mardi 20 mai 2025

Retailleau, Wauquiez, frères jumeaux

 

Leur fonds de commerce : le discours anti-immigrés

 

 

Bruno Retailleau a été élu président de son parti Les Républicains face à Laurent Wauquiez, après une campagne où ils ont rivalisé de discours anti-immigrés.

Pour accéder au pouvoir, ces politiciens veulent concurrencer le RN en se montrant plus xénophobes et racistes que lui. Au gouvernement, Retailleau aggrave déjà la situation des travailleurs immigrés. C’est une politique ignoble que le monde du travail doit combattre, car elle l’affaiblit et le divise. Quelle que soit leur étiquette, RN, LR, Macroniste ou autre, tous ces ennemis des travailleurs servent à leur façon le patronat.

Argenteuil, le transport en bus, malade, mais ça devrait pouvoir se soigner... à condition de le vouloir vraiment.

 

Chronique

 

Une petite visite à la mairie lors de la grève en avril 2024

Vendredi. J’attends le bus n°1 en bas des Coteaux. Il relie la gare d’Argenteuil à Sartrouville. Un doit passer dans quelques minutes. Il ne passe pas. J’attends le suivant. J’attends. Il ne passera pas. Bon, j’ai encore de bonnes jambes, je laisse tomber…

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Discussion avec un conducteur de Kéolis qui m’a reconnu. J’étais allé il y a un an au piquet de grève lors de la grève pour les salaires et les conditions de travail. Selon lui, et il est le mieux placé pour le dire, la situation n’a guère changé… Pas étonnant que des bus ne passent pas à l’heure prévue…

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La gare routière d’Argenteuil-centre est obsolète. Elle présente des fissures. Trop de bus pour son espace limité. Des bus, de la RATP comme de Kéolis doivent parfois aller se garer boulevard Maurice Berteaux. Cette question de la gare routière était à l’ordre du jour du dernier conseil municipal, mais le point a vite été évacué. À suivre. DM

Fête de Lutte ouvrière les 7, 8, et 9 juin prochains (J-19) : des débats, en veux-tu en voilà... Le samedi...



 

 

lundi 19 mai 2025

Aide à mourir : égalité ni dans la vie, ni dans la mort

 Aide à mourir : égalité ni dans la vie, ni dans la mort

Deux textes de loi sur « la fin de vie » sont en discussion à l’Assemblée avant un vote le 27mai.

Publié le 14/05/2025

En mars 2024, Macron avait présenté un seul texte sur ce sujet, mais depuis, sous la pression des milieux religieux et politiques de la droite à l’extrême droite et avec l’appui d’un catholique affiché comme Bayrou, le texte a été divisé en deux, un « sur les soins palliatifs » et l’autre sur « l’aide à mourir ». Et, fait notable et assez rare, les députés auront la possibilité de voter comme ils l’entendent, sans avoir à se plier à une consigne de vote de leur groupe parlementaire.

Ces lois viennent après une série de textes, le dernier étant la loi Creys-Leonetti en 2016 qui réaffirmait le droit au refus de l’acharnement thérapeutique et à « une sédation profonde et continue jusqu’au décès ». Elle refusait par contre le droit à l’euthanasie, c’est-à-dire la possibilité de donner la mort de « façon active », par injection d’une substance létale.

L’actuel projet de loi Macron-Bayrou reste restrictif sur bien des points. Il réserve le droit à mourir à l’aide d’une substance létale à des adultes de nationalité française atteints d’une affection grave et incurable et le refuse à des malades atteints de maladies psychiatriques ou neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer. Pour l’ADMD (Association pour le droit à mourir dans la dignité), ce texte est donc un des plus restrictifs en Europe. Par exemple la Suisse, le Portugal ou la Belgique autorisent le suicide assisté et l’euthanasie est possible aux Pays-Bas, en Espagne et au Luxembourg.

Le second projet de loi sur « l’accompagnement et les soins palliatifs » devrait en revanche être voté largement en particulier par tous ceux, religieux et réactionnaires qui, tout en refusant « l’aide à mourir », se font les défenseurs de « l’accompagnement ». Ils voteront résolument pour des services de soins palliatifs accessibles sur l’ensemble du pays, quand on sait que 21 départements en sont actuellement complètement dépourvus. Mais ils voteront aussi comme ils ont voté depuis des années tous les budgets d’austérité pour la santé réduisant les moyens des hôpitaux, pour la prise en charge des malades, depuis les urgences jusqu’aux services de gériatrie et aux soins palliatifs.

