vendredi 2 mai 2025

ArcelorMittal – Dunkerque : Les travailleurs face aux attaques patronales

ArcelorMittal – Dunkerque : Les travailleurs face aux attaques patronales

L’usine ArcelorMittal de Dunkerque compte 3 200 travailleurs, plus environ 1 500 travailleurs de la sous-traitance. L’usine de Dunkerque fournit en acier tous les sites du groupe dans la partie nord de la France et jusqu’en Lorraine.

Publié le 29/04/2025

 

 

Photo Houda Benallal

Le groupe ArcelorMittal a annoncé la suppression d’environ 600 emplois sur sept sites industriels en France : Dunkerque, Florange, Basse-Indre, Mardyck, Mouzon, Desvres et Montataire. L’annonce fait suite à d’autres attaques depuis plusieurs mois : en septembre 2024, la direction du site de Fos-sur-Mer a annoncé une réduction de 10 % des effectifs et la fermeture d’un des deux hauts- fourneaux. En novembre, le groupe a annoncé la fermeture des sites de Reims et Denain ; puis en décembre, des suppressions d’emploi sur ses sites de Bourg-en-Bresse, Strasbourg et Valence.

À l’usine de Dunkerque, la direction veut supprimer 155 emplois dans les « fonctions supports », les services comptabilité, ressources humaines et achats. Il est prévu de délocaliser ces emplois sur des sites en Inde et en Pologne. En production, la direction veut supprimer 177 emplois, répartis dans tous les secteurs. La direction y officialise ainsi le sous-effectif qui devenait la règle depuis plusieurs mois. Les équipes incomplètes, les appels des chefs pour venir faire des postes supplémentaires, la difficulté de prendre ses repos sont habituels et le patron voudrait que tout cela devienne la norme.

Cette attaque contre les travailleurs d’ArcelorMittal se double d’une attaque contre ceux de la sous-traitance. Depuis un an, la direction a imposé une baisse de 10 % des contrats concernés qui, de plus, sont signés pour des périodes de plus en plus courtes. Du coup, les travailleurs sont moins nombreux sur les chantiers, et les embauches qui étaient annoncées ne sont dorénavant plus possibles, selon les patrons. Ainsi, la direction d’Onet se permet de dire que les travailleuses du ménage embauchées ne craignent rien, ce qui sous- entend qu’elle va mettre fin aux contrats d’intérim.

Sur le même site de Dunkerque, une autre usine sidérurgique, Dillinger, a annoncé des attaques, à quelques jours d’intervalle. Dillinger est essentiellement présent en Allemagne et Mittal en est actionnaire. La direction de Dillinger Dunkerque voudrait économiser 700 000 euros sur les salaires des postés. De plus, elle a proposé des « boîtes à idées » à l’adresse des travailleurs de l’usine pour économiser 3 millions d’euros sur la production.

Le groupe ArcelorMittal invoque la surproduction d’acier à l’échelle mondiale pour s’attaquer partout aux travailleurs. Fin 2024 le groupe a annoncé la fermeture de deux sites en Afrique du Sud et 3 500 licenciements. Il réalise pourtant des bénéfices colossaux, 36 milliards d’euros depuis 2019. En 2024, le dividende versé aux actionnaires a été de 1,7 milliard d’euros. Pour 2025, il sera augmenté de 10 %.Tout en hurlant à la concurrence de l’acier chinois, la rentabilité de l’acier ArcelorMittal est supérieure à la période qui précède la crise du Covid.

Le carnet de commandes de l’usine de Dunkerque est très rempli pour l’année à venir au point que l’usine cumule même les retards de livraison. Cela est vrai par ricochet pour tous les autres sites du groupe qui sont reliés à Dunkerque. Le haut-fourneau principal de l’usine est en phase de rénovation pour une durée de trois mois. Dans l’usine de Mardyck, située dans l’agglomération de Dunkerque, qui compte presque 1 000 travailleurs, une nouvelle unité de production d’aciers électriques va bientôt démarrer. Tout cela fait que les travailleurs d’ArcelorMittal auraient de puissants moyens d’imposer un rapport de force pour défendre leurs emplois et leurs salaires face aux attaques des milliardaires de la sidérurgie.

                                                        Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2961)

 

Argenteuil, l’engagement de bénévoles déterminés contre la misère

Bénévoles de l’ombre, une aide substantielle face au recul social

 

 

La tâche des militants communistes révolutionnaire est la reconstruction des réseaux dans les entreprises et les quartiers populaires du parti nécessaire à la lutte quotidienne de notre classe contre les méfaits du capitalisme, avec l’objectif de son renversement révolutionnaire. Ils accomplissent à travers leur action bien des gestes de solidarité, mais ce n’est pas le cœur de leur activité. Des femmes et des hommes ont fait d’autres choix, celui d’assister ceux d’entre nous qui ont particulièrement besoin d’aide et de soutien. À Argenteuil, je pense aux bénévoles des Restos du cœur, du Secours populaire, d’Action catholique contre la faim aux côtés d’autres associations caritatives d’autres religions ou pas. Je pense au Comité des sans papier qui fait un travail obstiné très difficile. Je pense en premier lieu à celles et ceux qui aident les plus rejetés par la société, les personnes « sans domicile ». Tous, ils sont rarement et peu sous la rampe de l’information municipale, tout comme par ailleurs les militants politiques véritablement engagés par conviction et idéal.

