Gaza :
Netanyahou poursuit le massacre
Pendant que, le 22 juillet,
Israël bombardait à nouveau
Gaza faisant au moins 77 morts et 376 blessés, vingt-cinq pays, dont la France, signaient
une déclaration pour demander l’arrêt des
combats.
Publié le 23/07/2025

Cet appel à mettre fin à la
guerre à Gaza vient après des mois de silence complice. Dans leur déclaration,
les dirigeants des vingt-cinq pays signataires visent surtout Israël en raison
de son « modèle de distribution de l’aide [humanitaire] mis en place
[qui est] dangereux, alimente l’instabilité et prive les Gazaouis de leur
dignité humaine », en référence à la Gaza Humanitarian Foundation (GHF),
soutenue par les États-Unis et Israël. Plus de 1 000 personnes qui
tentaient d’obtenir de l’aide humanitaire ont en effet été tuées depuis la
fin de mai, selon l’ONU. Et le directeur de l’Agence des Nations unies
pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), Philippe Lazzarini, de dénoncer « le
soi-disant programme de distribution de la Gaza Humanitarian Foundation (GHF) […]
un piège sadique. Les tireurs d’élite ouvrent le feu au hasard sur les
foules, comme s’ils avaient un permis de tuer ». Les enfants qui ne meurent
pas sous les bombes ou du fait de ces tirs de l’armée israélienne meurent de
malnutrition. En réalité c’est toute une population qui est en train de mourir
de faim.
Non seulement cette situation
n’est qu’une partie du problème, mais elle dure en fait depuis des semaines et
des mois. Aujourd’hui, les dirigeants des vingt-cinq pays signataires de
l’appel savent évidemment qu’il sera vain, d’autant plus qu’il ne sera suivi de
leur part d’aucune action concrète. Il leur permettra seulement, sans doute, de
tenter de se défendre de l’accusation de complicité de génocide. En effet, du
côté de Netanyahou, la perspective reste de continuer la guerre et de tuer le
plus de Palestiniens possible. Le 21 juillet, pendant que des dirigeants
de ces différents États l’exhortaient à cesser cette guerre, l’armée
israélienne lançait une offensive terrestre à Deir al-Balah, dans le centre de
la petite enclave palestinienne, où se trouvaient ce jour-là entre 50 000 et 80 000
personnes, selon le Bureau des affaires humanitaires des Nations unies.
Dans la même semaine, le
directeur des services de renseignements israéliens du Mossad, David Barnea, se
rendait à Washington pour obtenir de l’administration américaine une aide pour
organiser le départ forcé de Palestiniens hors de Gaza. Les dirigeants
israéliens, derrière Netanyahou, ont toujours en tête le projet de déplacer de
force des centaines de milliers de Gazaouis dans des pays étrangers. Crimes de
guerre, génocide, épuration ethnique, rien ne les arrête, tout comme cela
n’arrête pas le dirigeant de la première puissance mondiale, Donald Trump.
En fait, non seulement les
États-Unis, mais les autres grandes puissances également, sont responsables de
l’impasse sanglante dans laquelle se retrouvent les peuples de la région, y
compris le peuple israélien. Ce sont elles qui les ont dressés les uns contre
les autres et qui ont appuyé et armé l’État israélien, gendarme de l’ordre
impérialiste au Moyen-Orient. Une véritable paix ne pourra se faire que contre
elles.
A. R. (Lutte
ouvrière n°2973)