Deux mondes certes, mais rien de joué pour ces jeunes
Des jeunes des mouvements
scoutistes de jeunesse de l’Église catholique étaient nombreux dimanche à
Argenteuil à l’occasion de ce à quoi vous savez. Certes, ces jeunes
« lascars » de l’Isle-Adam ou de Pontoise s’apprêtant à faire cuire
leurs merguez sur l’espace public auraient pu prêter à l’ironie. Tout comme ces
jeunes filles de 3ème distribuant leur invitation aux clients très
modestes du marché Héloïse, pour que ces derniers viennent à l’église proche
voir le vêtement très hypothétique (c’est une litote) de qui vous savez. Ces
jeunes de bonne famille faisaient une drôle d’impression devant ce marché, un
type de lieu populaire qu’elles n’avaient, on imagine, jamais approché.
Jeunes
nous suivons les traces de notre milieu et de notre famille. Il y a un
déterminisme en la matière qui vaut pour toutes les religions et pour ceux qui
n’en ont pas. Mais au-delà des influences qui leur sont liées, quel sera le
devenir de tous ces jeunes qui vont être amenés à réfléchir, se cultiver, et
construire leurs convictions, malin est qui peut le dire, car ils seront
nombreux à choisir de vivre leur propre route bien différente de celle de leurs
parents.
À
ces jeunes à qui j’ai demandé d’où elles venaient (de l’Isle-Adam en
l’occurrence), je n’ai pas manqué de leur dire que non loin de leur charmante
bourgade, il y avait prochainement la fête de Lutte ouvrière, dont elles m’ont
dit n’avoir jamais entendu parler. Qu’elles y viennent après leur premier
contact prolétarien de ce dimanche matin, et cela leur permettra d’en vivre un
second, de manière à entendre un autre son de cloche, cette fois profane. Parmi
ces jeunes, certains découvriront alors que notre combat peut les intéresser et
qu’il est l’avenir de l’humanité. DM