         Pour ma part, aujourd’hui, je voudrais rendre hommage à Martine Brisson qui avec son vélo est une obstinée elle aussi infatigable. Elle l’est d’autant plus depuis la fermeture du Centre d’Hébergement d’Urgence municipal de la rue du Moulin qui a été un très mauvais coup aggravant les difficultés des plus précaires et des plus fragiles.

         La croiser comme tous les bénévoles de cette qualité est un encouragement pour ceux des nôtres qui se sont engagés dans une autre voie, celle qu’il y ait un jour un monde sans misère et sans la vie à la rue. DM

 

jeudi 1 mai 2025

Intervention de Nathalie Arthaud à la fin de la Manifestation du 1er mai - 5 min

Manifestons en cette journée de 1er mai aux côtés des travailleurs du monde

 Manifestons en cette journée de 1er mai

Aux côtés des travailleurs du monde

À Paris

À 14h00 Place d’Italie

Le 1er mai sera l’occasion, pour tous ceux qui rejettent le nationalisme et se sentent dans le camp des travailleurs, de manifester avec des milliers d’autres travailleurs le même jour partout dans le monde.

Cette journée de lutte est un des rares symboles sans tache qu’a légué le mouvement ouvrier, tout comme le drapeau rouge et la chanson L’Internationale. Dans cette période de montée guerrière, ces symboles représentent l’internationalisme ouvrier, la seule perspective politique possible pour le camp des travailleurs.

Lutte ouvrière appelle tous ses militants et ses sympathisants à participer aux rassemblements et aux manifestations qui auront lieu ce jour-là. À Paris, le cortège devrait partir à 14 heures de la place d’Italie.

 

 

Départ en commun à Argenteuil pour les amis de Lutte ouvrière

A 13 heures devant notre café habituel de la gare centrale

1er mai : histoire d’une journée de lutte

1er mai : histoire d’une journée de lutte

Le 1er mai a été pendant très longtemps pour les travailleurs une journée de manifestations et de luttes parfois sanglantes.

Publié le 29/04/2025

C’est en 1856, en Australie, qu’est née l’idée d’une journée prolétarienne de repos, fixée alors au 21 avril, comme un moyen d’obtenir la journée de 8 heures. Il était alors fréquent de travailler 12, voire 14 heures par jour. Cette première manifestation eut un tel retentissement parmi les travailleurs australiens qu’il fut décidé de renouveler cette manifestation tous les ans. Avec le développement du prolétariat à l’échelle mondiale, l’idée s’imposa d’organiser une journée internationale au cours de laquelle les travailleurs de tous les pays seraient appelés à faire grève et à manifester en revendiquant la journée de huit heures. En 1889, la IIe Internationale, regroupant tous les partis sociaux- démocrates, se revendiquant alors du marxisme révolutionnaire, décida de fixer au 1er mai cette journée de lutte, en hommage aux travailleurs américains victimes de la répression après la grève générale du 1er mai 1886, appelée pour obtenir la journée de 8 heures. Les manifestants commencèrent à arborer un triangle rouge, symbolisant la revendication « 8 heures de travail, 8 heures de loisir, 8 heures de repos ».

À l’époque, le 1er mai n’était pas férié, et il fallait se mettre en grève pour participer aux manifestations. Celles-ci inquiétaient les patrons, d’autant qu’elles se déroulaient le même jour dans de nombreux pays, et ils n’hésitaient pas à réprimer ceux qui se risquaient à y participer. Dans le nord de la France, à Fourmies, le 1er mai 1891, l’armée tira sur la foule, faisant 9 morts et 33 blessés, dont de jeunes ouvrières du textile. Après cette fusillade particulièrement meurtrière, les manifestants du 1er mai se mirent à arborer une églantine rouge, symbole qui rappelait de surcroît la Révolution française et qui mettait en rage les patrons et la police. Des passants pouvaient être arrêtés parce qu’ils portaient du rouge dans l’habillement.

Le début du vingtième siècle fut marqué par la marche à la guerre, et le 1er mai devint aussi l’occasion d’affirmer l’idée que les ouvriers du monde entier devaient lutter contre la guerre impérialiste en préparation et se fixer l’objectif de renverser le capitalisme. Les grandes manifestations en faveur de la paix ne purent empêcher la trahison de la IIe Internationale, qui se rallia à la bourgeoisie dès le début de la guerre mondiale.

Dans l’entre-deux-guerres, les luttes continuèrent, avec cette fois-ci en toile de fond la montée du fascisme. En 1929, le préfet de Berlin interdit la manifestation du 1er mai. À l’appel du Parti communiste allemand, des milliers de travailleurs défilèrent tout de même. La troupe tira, tuant 33 travailleurs, et en blessant 200.

Les nazis, tout comme le gouvernement de Vichy en France, détournèrent la signification prolétarienne du 1er mai, et en firent des « Fêtes du travail national », célébrant l’union sacrée des ouvriers et des patrons. C’est le maréchal Pétain qui, en 1941, a associé le 1er mai au muguet, qu’il préférait à l’églantine rouge, symbole selon lui du communisme.

Malgré ces dévoiements et l’institutionnalisation du 1er mai, du moins dans les pays riches, sa signification profonde pour le monde du travail, une journée qui affirme les intérêts communs des travailleurs par-delà les frontières, reste d’une actualité brûlante, au moment où les bruits de bottes résonnent à nouveau. Comme l’écrivait Rosa Luxemburg en 1904 : « Plus que jamais, en présence de la guerre, la démonstration spécifique prolétarienne doit aussi être l’expression de cette idée que la réalisation de la paix universelle ne peut être conçue que liée à la réalisation de notre but final socialiste. »

                                                Camille Paglieri (Lutte ouvrière n°2961)