Alors si ces deux lois peuvent représenter un pas en avant pour la prise en charge des malades en fin de vie, elles ne régleront sûrement pas la question. Une société ayant le souci de la vie humaine devrait tout mettre en œuvre pour que chacun ait accès aux meilleurs traitements pendant sa vie et à la fin de celle-ci. Chaque malade devrait disposer de tous les moyens d’une médecine moderne et de l’aide d’un personnel humain et compétent, médecins mais aussi infirmiers et aides-soignants, dans les hôpitaux, les cliniques et les Ehpad, pouvant prendre le temps d’accompagner les malades en fin de vie et de soulager leur douleur physique et morale.

Aujourd’hui, l’état des hôpitaux rend tout cela impossible car la loi du profit est reine. En fin de vie, les techniques de « sédation profonde » recommandées aujourd’hui par la loi Léonetti ont leurs limites. Combien d’aides-soignants, d’infirmiers se retrouvent au chevet de patients en « sédation profonde » dont la fin de vie peut se prolonger des jours, voire des semaines, obligés de gérer parfois seuls ces moments si difficiles ?

Bien sûr, rendre légale l’euthanasie ne va pas de soi et nécessite de solides garde-fous, que ce soit la demande consciente du malade s’il en est capable ou la discussion avec les familles, sans que la décision repose sur le seul corps médical. Mais pourquoi ce qui semble possible dans d’autres pays européens ne pourrait-il pas l’être en France ?

Dans une société régie par l’argent, ces énièmes débats parlementaires et le bricolage législatif dont ils accoucheront ne régleront certainement pas le problème de la fin de la vie. Une société qui charrie la misère, notamment celle des services de soins, ne peut pas donner à la mort une dignité qu’elle refuse à la vie.

                                                     Cédric Duval (Lutte ouvrière n°2963)

Etats-Unis : Trump expulse des Afghans

 

Un mépris des populations sans borne

 

 

Plus de 10 000 réfugiés afghans viennent de voir leur statut d’immigrés protégés révoqué par le gouvernement Trump. Il sera à présent aisé de les expulser vers l’Afghanistan où les attend la répression aux mains des talibans.

         Après avoir utilisé ces Afghans pour l’aider à occuper le pays pendant vingt ans, l’impérialisme américain se débarrasse d’eux. Son mépris des populations est sans borne.

Guerre d’Algérie : 8 mai 1945 : massacres coloniaux en Algérie

 8 mai 1945 : massacres coloniaux en Algérie

À partir du 8 mai 1945, à Sétif, Guelma, Kherrata et d’autres localités de la vaste région autour de Constantine, l’armée française, la gendarmerie et des milices de colons se sont livrés à des massacres de masse contre les Algériens. Longtemps occultés par l’État français, tardivement reconnus mais minimisés, ces massacres sont l’un des nombreux crimes de la France en Algérie.

Publié le 14/05/2025

Ce jour-là, alors que des manifestations destinées à fêter la fin de la guerre mondiale et la libération de l’occupation nazie étaient organisées dans toutes les villes françaises, des militants nationalistes algériens décidèrent de défiler avec leurs propres slogans. Dans cette Algérie alors département français, ils affirmaient « À bas le colonialisme ! », « Vive l’Algérie libre et indépendante ! », « Libérez Messali ! ». Deux semaines plus tôt, Messali Hadj, dirigeant du Parti du peuple algérien (PPA), constamment surveillé et régulièrement emprisonné, venait en effet d’être arrêté et déporté à Brazzaville, au Congo.

L’oppression alimente la révolte

Messali Hadj et ses camarades dénonçaient, depuis les années 1920, les oppressions multiples subies par l’immense majorité des Algériens et furent les premiers à revendiquer l’indépendance. Privées de droits civils, d’accès à l’éducation et aux soins, en butte au racisme et aux humiliations permanentes des colons et de l’administration coloniale, les classes populaires algériennes subissaient en outre des privations terribles, y compris la famine. En 1939, Albert Camus dénonçait la « misère en Kabylie », décrivant « des familles restant deux ou trois jours sans manger » et des enfants « morts pour avoir mangé des racines vénéneuses ». La guerre avait durement aggravé ces privations. Sous la pression des colons, le nouveau gouvernement français, dirigé par de Gaulle avec la participation des partis du Conseil national de la résistance (CNR), dont le Parti communiste français, qui avait cinq ministres, ne voulait rien changer ni au statut ni au sort de la population algérienne.

