samedi 29 mars 2025

Emprunt de guerre : notre argent, leur guerre

Un emprunt rouge de la chair à canon

 

Affiche de la Première guerre mondiale

Le gouvernement va créer un livret d’épargne pour le financement de l’armement. À partir de 500 euros, bloqués pour 5 ans minimum, chacun pourra « devenir indirectement actionnaire des entreprises du secteur de la défense », vante le ministre de l’Économie.

         Il veut offrir des financements, et des profits supplémentaires, aux marchands d’armes, mais aussi convaincre que toute la population aura droit aux profits de guerre et y a intérêt. Aujourd’hui, les politiciens va-t-en-guerre veulent nos économies et notre soutien moral. Demain, ils voudront notre peau. Ne marchons pas !

 

Argenteuil, immobilier, ils s’en donnent à cœur joie

Quand ils nous mènent en canoë

 

 

Les publicitaires au service des promoteurs planchent pour offrir des éléments de langage toujours plus alléchants les uns que les autres. C’est vrai à Argenteuil au niveau municipal. « Argenteuil littoral », « Canopée ». Les publicitaires s’en donnent à cœur joie.

         C’est vrai également pour les promoteurs. Leur produit doit être plus alléchant que possible. Nous en avons un nouvel exemple autour du grand projet immobilier dans le Centre entre rue Paul-Vaillant Couturier, Laugier et Pierre Joly. Vite après le dernier conseil municipal où le sujet était à l’ordre du jour, le promoteur est en ordre de marche. Quitte à étonner les habitants qui ont reçu ce flyer promotionnel étonnant dans leur boîte à lettre…

         Ont retenu à notre attention en particulier les éléments suivants : « Quartier dynamique et collecté à la nature Berges de Seine à deux pas (paddle, canoë…). Futur parc urbain « Seine Arche et parc François Mitterrand Circuits piétonniers et pistes cyclables » ! Vraiment, la municipalité nous en avait caché des choses. Futur parc urbain Seine Arche et parc François Mitterrand ? Paddle et canoë habituels sur le fleuve ?

         Ce serait-y que l’on nous mène en bateau ? Non, pardon, en canoë. DM

 

vendredi 28 mars 2025

Turquie : la colère explose contre Erdogan

 Turquie : la colère explose contre Erdogan

En Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan vient de franchir une marche supplémentaire dans la répression de toute opposition à son parti l’AKP, ainsi qu’à sa personne. Il tente de se maintenir au pouvoir en vue de l’élection présidentielle de 2028, contre vents et marées, dans un pays en crise.

Publié le 26/03/2025

Erdogan veut éliminer son principal opposant, le maire kémaliste d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, et veut briser les manifestations de protestation. Le 18 mars, il annonçait l’annulation du diplôme universitaire d’Imamoglu, indispensable selon la Constitution pour être candidat à la présidence de la République. Dès le lendemain, Ekrem Imamoglu était arrêté à l’aube, accusé de corruption et de liens avec le terrorisme, en clair, avec le parti indépendantiste kurde PKK et ses revendications. Des dizaines de membres et d’élus de son parti, le CHP, social-démocrate et principal parti d’opposition, étaient arrêtés en même temps. Le 23 mars, Imamoglu devait être investi candidat officiel du CHP à l’élection présidentielle de 2028.

Toutes les précautions avaient été prises, pour cette arrestation : les transports publics avaient été stoppés dans toute la partie européenne d’Istanbul. Pourtant, des manifestations de colère se sont rapidement organisées à Istanbul et dans d’autres villes, à partir des universités, sans appel dans ce sens des dirigeants du CHP, peu pressés de s’appuyer sur la mobilisation populaire. Ce n’est que devant la colère qui s’élargissait qu’ils ont rejoint les manifestants. L’autre parti d’opposition à Erdogan, le DEM pro-kurde qui a pris la suite du HDP interdit, a lui aussi d’abord hésité sur l’attitude à adopter avant de finir par déclarer « légitime de vouloir la démocratie ».

La protestation s’est élargie en allant de façon évidente au-delà de l’arrestation d’Imamoglu, devenue l’étincelle de la révolte contre le régime d’Erdogan. Ce dernier est devenu impopulaire dans une grande partie de la population, travailleurs les plus précaires victimes d’une inflation énorme, habitants des zones dévastées par les tremblements de terre abandonnés à leur sort, Kurdes privés de leurs droits et méprisés au point d’avoir vu leurs maires, régulièrement élus, destitués par Erdogan. Celui-ci est depuis longtemps déjà rejeté par tous ceux à qui la liberté d’expression et d’opinion est déniée, et a toutes les chances de l’être aussi à l’élection présidentielle s’il trouve le moyen de se présenter à nouveau. Le résultat des élections municipales de mars 2024 a déjà été un désaveu pour le parti d’Erdogan, au profit du CHP, qui a emporté une large partie des grandes villes.

