement au
service des capitalistes. De Mélenchon à Le Pen, ils n’ont que « les
intérêts de la France » à la bouche, ce qui signifie « les intérêts de la
bourgeoisie française ». Jamais ils ne remettent en question le pouvoir des
capitalistes sur nos vies.
Ils veulent se faire passer pour
les défenseurs des travailleurs mais ne veulent surtout pas que ceux-ci
prennent leur sort directement en main. Pour défendre leurs conditions
d’existence, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes, leur rôle
indispensable dans la société, leur combativité et leur capacité à s’organiser
sans s’en remettre à des politiciens bourgeois.
Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2979)