vendredi 21 mars 2025

Guerres d’Algérie : les enfumades de la République

 Guerre d’Algérie : les enfumades de la République

Un documentaire intitulé « Algérie, sections armes spéciales », annoncé sur France 5 le dimanche 16mars à 23heures, a été déprogrammé et, bien que France Télévisions se défende de toute volonté de censure, le contexte politique actuel ny est peut-être pas pour rien.

Publié le 19/03/2025

Ce documentaire doit beaucoup à la ténacité d’un historien, Christophe Lafaye, et d’une réalisatrice, Claire Billet, qui enquêtent depuis des années sur l’utilisation des armes chimiques par l’armée française pendant la guerre d’Algérie.

Basé sur les témoignages de survivants algériens et de soldats français, il est implacable. Confronté au régime des « archives incommunicables à perpétuité », le faux nez du secret-défense, l’historien s’est heurté à de nombreuses obstructions. Malgré cela, il apporte les preuves incontestables que le gouvernement du socialiste Guy Mollet avait, au printemps 1956, autorisé l’utilisation d’armes chimiques contre les combattants de l’Algérie indépendante. Des unités militaires spéciales avaient été créées dans ce but avec des appelés du contingent. Une fois les premières opérations approuvées par l’état-major, l’utilisation d’armes chimiques s’était généralisée, en particulier à partir de 1959 quand l’armée française intensifia les bombardements et les déplacements de populations.

Ces armes chimiques, grenades ou barils, étaient destinées à piéger et intoxiquer les combattants du FLN réfugiés ou cachés dans des grottes. Des villageois, notamment des enfants, avaient aussi été pris au piège. Les entrées de ces refuges étaient souvent détruites à l’explosif, condamnant leurs occupants à respirer une atmosphère empoisonnée.

L’armée française appliquait les mêmes sales méthodes qui avaient prévalu au moment de la conquête, lors des enfumades. L’historien a répertorié 440 sites où furent utilisées des armes chimiques, mais il estime qu’ils furent au total entre 8 000 et 10 000, pour un nombre de victimes qui reste inconnu.

La République française était signataire depuis 1925, et même la première signataire, dit-on, de la convention de Genève interdisant l’utilisation des armes chimiques. Cela n’empêcha pas la IVe puis la VeRépublique d’user de toutes les armes disponibles, jusqu’au napalm et à la torture systématisée, pour étouffer la révolte du peuple algérien.

« Algérie, sections armes spéciales » est une dénonciation des méthodes de la République française et de son armée. Si l’on se fie aux engagements de France Télévisions, il devrait finalement être diffusé avant le mois de juin. Il est d’ores et déjà visible en replay sur France 5.

                                                         Boris Savin (Lutte ouvrière n°2955)

 

 https://www.france.tv/france-5/la-case-du-siecle/7025014-algerie-sections-armes-speciales.html

 


Samedi 22 mars

Manifestation

Paris : Manifestation contre le racisme et l'extrême droite

à 14h00

Lutte ouvrière participera à la manifestation du 22 mars contre le racisme et l'extrême droite.

A Paris, le rendez-vous de la manifestation est à 14h à République.

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

Aujourd’hui vendredi 21 mars, de 15 h.30 à 16 h.15, marché du Val ;

-de 16 h.45 à 17 h.30 entrée de la mairie,

-et de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour Babou » ;

Samedi 22 mars : de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux,

-de 10 heures 30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-et de 11 h.15 à midi devant Auchan au Val-Sud ;

Dimanche 23 mars, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Intermarché du Centre ;

-et de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;

Lundi 24 mars, de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à Saint-Gratien.

Aides publiques aux grandes entreprises : quand le sénat compte enfoncer des portes ouvertes

 

Mot mystère ou mot tabou ?

 


Une commission d’enquête sénatoriale va auditionner des dirigeants du CAC 40 pour savoir à quoi ils utilisent les aides publiques versées aux grandes entreprises.

