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mardi 20 mai 2025
Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 20 mai 2025 : On ne bâtit pas un paradis sur l’enfer des autres
On ne bâtit pas un paradis sur l’enfer des autres
19/05/2025
Après avoir réduit la bande de Gaza à un champ de ruines et alors que la famine est en train de transformer des milliers d’enfants en vieillards qui n’ont plus la force ni de marcher ni de pleurer, l’armée israélienne est passée à une nouvelle phase de la guerre.
Ces derniers jours, d’intenses bombardements ont repris. Maisons, écoles, places de marché, campements de réfugiés ont été indifféremment ciblés et pilonnés, faisant plus de 460 victimes. Et ce dimanche, l’armée israélienne a lancé ses chars et ses bulldozers à la conquête terrestre du territoire palestinien.
Les opérations guerrières sont donc en train de s’intensifier. Le blocus et la famine sont utilisés comme armes de guerre. Et c’est dans ce moment tragique que l’on ose nous dire que des négociations sont en cours !
Oui, parallèlement au massacre, des pourparlers pour une trêve et peut-être même pour mettre la fin à la guerre seraient en cours. Eh bien, on voit que les négociateurs à Dubaï ou au Qatar ne se pressent pas ! Ils ne sont pas sous les bombes. Les Gazaouis, eux, n’ont pas leur mot à dire, et ils ne peuvent négocier ni avec les bombes, ni avec la faim.
Si Netanyahou et le Hamas finissent par signer une trêve et s’engagent dans un processus de fin de guerre, cela ne sonnera pas la fin du calvaire pour les Palestiniens.
En lançant l’invasion terrestre, l’objectif de Netanyahou est de réoccuper et de reprendre le contrôle total de la bande de Gaza. Et ce n’est certainement pas pour permettre aux Palestiniens d’y vivre paisiblement !
Le projet de Netanyahou et de l’extrême droite avec laquelle il gouverne est de chasser les Palestiniens de la bande de Gaza. Peut-être ne savent-ils pas encore comment y parvenir exactement et notamment comment le faire accepter par leurs alliés, en particulier les États-Unis, mais leur but est bien celui-ci.
Dès son origine, la construction de l’État d’Israël a été une entreprise de colonisation et d’expulsion brutale des Palestiniens condamnant toute possibilité de coexistence fraternelle et égalitaire. Depuis 77 ans, l’oppression des Palestiniens et la spoliation de leurs terres n’ont quasiment pas cessé, provoquant des affrontements toujours plus meurtriers.
Cet engrenage a creusé un fossé d’horreurs, de morts et de sang entre les deux peuples, favorisant, dans les deux camps, les plus extrémistes. Les dirigeants israéliens actuels ont poussé cette logique dans ses formes les plus extrêmes et barbares.
Depuis le 7 octobre 2023, ils sont plus puissants que jamais en Israël. Au lendemain de ce massacre, les suprémacistes juifs ont rivalisé d’idées pour exterminer les Palestiniens de Gaza, les uns évoquant la solution de la bombe A, les autres l’utilisation d’un virus mortel. Et une partie de leurs amis sont au pouvoir !
La situation actuelle comporte bien des inconnues. Mais depuis des années les gouvernements israéliens ont fait leur maximum pour réduire à néant toute possibilité d’existence d’un État palestinien, à Gaza ou en Cisjordanie. Et ce qui est certain, c’est qu’ils n’ont jamais été aussi près de le réaliser.
Les dirigeants impérialistes et en particulier les États-Unis ont toujours été solidaires de la politique des dirigeants sionistes, car elle leur permet de dominer le Moyen-Orient par la force. Et en dignes héritiers de ceux qui ont colonisé et fait disparaître bien des peuples dans le passé, ce n’est pas le massacre des Palestiniens qui peut les émouvoir. Trump ne se mêle aujourd'hui de cette guerre que pour forcer Netanyahou à agir plus subtilement.
Les Israéliens peuvent jouer un rôle décisif pour changer la donne. Ils sont de plus en plus nombreux à dénoncer la guerre menée par Netanyahou comme une folie à la fois pour les Palestiniens et pour les Israéliens. C’est une folie car, si elle affaiblit aujourd'hui le Hamas, elle assure aussi son avenir en faisant naître, chaque jour qui passe, de nouvelles recrues qui n’auront que la vengeance pour horizon.
On ne bâtit pas un paradis en plongeant les autres dans l’enfer. La paix ne peut pas se construire sur une montagne de cadavres ni sur la déportation de millions de personnes. Elle ne peut se bâtir que sur la fin de l’oppression et de l’apartheid. Que sur la fin des annexions et des colonies et la reconnaissance de l’égalité des droits entre les peuples.
La coexistence fraternelle entre le peuple israélien et les peuples arabes voisins ne pourra se faire qu’au sein d’une fédération des peuples du Moyen-Orient. Elle nécessite de renverser toutes les crapules qui parlent aujourd'hui au nom des peuples, ici et là-bas.
Nathalie Arthaud
Transports en communs de l’agglomération clermontoise T2C : une grève d'avertissement
Partout dans le transport, la même offensive patronale
Jeudi 15 mai, 70 % des salariés de la T2C étaient en grève, dont 83 % des conducteurs. Ils dénonçaient la volonté par la direction d’externaliser des services et la mise en place de la "clause du grand-père".
Sachant depuis lundi que la majorité du service serait bloquée, la direction a attendu la veille pour en informer la population.
Elle a choisi le bras de fer pour imposer le transfert au privé des services de nettoyage et de médiation (agents qui aident les usagers dans les bus), et la disparition d’acquis pour les nouveaux embauchés (dit "clause du grand-père").
Cette direction est notamment soutenue par François Rage, maire PS de Cournon-d’Auvergne et président du SMTC et Olivier Bianchi, président de Clermont Auvergne Métropole. Autant de « socialistes » qui ne raisonnent que par la recherche de la rentabilité comme n’importe quel patron.
A l’assemblée générale du matin, ce sont plus de 400 salariés qui se sont rassemblés à l’appel des syndicats. Tous étaient contents de se retrouver si nombreux et de mesurer ainsi qu’ils représentaient une force.
Bien que les salariés concernés par ces mesures soient aujourd’hui relativement peu nombreux, tous ont bien conscience qu’ils pourront demain être touchés à leur tour. Le travail, ainsi que les négociations avec les syndicats, ont repris le lendemain.
Si l'inquiétude quant à l'avenir a contribué à la mobilisation, la direction est avertie qu'elle devra compter avec tous à l'avenir.