En tentant des manœuvres en direction du DEM et en évoquant la libération du dirigeant du PKK, Öcalan, emprisonné depuis 26 ans, le président- dictateur a cherché à neutraliser l’opinion kurde ; et peut-être même à s’assurer son soutien en cas d’échéance électorale. Mais il ne lui a fait aucune concession réelle. Le coup de force du 19 mars semble réduire cette manœuvre à néant. Les prétextes invoqués pour inculper Imamoglu et l’emprisonner, l’ampleur de la répression et le nombre des arrestations vont dans ce sens : plus de 1 100 étudiants ont été arrêtés en quelques jours, ne serait-ce que pour avoir acheté avec leur carte de crédit du collyre pour se protéger des lacrymogènes.

Les manifestations se sont multipliées et amplifiées depuis le 19 mars : outre Istanbul, Ankara et Izmir, deux tiers des grandes villes du pays en ont connu. Jusqu’à présent, cela n’a pas arrêté Erdogan, qui a confirmé l’emprisonnement d’Imamoglu et de ses coaccusés, le 23 mars, au moment même où celui-ci était désigné, en son absence, candidat du CHP par 15 millions de votants. En même temps, des journalistes ont été arrêtés et les médias aux ordres s’ingénient à accréditer les accusations de corruption, voire de « complicité de terrorisme », visant Imamoglu, accusations qui ne convainquent guère, tant Erdogan les brandit à l’encontre de tout opposant.

Le 25 mars, la mobilisation dans les villes ne faiblissait pas, et les protestations de la jeunesse recueillaient de plus en plus d’approbation parmi les travailleurs et les classes populaires. En cherchant à éliminer ceux qui apparaissent comme une alternative politique, Erdogan a provoqué un début d’explosion sociale et ébranlé la stabilité de son régime.

                                                                Julien Silva (Lutte ouvrière n°2956)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui vendredi 28 mars, de 15 h.45 à 16 h.30, marché du Val ;

-et de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour Babou » ;

Samedi 29 mars : de 10 h. à 10 h.30 devant Monoprix,

-de 10 heures 30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-et de 11 h.15 à midi devant Auchan au Val-Sud ;

Dimanche 30 mars, de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;

Lundi 31 mars, de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à Saint-Gratien.

Bus FSO-région parisienne : après 4 mois de grève, le patron a reculé

Bus FSO-région parisienne : après 4 mois de grève, le patron a reculé

Le 12 mars, une soixantaine de conducteurs des bus de Cergy, Conflans et Achères fêtaient par un grand couscous la fin de leur grève, dure et âpre, de 124 jours. Ils ont obtenu l’essentiel, notamment un taux horaire unique aligné sur le meilleur, et ont limité l’opération de la baisse programmée de leur salaire.

Publié le 26/03/2025

Au départ, le 7 novembre, forts de leur nombre et de leur détermination, les chauffeurs des bus FSO des dépôts de Saint- Ouen-l’Aumône et de Conflans-Sainte-Honorine pensaient en avoir pour une semaine, deux au plus, lorsqu’ils ont répondu à l’appel à la grève du syndicat FO qui a dirigé le mouvement de bout en bout. Sauf que l’enjeu de ce conflit dépassait leur seule société.

Le marché des transports en commun en Île-de-France, géré par Île -de-France Mobilités (IDFM) est ouvert depuis 2021 à la concurrence et pour cela, divisé en Délégations de services publics (DSP) temporaires de quatre à huit ans.

Or, non seulement les premières DSP arrivent à renouvellement, mais la mise en concurrence, achevée pour la grande banlieue, va commencer cette année pour la première couronne de la région parisienne. Ce système de DSP renouvelables est une machine à baisser les salaires, à supprimer des emplois et aussi à démembrer la RATP dans la première couronne.

FSO, qui a récupéré en janvier 2024 la DSP du secteur Cergy, Conflans, Achères, voulait en profiter pour baisser le taux horaire de plus de trois quarts des chauffeurs, supprimer de nombreuses primes, des postes et aggraver les conditions de travail. Avec le plein soutien d’IDFM, il a fait traîner la grève, ne dévoilant que tard son projet, s’est montré menaçant, arrogant, mettant les grévistes au défi de poursuivre leur mouvement. Un chauffeur, militant syndical, pris à la gorge par des problèmes financiers, s’est suicidé. Trois chauffeurs ont été licenciés pour des faits liés à la grève.

Les grévistes ont cependant tenu. Ils ont consommé tous leurs congés, multiplié autant que possible les arrêts maladie. Bien des chauffeurs, qui ont dû reprendre, montraient leur sympathie pour la grève. Et, jusqu’au bout, FSO s’est montré incapable de faire tourner le réseau, même à minima.

En l’absence d’accord, c’est la convention collective, encore en dessous des conditions réelles, qui se serait appliquée au 30 mars. Les pouvoirs publics préfèrent les accords maison, qui aident à segmenter les forces de la classe ouvrière.

Cette grève longue et courageuse était connue par les travailleurs d’autres entreprises du secteur. Elle montre quel est l’enjeu face à la hargne des patrons et des pouvoirs publics. Loin d’être « décourageante », elle peut donner l’idée que, tout le monde étant visé à terme, tous les travailleurs des transports de la région parisienne devraient unir leurs forces pour se défendre. C’est aussi cela que transporteurs et pouvoirs publics craignent.

                                     Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2956)