lundi 12 mai 2025

Traité France-Pologne : marchandage cynique

Coffres-forts et guerres de demain

 

 

Emmanuel Macron et Donald Tusk ont signé le 9 mai un « traité d'amitié et de coopération renforcée » entre la France et la Pologne. Macron affirme qu'il s'agit d'un mécanisme de « solidarité irréversible » pour faire face à la Russie, prévoyant une clause d'assistance mutuelle en cas d'attaque armée.

         En réalité, il s'agit de défendre les intérêts de la bourgeoisie française : l'accord prévoit d'introduire une « préférence européenne » pour l'achat de fournitures militaires. Les marchands d’armes français espèrent ainsi bénéficier de la modernisation de l'armée polonaise, qui ambitionne d'être la première armée européenne d'ici 2030.

         Quand les dirigeants de la bourgeoisie parlent d'amitié, c’est à leurs coffres-forts et aux guerres de demain qu’ils pensent.

 

Soudan : la guerre s'étend

Loin des caméras et des médias, le silence des cimetières

 


Cette semaine, la ville de Port-Soudan, la deuxième du pays, est devenue la cible de bombardements par drones car depuis avril 2023, le Soudan est déchiré par la guerre civile entre le régime officiel et les milices des Forces de soutien rapide. La capitale, Khartoum, est dévastée tandis que les réfugiés s'entassent dans des camps. Avec ces bombardements, la guerre s'étend à des régions jusqu'alors épargnées.

         Derrière cette guerre entre bandes armées locales, il y a leurs parrains régionaux, eux-mêmes relais sur place des intérêts de leurs protecteurs occidentaux. Loin des caméras, un massacre de plus s’écrit dans le livre noir de l’impérialisme avec 150 000 morts et 11 millions de déplacés.

 

Libération, occupation de l’Allemagne, abandon de bébés

 

La guerre pour la « démocratie », à d’autres !

 

Crédit photo : pxhere.com

Des historiens viennent de mettre en lumière un épisode peu glorieux pour « la France, pays des droits de l’homme ». Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, lors de l’occupation par l’armée française d’une partie de l’Allemagne entre 1946 et 1951, plus d’un millier d’enfants sont nés des liaisons entre soldats et femmes allemandes. Mais celles-ci ont été incitées à les abandonner aux autorités françaises, pour qu’ils soient adoptés en France au nom du redressement démographique. Bien des soldats étaient d’origine africaine, et l’enquête révèle aussi que la puissance occupante française arrachait de préférence les bébés à la peau claire...

         La vérité éclate parce que des enfants adoptés ont cherché à la connaître, et elle met à mal le conte de fées selon lequel la guerre de 1939-45 aurait opposé le camp du « bien » et celui du « mal ». Le mépris de la vie humaine était de chaque côté dans cette guerre entre bourgeoisies impérialistes.