Contre le
racisme et les divisions alimentées par la droite et l’extrême droite !
2 juin 2025
La rencontre PSG Inter Milan en
Ligue des Champions n’a, bien entendu, pas échappé à la politisation. Il y a
d’abord eu ces démonstrations de solidarité avec les Palestiniens. Par dizaines
ou par centaines, à Munich, où le match se jouait, ou à Paris, des supporters
en ont profité pour faire entendre leur révolte contre le massacre qui se
déroule à Gaza. Et ils ont eu bien raison !
Et puis, surtout, il y a eu
l’après-match. Dans une ambiance électrisée par la victoire et la liesse
collective, des incidents ont éclaté sur les Champs-Élysées et aux abords du
Parc des Princes. Les violences de quelques dizaines de jeunes crétins ont
immédiatement été montées en épingle par le ministre de l’Intérieur,
Retailleau, qui a dénoncé « les barbares qui ont envahi les rues de
Paris ».
A suivi un déluge de propos
haineux venus de la droite et de l’extrême droite assimilant, comme l’avait
fait le repris de justice Sarkozy, les jeunes des quartiers populaires à de la
racaille.
Cela fait des mois que
Retailleau, Darmanin, Le Pen et Bardella s’emparent de tout fait divers
impliquant un jeune issu de l’immigration ou un musulman pour cracher leur
venin xénophobe et rivaliser de propositions réactionnaires. Il y a une dizaine
de jours, ils ont cherché à faire peur en agitant un rapport sur les Frères
musulmans.
Eux, qui se taisent face aux
dérives des institutions catholiques comme Notre-Dame de Bétharram, deviennent
hystériques face à la religion musulmane.
Faisant l’amalgame entre islam,
islamisme et terrorisme, ils se sont tous engagés dans une surenchère contre le
voile. Les mêmes, qui avaient critiqué la proposition de Le Pen et de Bardella
d’interdire le voile dans l’espace public, sont en train de la reprendre à leur
compte sous une forme ou une autre. Et ce n’est évidemment pas le sort des
femmes qui les préoccupe ! Leur seul et unique but est de jeter la
suspicion sur tous les musulmans.
C’est aussi la spécialité des
médias du groupe Bolloré (Cnews, Europe1, JDD…) qui diffusent en boucle leur
poison raciste.
Les bas salaires, le chômage et
les fermetures d’entreprise ne sont même plus des sujets : les seuls
problèmes qui se posent sont liés aux immigrés, c’est-à-dire aux travailleuses
et aux travailleurs les plus exploités.
Et ce ne sont pas que des
mots ! Il ne se passe pas un jour sans une nouvelle mesure contre les
étrangers. Depuis que Retailleau est ministre de l’Intérieur, les démarches
pour renouveler un titre de séjour ou se faire naturaliser sont encore plus
difficiles. Face à l’impossibilité de prendre rendez-vous auprès de la
préfecture, des dizaines de milliers de travailleurs, qui étaient en règle,
sont devenus sans papiers et sans travail.
Dans cette atmosphère chauffée à
blanc, la presse relève la recrudescence des actes antisémites. Mais il y a
aussi une montée des agressions contre les musulmans.
Il y a un mois, le jeune
Aboubakar Cissé a été poignardé dans une mosquée du Gard. Et samedi
31 mai, dans le Var, un raciste a tiré sur ses voisins tunisien et turc, tuant
l’un et blessant l’autre. Le racisme et la xénophobie diffusés par les sommets
de l’État ne font pas que diviser les travailleurs, ils tuent.
Pour mesurer le danger qui nous
menace tous, il faut regarder ce qui se passe aux États-Unis. Aujourd'hui,
Trump organise des rafles de migrants qu’il déporte spectaculairement au
Salvador. Il coupe les vivres à des universités prestigieuses qui refusent de
livrer les étudiants ayant manifesté contre la guerre à Gaza. Il licencie des
dizaines de milliers de fonctionnaires, imposant un recul pour les classes
populaires américaines.
En France, aux États-Unis comme
partout, la propagande anti-immigrés sert à faire diversion et à empêcher les
travailleurs de s’en prendre aux véritables responsables des reculs de la
société, c’est-à-dire aux Trump, Macron et à leurs amis capitalistes. Elle sert
à diviser la classe ouvrière et à l’empêcher de prendre conscience de la force
qu’elle représente.
Cette montée des idées
réactionnaires, xénophobes et racistes fait partie de l’évolution chauvine et
guerrière de la société, que nous devons combattre de toutes nos forces.
L’avenir n’est pas de nous
barricader contre plus pauvres que nous, ni d’en avoir peur. Quand on est à la
merci d’un patron, quelles que soient notre origine, notre couleur de peau, nos
croyances ou nos idées, nous faisons tous partie du camp des travailleurs. Et
chacun doit prendre sa place dans le combat à mener contre l’exploitation et
pour changer la société.
Il n’y aura jamais un combattant
de trop dans le camp des travailleurs !
Nathalie Arthaud