lundi 24 mars 2025

Travail dissimulé : des contrôles qui épargnent les gros

Travail dissimulé : des contrôles qui épargnent les gros

Début mars, le gouvernement se félicitait de « résultats historiques dans la lutte contre le travail dissimulé ». En 2024, les Urssaf ont ainsi notifié pour près de 1,6 milliard d’euros de redressements à des entreprises recourant à du travail au noir. Ce montant est en hausse de 35 % sur un an, il a doublé en deux ans.

Publié le 19/03/2025

Il n’en a pas fallu plus pour que la ministre du Travail Catherine Vautrin proclame : « C’est une très bonne nouvelle. À l’heure de l’indispensable effort que nous devons consentir pour nos armées, nous devons nous assurer que chaque euro fraudé soit récupéré », et que sa sous-ministre Astrid Panosyan-Bouvet prétende que « l’Urssaf est un pilier de notre justice sociale, de notre compétitivité et du recouvrement des recettes publiques. La fraude ne doit souffrir aucune tolérance ».

Pourtant, entre les notifications de redressement et le recouvrement réel de ces sommes, l’écart est considérable. En 2024, les 7 000 contrôles ciblant le travail illégal n’ont rapporté que 121 millions d’euros à la Sécurité sociale, soit 8 % des sommes notifiées aux entreprises. Par contre, lorsque qu’il s’agit de fraudes aux allocations familiales, le taux de recouvrement atteint 78 % sur des centaines de milliers de contrôles.

En réalité la lutte contre le travail au noir cible en très grande majorité les petits patrons, surtout dans le BTP et les services aux entreprises, sous-traitants de grands groupes, qui eux sont épargnés par les contrôles. Dans cette logique, les Urssaf veulent accentuer à l’avenir les contrôles sur les auto-entrepreneurs. Ce sont pourtant les plus gros capitalistes qui imposent à leurs sous-traitants de rogner sur leurs marges, quitte à frauder la Sécurité sociale.

De plus, les patrons n’ont souvent pas besoin de frauder sur les cotisations sociales : c’est en toute légalité qu’ils en économisent une bonne partie. Les exonérations de cotisations accordées par l’État ont atteint 75 milliards d’euros en 2023.

Lorsque la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, déclare que « les fraudeurs doivent toujours payer, c’est une question de justice », elle devrait ajouter « sauf si ce sont de grands capitalistes ».

                                                   Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2955)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

Aujourd’hui lundi 24 mars, de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à Saint-Gratien.

Mercredi 26 mars, de 11 h.30 à midi au marché des Champioux.

 

Soutenez, participez à la fête de Lutte ouvrière

À Presles (Val d’Oise) les 7, 8, et 9 juin prochains

Actuellement la carte d’entrée en vente à 15 euros pour les trois jours

Gratuit pour les enfants accompagnés de moins de 14 ans

 


 

 

Livreurs à vélo : “travailler plus pour gagner moins, c’est non !”

Livreurs à vélo : “travailler plus pour gagner moins, c’est non !”

Publié le 19/03/2025

Les syndicats de livreurs à vélo appelaient à une mobilisation mardi 18 mars, jour où ils devaient rencontrer les représentants des plateformes.

Formellement indépendants, ils sont plus de 80 000 livreurs à vélo qui travaillent en réalité directement pour les plateformes comme Deliveroo, Uber Eats ou encore Stuart. Celles-ci fixent le tarif des courses, mais imposent aux livreurs un statut d’autoentrepreneur qui les oblige à payer eux-mêmes leur véhicule, leur assurance et leurs cotisations sociales. Les entreprises ne leur fournissent aucun local pour se réchauffer, aller aux toilettes ou recharger leur téléphone portable. Elles sont par contre libres de bloquer ou désactiver arbitrairement les comptes, c’est-à-dire de licencier sans préavis. En cas d’accident, les livreurs ne sont pas couverts par les plateformes, alors même que la pression les pousse à accepter plus de courses et à prendre des risques. Selon la Maison des livreurs de Bordeaux, un lieu de repos et d’entraide géré par une association, sept livreurs sur dix ont déjà eu un accident.

Selon les syndicats, les livreurs ont perdu 25 % de leur chiffre d’affaires depuis octobre 2023. Ils revendiquent un prix minimal garanti de 3,20 euros par course, contre 2,85 euros chez Uber Eats et 2,63 euros chez Deliveroo actuellement. Certaines courses complémentaires, ajoutées à une course principale, sont même payées moins d’un euro, sans compter que le temps d’attente des commandes n’est pas pris en compte dans le calcul du travail effectif. De nombreux livreurs n’atteignent donc pas le smic horaire malgré des journées entières passées à pédaler par tous les temps.

Ils se sont rassemblés à Paris et dans de nombreuses villes du pays. Comme le disait l’un de leurs slogans : « Les livreurs pédalent, les plateformes encaissent, ça suffit ! »

                                                            Claire Dunois (Lutte ouvrière n°2955)

 

BNP Paribas : des agences en moins en vue de profits en plus

Notre argent les intéresse toujours plus !

 

 

D'ici 2030, BNP Paribas prévoit de fermer 500 agences en France, soit un tiers son réseau, et de supprimer des centaines de postes.

         Or depuis 2018, le groupe a accumulé 65 milliards d’euros de bénéfices, dont 12 milliards pour la seule année 2024 : de quoi largement maintenir ces emplois et ces agences, et même financer, à lui seul, le prétendu déficit du régime des retraites…