Malgré les mots creux sur la liberté et la démocratie retrouvées, malgré les dizaines de milliers de tirailleurs algériens morts en Italie ou en Provence pour « libérer la France », la seule concession faite par de Gaulle fut d’accorder la citoyenneté française à 63 000 Algériens dits « évolués »… sur 7 millions d’Algériens musulmans. Ce mépris réitéré fit basculer Ferhat Abbas, pharmacien à Sétif et nationaliste modéré qui réclamait encore en 1936 « une République autonome algérienne fédérée à une République française rénovée », vers la revendication de l’indépendance. En mars 1944, il fonda les Amis du Manifeste et de la liberté (AML), soutenus par le PPA clandestin de Messali Hadj et les oulémas, les docteurs de la foi islamique. L’AML réclamait l’indépendance et une Assemblée constituante algérienne. Lors de son premier congrès, en avril 1945, le mouvement avait déjà 100 000 militants, issus de divers milieux sociaux, décidés à ne plus baisser la tête. L’AML ne voulait pas organiser une insurrection armée mais souhaitait profiter des manifestations du 1er mai puis du 8 mai 1945 pour montrer ses forces et affirmer ses revendications.

Le pouvoir colonial massacre

En face, le pouvoir colonial, les préfets et sous-préfets, les représentants des gros colons, les chefs de la gendarmerie et de l’armée se préparaient au contraire à provoquer les manifestants. Il s’agissait de « crever l’abcès » selon les mots du sous-préfet de Guelma, ce que le préfet de Sétif avait formulé par « faites tirer sur tous ceux qui arborent le drapeau algérien ». Se sentant menacés par ce qu’ils appelaient « l’arrogance des musulmans » qui osaient relever la tête et n’acceptaient plus d’être traités en sous- hommes, un certain nombre de colons s’étaient organisés en milices armées. Autant dire que les massacres étaient prévisibles sinon prémédités. Déjà le 1er mai, la police attaqua les manifestants, tuant trois personnes à Alger et à Oran.

À Sétif, le 8 mai, la manifestation algérienne, organisée le matin, jour de marché, rassembla 10 000 personnes non armées. Outre des slogans dénonçant le colonialisme et exigeant la libération de Messali Hadj, un drapeau national algérien apparut et un jeune scout qui le brandissait fut abattu par un policier, ce qui déclencha de violentes représailles contre les colons français. L’après-midi, la manifestation de Guelma, composée surtout de jeunes, dégénéra de la même façon : un drapeau algérien fut arboré, la police chargea et tua plusieurs manifestants qui s’en prirent à des colons. Certains furent tués dans des fermes isolées. Immédiatement, Achiary, sous-préfet de Guelma, ordonna l’arrestation de tous les membres de l’AML et du PPA connus, autorisa une milice de 280 colons armés à lancer une chasse à l’homme et déploya tous les moyens militaires à sa disposition.

Une terrible répression allait s’abattre sur les habitants arabes de toute la région et durer près de sept semaines. Les militants nationalistes furent traqués, torturés et abattus. L’armée déploya des chars et des automitrailleuses, détruisit et incendia des villages entiers. Des fermes avec tout le bétail, le matériel, les récoltes furent méthodiquement détruites. Dans une localité, tous les Algériens sachant lire furent passés par les armes. À Kherrata, des centaines, peut-être des milliers d’habitants, furent jetés morts ou vifs dans les gorges voisines. Le gouvernement de De Gaulle envoya des renforts depuis la France. Il fit bombarder des villages par l’aviation et des villes côtières, comme Bejaïa, par des navires de guerre. Pour cacher l’ampleur du massacre, des cadavres furent brûlés dans des fours à chaux, jetés dans des puits ou des rivières. Pour 102 colons français tués les 8 et 9 mai 1945, plusieurs dizaines de milliers d’Algériens furent massacrés. Le gouvernement français a reconnu 1 000 à 1 500 morts, le PPA en a dénoncé 45 000 tandis que les historiens évaluent le nombre de victimes entre 20 000 et 30 000.

La complicité du PCF

Les massacres du Constantinois creusèrent d’autant plus un fossé de sang entre la population musulmane d’Algérie et la France, qu’ils furent cautionnés par tous les partis. Dans cette ignominie, le Parti communiste français, le plus influent dans la classe ouvrière, qui mettait alors tout son poids pour faire accepter la restauration de l’appareil d’État bourgeois et s’opposait à toute perspective d’indépendance des colonies, porte une responsabilité particulière. Dès le 9 mai, les dirigeants du PCF qualifiaient les chefs nationalistes de « provocateurs à gages hitlériens » et demandaient que « les meneurs soient passés par les armes ». Cet alignement du PCF sur la bourgeoise française contribua à séparer les exploités algériens et français. Il discrédita les militants communistes en Algérie et renforça le courant nationaliste, qui allait s’imposer comme direction unique au cours de la guerre d’indépendance qui commença neuf ans après ces massacres de 1945.

                                           Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2963)