         Un petit jeu pour les sénateurs, qui ont visiblement du temps à perdre tellement la réponse est évidente : les bénéficiaires sont un groupe de personnes dont le nom commence par « action » et comporte 12 lettres. Indice : ils ont touché 100 milliards d’euros en 2024.

Salaires : l’action continue à Safran-Villaroche

 Safran – Villaroche : la lutte pour les salaires continue

Les débrayages et actions quotidiennes se poursuivent à Safran Villaroche, en Seine-et-Marne. La direction, dans le cadre des négociations annuelles, campe sur sa proposition de 42 euros d’augmentation pour les plus bas salaires.

Publié le 19/03/2025

 

De simple protestation au début, le mouvement s’est renforcé et les grévistes sont déterminés autour de leur revendication de 100 euros net d’augmentation minimum. Les bénéfices de Safran ont été de trois milliards en 2024, en hausse de 50 %, ses actionnaires ont vu leurs dividendes augmenter de 32 %, que les salariés comparent à leur 2 %. Le groupe a même consacré 5 milliards uniquement à acheter ses propres actions, afin d’en faire monter les cours. Profitant d’un contexte de plus en plus guerrier, celles-ci ont encore augmenté de 25 % en trois mois.

Après la journée de grève du 5 mars à l’appel de la CGT et FO, qui avait vidé les ateliers dès le 6, certains avaient enchaîné sur une ou deux journées de grève supplémentaires. Et dès le lundi 10, les ouvriers en équipe décidaient d’eux-mêmes de débrayer quotidiennement une heure. Depuis, autour de 150 travailleurs par équipe se rassemblent et agissent chaque jour : manifestation sur le site en appelant les autres travailleurs des ateliers et bureaux à les rejoindre, diffusion d’un tract à la sortie de la normale à la gare routière, irruption dans une réunion du CSE et visites dans plusieurs bâtiments du site se succèdent. Les travailleurs en ayant assez des chefs qui tournent comme des mouches autour des assemblées, ils ont trouvé la solution en se réunissant dans des locaux fermés. Une cadre de direction a bien tenté de les en faire sortir, mais les huées l’ont convaincue que c’était plutôt à elle de s’en aller.

Inquiète de l’enracinement du mouvement, la direction a d’ailleurs proposé une rencontre avec des grévistes… pour finalement faire savoir qu’elle ne lâcherait rien sur les salaires.

Lundi 17 mars, quelques salariés de l’équipe du matin ont proposé un tract signé des travailleurs en lutte, soutenus par FO et la CGT, et qui a été adopté par l’assemblée : « Nous exigeons 100 euros minimum. Ouvriers, techniciens, ingénieurs et cadres, rejoignez-nous dans le mouvement ! » Pour entraîner les salariés de la normale, mardi 18 mars, une centaine d’ouvriers du matin étaient avec leur banderole sur le rond-point d’arrivée des voitures et des bus et ils prévoyaient de diffuser ensuite leur tract à la cantine.

La CGT de Villaroche, qui soutient et aide la lutte, a prévu un rassemblement au siège à Corbeil jeudi 20 à midi : cela a été approuvé par les assemblées de travailleurs des deux équipes, qui s’y retrouveront ensemble pour s’adresser à ceux de l’usine de Corbeil. La peur que la direction peut avoir d’une contagion est le meilleur atout du mouvement.

                                                     Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2955)

Royaume-Uni : le gouvernement en guerre contre les personnes handicapées

 

Ils s’attaquent aux plus modestes parmi les plus modestes

 

via Flick

Alors même qu'il vient de décider l'augmentation de ses dépenses militaires et multiplie les déclarations bellicistes, le gouvernement travailliste annonce des coupes de près de 6 milliards d'euros dans les allocations versées aux handicapés. 3,7 millions de Britanniques vont être ainsi perdre plusieurs milliers d'euros en moyenne par an, d'autres seront écartés du dispositif.

         Gauche, droite, droite, gauche : les politiciens s'attaquent aux plus modestes pour servir les capitalistes et préparer la guerre.