vendredi 6 juin 2025

Renault CDPR – Cergy : un licenciement politique

Renault CDPR – Cergy : un licenciement politique

Au Centre de distribution des pièces de rechange de Renault (CDPR) de Cergy, dans le Val-d’Oise, un ouvrier a été licencié début mai pour avoir exprimé sa révolte face aux bombardements à Gaza.

Publié le 04/06/2025

Le CDPR est le plus grand centre de stockage de Renault en Europe. Des pièces automobiles y sont expédiées aux garagistes du monde entier. La direction reproche à l’ouvrier licencié d’avoir glissé des messages « Free Palestine » dans des colis à destination d’Israël. Pour ce motif, elle n’a pas hésité à priver de son gagne-pain un jeune ouvrier apprécié de tous, discret et toujours prêt à aider ses camarades de travail.

L’indignation face à cette sanction est d’autant plus grande qu’aux yeux de tous, « Free Palestine » n’est pas une insulte mais la reprise d’un mot d’ordre connu dans l’intention de dénoncer les massacres et la famine dont sont victimes les femmes, hommes et enfants à Gaza. Dans le passé, des messages divers, non politiques, ont déjà été glissés dans des colis mais n’ont jamais donné lieu à des sanctions sévères. Cette fois, en licenciant un ouvrier, la direction s’est placée du côté du massacreur Netanyahou et de ses soutiens, les grandes puissances dont la France, malgré les larmes de crocodile récentes versées par Macron. Et elle s’estime aussi en droit de museler l’expression politique des ouvriers.

                                                          Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2966)

 

Argenteuil, médiathèque Desnos, où en est-on ?

 

… Et comme ces problèmes ne sont jamais à Livre ouvert…

 



La médiathèque Robert Desnos si nécessaire pour les habitants et les jeunes du quartier périphérique du Val-Nord est fermée depuis deux ans, sans solution provisoire de remplacement, même partielle. La municipalité assure aujourd’hui que l’inauguration de l’édifice profondément rénové aura bien lieu fin septembre prochain. Coûte que coûte, telle est la question.

         Telle est la question, car dans la dernière liste des « décisions du maire » remise aux membres du conseil municipal (nous reviendrons sur cette question de ces « décisions » dans une prochaine brève), deux de ces décisions (voir ci-dessus) incitent fortement à penser que le « coûte que coûte » ne tiendra malheureusement pas.

         Certes, une inauguration peut avoir lieu pour que la municipalité se réjouisse… alors que l’ouverture réelle se produira bien plus tard. Rien ne peut nous étonner. Cela me rappelle la « première pierre » d’ « Argenteuil littoral », de 2017 je crois. Huit ans plus tard, on attend toujours l’inauguration et même des nouvelles précises sur le sujet. DM

Nouvelle-Calédonie : liberté pour tous les déportés !

 Nouvelle-Calédonie : liberté pour tous les déportés !

Mardi 3 juin, devant le vide du dossier, les trois juges chargés de poursuivre les sept responsables de la CCAT retenus en France ont décidé la remise en liberté de la plupart d’entre eux. Le parquet, c’est-à-dire l’État, s’acharne et fait appel.

Publié le 04/06/2025

Les trois juges ont décidé la remise en liberté de Christian Tein et de trois autres militants emprisonnés depuis près d’un an en métropole. Ils resteraient sous contrôle judiciaire, interdits de retourner en Nouvelle-Calédonie. Bien que cette libération soit l’aveu de la part des juges que le dossier est vide, ils resteraient ainsi déportés à 17 000 km de chez eux. Deux autres militantes, Frédérique Muliava et Brenda Wanabo, avaient déjà été libérées de prison en juillet mais assignées à résidence en France. Elles sont autorisées à rentrer en Nouvelle-Calédonie, toujours sous contrôle judiciaire.

