Maroc :
licenciements dans les centres d’appels
Les 80 employés, dont de
nombreux immigrés subsahariens, du centre d’appels Paul & José, en plein
centre de Casablanca, ont découvert les portes de leurs locaux fermées au
retour du pont du 8 mai.
Publié le 16/07/2025
Le patron avait préparé son coup
et fait mine d’offrir le vendredi pour en fait déménager en catimini. Les
salariés n’ont rien retrouvé, « même pas un stylo ». Depuis des mois les
salaires étaient en retard et ils organisaient des débrayages. Les dirigeants
ont préféré prendre la fuite.
Paul & José est une
succursale de Futur Digital, entreprise française de télémarketing, basée en
région parisienne. Elle possède un autre centre d’appels Paul & José à
Dakar, avec 150 salariés. À l’annonce de ce qui arrivait à leurs camarades
à Casablanca, ceux de Dakar ont organisé un sit-in le 21 mai,
solidaires et conscients que la même chose
peut leur arriver. Ils réclament le paiement des salaires, des primes, des
indemnités et dénoncent ces sociétés qui ferment d’un coup après s’être
enrichies en les exploitant et en profitant d’avantages fiscaux, sans donner ni
salaire ni congés.
Plus généralement, les
travailleurs des centres d’appels au Maroc s’inquiètent de la répression et des
licenciements qui se multiplient avec la crise. Au mois de mai, trois
syndicalistes de Téléperformance Maroc ont été licenciées pour avoir tenté
d’organiser les salariés des plateformes dédiées à Orange et à Zalendo qui
demandaient de meilleures conditions en période de canicule.
Les entreprises de ce secteur
exploitent en Afrique des travailleurs qualifiés parlant plusieurs langues.
Elles n’hésitent pas à s’appuyer, contre les grèves, sur des lois répressives
héritées de la colonisation, et ne respectent quant à elles aucune loi, prêtes
à disparaître dès que cela leur convient.
Louisa Guercif (Lutte ouvrière
n°2972)