Contrôles
policiers : la guerre de Retailleau aux pauvres
Le 24 avril, une
impressionnante mobilisation policière était visible au péage de Coutevroult,
sur l’autoroute A4 en Seine-et- Marne.
Publié le 29/04/2025 Écouter la version audio
Signalisation de travaux,
rétrécissement du nombre de voies, et au bout, filtrage : les contrôles
visaient particulièrement les voyageurs au faciès étranger ainsi que les
fourgons et autocars à bas coût.
Il s’agissait d’une nouvelle «
opération de lutte contre l’immigration irrégulière », comme il y en a partout
depuis plusieurs mois à la demande du ministère de l’Intérieur. Les préfets y
sont présents en personne, accompagnés des directeurs de différents services de
police ou de douane, d’un procureur de la République, etc. En deux heures de
filtrage, onze personnes ont été retenues ou mises en garde à vue. La
préfecture de la Seine-et-Marne se vante d’avoir reconduit 82 étrangers à
la frontière depuis le début de l’année.
Aucune préfecture de département
ou de région ne voulant apparaître en retrait dans cette chasse à l’homme,
chacune multiplie les opérations pour afficher le meilleur palmarès
d’arrestations. En région Aquitaine a eu lieu fin mars une vaste opération en
deux temps, le 26 mars à la frontière
franco-espagnole et le lendemain, dans douze départements
de la région. Ainsi, 350 policiers, militaires, douaniers,
sont regroupés dans une structure
baptisée « Force
Frontière », pour
cerner des gares ferroviaires ou routières, des péages et des aires de repos
avec des chiens et du matériel sophistiqué : ils ont procédé à l’arrestation de
224 étrangers en situation irrégulière dont 49 ont reçu une OQTF
(Obligation de quitter le territoire français).
Cette opération faisait suite à
quatre autres dites de « haute visibilité » en région bordelaise, visant selon
la préfecture à « sécuriser la voie publique et lutter contre l’immigration
irrégulière ». Elles se traduisent à chaque fois par des arrestations de
migrants venant d’Afrique et du Moyen- Orient et de travailleurs sans-papiers.
En plus, les termes employés visent à développer le racisme en assimilant
étranger et délinquant.
Ces opérations se multiplient
dans tout le pays, d’Ouest en Est et du Nord au Sud. Les communiqués
d’autosatisfaction des responsables de police ou des préfets sont rapportés
complaisamment par la presse et les médias locaux qui leur donnent la parole.
Dans les zones urbaines, ces nasses sont mises en place autour des transports
en commun, aux heures du travail et aux abords des foyers de travailleurs étrangers.
Les autorités françaises n’ont rien à redire à Trump, elles font pareil. Les
Retailleau et compagnie ne font pas que parler, ils agissent et il n’est pas
bon d’être noir ou basané au « pays des droits de l’homme ».
En région Auvergne-Rhône-Alpes, 1
271 étrangers en situation irrégulière ont été interpellés sur les deux
premiers mois de l’année 2025, soit une augmentation de 106 %. Dans le cadre du
« plan zonal de surveillances aux frontières » demandé par le ministère de
l’Intérieur, 872 policiers sont mobilisés, y compris avec un soutien
aérien, notamment de drones. En Savoie, la zone frontière avec la Suisse est
particulièrement surveillée : depuis le début de l’année, 650 jeunes
hommes y ont été arrêtés, principalement originaires du Maghreb et du
Moyen-Orient.
Les moyens de l’État sont ainsi
mobilisés à l’appui de la propagande sécuritaire de Retailleau pour faire la
chasse à des êtres humains contraints de fuir la misère et les guerres
provoquées dans leur pays par le pillage des grandes puissances capitalistes.
Thierry
Hennebont (Lutte ouvrière n°2961)