Ces militants arrêtés fin juin 2024 ont été accusés de complicité de tentative de meurtre, de vol en bande organisée, de participation à une association de malfaiteurs, pas moins. En réalité, l’État français cherchait des coupables pour se dédouaner de ses propres responsabilités et des responsables à réprimer pour faire un exemple. Mais, les juges le confirment, si ces militants sont coupables d’une chose, c’est d’avoir protesté contre une mesure injuste, celle du dégel du corps électoral que préparait le gouvernement français et qui visait à satisfaire les revendications de la droite anti- indépendantiste. Ce dégel du corps électoral a été ressenti par les Kanaks comme une gifle. Encore une fois, l’État français les rendait minoritaires dans leur propre pays. Si la jeunesse kanak et océanienne s’est alors révoltée, débordant toutes les organisations, y compris les cadres prévus par la CCAT, c’est parce qu’elle était mue par une profonde colère accumulée par des décennies d’oppression sociale et raciste, à l’image de ce qu’est la société néo-calédonienne. Les militants qui sont poursuivis ont eu ce courage de rester solidaires de la jeunesse révoltée. C’est aussi cette solidarité que l’État français entend leur faire payer, et cher.

                                                       Serge Benham (Lutte ouvrière n°2966)

 

À la fête, lundi 14 heures au chapiteau Karl Marx


 

Un débat qui s’annonce passionnant avec Benoit Trépied pour son livre paru en mars « Décoloniser la Kanaky-Nouvelle-Calédonie »

RATP : pour quelques dollars de plus

 

Le transport, pas celui des voyageurs, mais de fonds dans les caisses de la RATP

 

Bon système pour ramasser de la monnaie
 

Depuis le 2 juin, le tarif des amendes dans les transports en commun d'Île-de-France a augmenté. L'amende pour non-validation du pass Navigo dans le métro ou le RER passe de 50 € à 70 €. Dans le bus ou le tramway, elle passe de 5 € à 15 €.

         La direction de la RATP prétend ainsi lutter contre la fraude. Il est assurément plus facile de contrôler les usagers que d'améliorer les conditions de transport des millions de travailleurs qui empruntent chaque jour le réseau.

jeudi 5 juin 2025

Meurtre raciste : ceux qui poussent au crime

 Meurtre raciste : ceux qui poussent au crime

Le 31 mai à Puget-sur-Argens dans le Var, Hichem Miraoui, un homme de nationalité tunisienne, a été assassiné par balle par son voisin français.

Publié le 04/06/2025 

 

Celui-ci a également blessé un homme d’origine turque. Le mobile du meurtrier ne fait pas de doute. Des vidéos à caractère raciste ont été publiées avant et après les tirs, appelant à s’en prendre aux étrangers.

Critiqué pour la lenteur de sa réaction au lendemain du meurtre d’Aboubakar Cissé, poignardé dans une mosquée à la Grand-Combe le 25avril, le ministre de lIntérieur Retailleau sest senti obligé dexprimer dès lundi 2juin sa « ferme condamnation de ce crime raciste », de présenter les condoléances du gouvernement français à la famille et d’assurer qu’un tel crime sera puni « de la peine maximale ».

Bonnes relations diplomatiques obligent, Retailleau s’est rendu le lendemain, mardi 3juin, à lambassade de Tunisie en France. Il faut bien de temps en temps, quand on est ministre, endosser le costume dhomme politique responsable et faire les déclarations de circonstance.

Avec une totale hypocrisie, Retailleau est allé jusqu’à déclarer que « le racisme, en France et ailleurs, est un poison et, on le voit bien, c’est un poison qui tue ». Mais qui donc distille ce poison raciste ? C’est le même Retailleau, en concurrence avec le RN, qui fait en permanence des discours antimusulmans qui alimentent la haine et encouragent les meurtriers.

L’avocat de la famille d’Hichem Miraoui – qui avait aussi défendu celle d’Aboubakar Cissé – a déclaré que ce meurtre est « le fruit d’une atmosphère qui existe dans le pays depuis maintenant quelques mois, quelques années, et qui se durcit chaque jour un peu plus », et « qu’on assiste à des pompiers pyromanes qui viennent éteindre le feu qu’ils ont eux-mêmes allumé. » On ne peut que partager ce jugement. Les Retailleau et autres qui agitent la prétendue menace de l’étranger sont effectivement des pyromanes, et ils ne sont pas près d’éteindre les feux de la haine raciste. C’est une arme dont ils ont besoin, non seulement pour leurs calculs électoraux de bas niveau mais parce qu’elle a une fonction : tenter de détourner la colère des classes populaires.

                                                            Aline Retesse (Lutte ouvrière n°2966)