dimanche 13 juillet 2025

Industrie pharmaceutique, que des rapaces. L’un d’eux, Sanofi.

Sanofi : les rapaces de l’industrie pharmaceutique

Le 1er juillet, Sanofi annonçait la vente du site de Maisons-Alfort où est fabriqué le Lovenox, un anticoagulant qui rapportait 3 milliards d’euros par an à l’échelle mondiale en 2009, mais dont le bénéfice net par action recule depuis que les brevets sont tombés.

Publié le 09/07/2025

Au mois de mars, Sanofi cédait son usine d’Amilly dans le Loiret où sont fabriqués l’Aspegic et le Kardegic, immensément connus et rentables. Fin avril, c’était le tour d’Opella, la filiale des médicaments de santé familiale d’où sortent, entre autres, les boîtes de Doliprane. Et ce ne sont que trois des récentes opérations de ce qu’on pourrait appeler « le grand ménage au bonheur des actionnaires ».

Trouver le bon terrain où faire fructifier le capital, telle est la loi du capitalisme, quel que soit le secteur. Il en est ainsi depuis la naissance du mammouth des médicaments qu’est aujourd’hui Sanofi. Tout a commencé en 1973, en pleine crise pétrolière, quand la future Elf Aquitaine, où l’État était majoritaire, cherchait où investir ses capitaux. Le travail fut confié à une dizaine de cadres. Ils choisirent le secteur de la pharmacie et fondèrent l’Omnium financier Aquitaine pour l’hygiène et la santé qui allait devenir Sanofi. Avec une première enveloppe de 500 millions de francs, ils rachetèrent des laboratoires, petits et grands, français et étrangers. Il y eut de grosses prises telle la branche vaccins de Pasteur en 1980. Et de très grosses, notamment en 1999, Synthélabo qui appartenait à L’Oréal puis, en 2004, l’OPA sur Aventis lui-même issu, entre autres, de Rhône-Poulenc et Roussel-Uclaf. Là il fallut mettre 55 milliards sur la table, 55 milliards amassés grâce aux profits rapportés par la vente de ces marchandises que sont les médicaments.

Ce furent des milliers de suppressions de postes et de licenciements. Mais bien sûr, à chaque fois, on eut droit aux déclarations vibrantes sur l’intérêt de la recherche française et la promesse que seule la santé des malades animait les intentions du laboratoire. Là où il ne s’agissait que d’amélioration du taux de profit.

Désormais et depuis des années déjà, l’amélioration du taux de profit passe par les médicaments dits innovants, issus de biotechnologies et s’adressant généralement à des maladies rares, des cancers avancés. Gros avantage pour le taux de profit, ils échappent aux règles habituelles de fixation des prix avec les autorités de santé et la Sécurité sociale. Les prix atteignent des sommets. Ainsi en est-il du Dupixent de Sanofi, prescrit contre l’asthme, vendu 1 200 euros les deux ampoules, sachant qu’il faut deux injections au départ puis une injection tous les 15 jours. C’est la Sécu qui paye et nourrit grassement Sanofi.

Le laboratoire justifie le prix au regard des coûts de la recherche et des risques encourus. Sauf que, comme tous les gros industriels de la pharmacie, Sanofi supprime ses laboratoires de recherche. Celle-ci est faite dans des milliers de petites entreprises de biotechnologie souvent construites autour d’un chercheur, ces biotechs dont des financiers lorgnent les travaux, prêts à miser si la trouvaille est prometteuse. Et quand le boulot est fait, que le médicament a montré son efficacité, le grand laboratoire achète la biotech comme Sanofi l’a fait un grand nombre de fois ces dernières années et continue à l’annoncer chaque mois.

Aujourd’hui, à l’échelle de la planète, les grands groupes pharmaceutiques se battent entre eux à coups de milliards pour dégoter la bonne biotech, acheter le bon candidat médicament, le meilleur, le plus prometteur en matière… financière !

                                                            Sophie Gargan (Lutte ouvrière n°2971)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

Aujourd’hui dimanche 13 juillet, de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;

 

Bourse : nouveau sommet, au bord du précipice

De la spéculation, des paris, et au bout ? L’effondrement…

 

 

L'entreprise américaine Nvidia, qui fabrique des puces sophistiquées, entre autres pour l'IA, vient de dépasser les 4 000 milliards de dollars de capitalisation. Elle est actuellement l'entreprise qui vaut le plus cher au monde, devant Apple et Microsoft, et dépasse à elle seule la valeur totale des actions cotées au CAC 40 français.

         Mais ces sommes mirobolantes ne sont pas tant le résultat d'une production utile record que celui de la spéculation, des paris sur lesquels est basée l'économie capitaliste. Peu importe qu’elle risque de s'effondrer à tout instant, entraînant dans sa chute la société tout entière.

 

Gaza : pendant les tractations, le massacre continue

 

Gaza : pendant les tractations, le massacre continue

La rencontre Trump-Netanyahou, du 7 au 10juillet à Washington, et la reprise des négociations entre Israël et le Hamas, le 6juillet au Qatar, ont suscité lespoir quun nouveau cessez-le-feu soit mis en œuvre à Gaza.

Publié le 09/07/2025

 

 

Trump, qui permet à Netanyahou de poursuivre son massacre de masse à Gaza en lui fournissant un indéfectible soutien militaire, s’affirme partisan d’un cessez-le-feu. Une proposition de trêve de soixante jours est en discussion à Doha sous l’égide des États-Unis. Elle prévoit la libération de tout ou partie de la vingtaine d’otages israéliens survivant encore dans Gaza en ruine, en échange de la libération de centaines de prisonniers politiques palestiniens détenus en Israël.

Mais Netanyahou et ses ministres refusent les moindres concessions exigées par le Hamas pour valider cet accord. La demande, élémentaire, de remettre sous le contrôle de l’ONU la distribution de l’aide humanitaire, seul moyen de survie pour les Gazaouis, est refusée par Israël. Depuis trois mois, cet approvisionnement est organisé par GHF (Fonds humanitaire pour Gaza), une organisation privée sous contrôle israélo-américain créée spécialement pour l’occasion. La distribution est chaotique, sous le feu des militaires israéliens, provoquant tous les jours la mort de Palestiniens qui tentent d’accéder à la précieuse nourriture. Plusieurs centaines de personnes sont mortes en venant se ravitailler. Cet approvisionnement est si aléatoire et insuffisant que la famine tue à Gaza. Les images insoutenables d’enfants squelettiques, diffusées au journal télévisé, ont donné un aperçu glaçant des souffrances endurées par les Gazaouis.

Une autre demande, formulée par le Hamas pour libérer les derniers otages, est que la trêve en cours de discussion soit suivie d’un retrait de l’armée israélienne du territoire de Gaza. Cette armée occupe actuellement 75 % du territoire, des terres agricoles, des villages et des villes entières, une zone rasée et transformée en no man’s land. Les dirigeants israéliens entendent conserver en permanence ce qu’ils appellent « une zone de sécurité » entièrement sous contrôle de leur armée, tandis que deux millions de Gazaouis, privés de tout, sont contraints de s’entasser, sous des tentes, sur quelques dizaines de kilomètres carrés.

Netanyahou et ses ministres les plus extrémistes n’ont pas renoncé au projet formulé avec cynisme par Trump en janvier dernier : déporter les Palestiniens dans des pays d’accueil pour construire une « Riviera du Moyen-Orient » sur les ruines de Gaza. À Washington, Netanyahou l’a répété : « Nous travaillons avec les États-Unis pour trouver des pays qui [pourront] offrir un meilleur avenir aux Palestiniens ». Le ministre de la Défense, lui, a proposé que 600 000 habitants soient déplacés dans « une ville humanitaire » bâtie sur les ruines de la ville de Rafah, au sud de Gaza.

Ces annonces, aussi provocantes que fumeuses, montrent que les dirigeants israéliens font tout pour empêcher le rétablissement à Gaza de quelque forme d’administration palestinienne que ce soit. Ils n’ont à ce jour d’autres projets que de prolonger les souffrances des Palestiniens pour en pousser le plus possible à l’exode. Ils n’ont guère plus de considération pour les derniers otages israéliens et leurs familles qui manifestent plusieurs fois par semaine à Tel-Aviv en réclamant « un accord global, pas un cessez-le- feu » car ils refusent la poursuite de cette guerre qui avilit la société israélienne.

Quant aux dirigeants américains, leur seule préoccupation est de garder le contrôle sur le Moyen-Orient, quel qu’en soit le prix pour les Palestiniens comme pour les autres peuples de la région.

                                                       Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2971)