dimanche 23 février 2025

Argenteuil, inauguration d’un nouveau technicentre destiné à une ligne J qui a bien besoin d’un entretien correct des rames

 

À la SNCF comme ailleurs, sans les travailleurs rien ne se fait

 

Tout beau, mais sans les effectifs, ce n’est rien

Un centre technique important d’entretien et de réparation des trains voyageurs de la SNCF vient d’être inauguré dans la zone industrielle du Val-Notre Dame, non loin du quartier des Courlis, mais au-delà de la ligne de Grande ceinture. Il a été construit à l’emplacement du centre de maintenance qui avait été inauguré en 2013.

         Il est chargé de l’entretien des trains qui desservent l’ensemble de la ligne J qui converge vers la gare Saint-Lazare. La SNCF prétend que 94% des trains respectent le programme de transport prévu. C’est loin de l’impression ressentie par les usagers de la ligne qui subissent retards, pannes et annulations en grand nombre. Si ce technicentre peut permettre un entretien plus conforme, les problèmes de ces derniers mois relèvent davantage d’un système d’alimentation électrique défaillant sur ce réseau, selon les déclarations de la SNCF elle-même.

         Cela dit, chacun pourra se féliciter de ce nouveau lieu de maintenance, à condition que la fréquence de l’entretien des rames soit respectée autant que nécessaire. Dit autrement, à condition que les effectifs de ce nouveau technicentre le permettent.

         Sur ce plan, si l’inauguration de cet équipement a été l’occasion pour de nombreux responsables de la SNCF et d’édiles de se congratuler, il a été dans les comptes rendus bien peu question des effectifs de cheminots, sans lesquels, comme chacun sait, rien ne se fait. DM

samedi 22 février 2025

Sort de l’Ukraine. Europe-États-Unis : petits et grands brigands. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière

 Europe-États-Unis : petits et grands brigands

L’annonce par Trump de l’accord à venir avec Poutine a eu tout d’une gifle pour les dirigeants européens. Le vice-président américain, J.D. Vance, y ayant ajouté des quasi-insultes lors de la conférence de Munich sur la sécurité, Macron a organisé en urgence lundi 17février un mini-sommet pour permettre aux dirigeants européens de sauver la face.

Publié le 19/02/2025

Tout aussi cynique que Trump, Macron n’a invité à Paris que huit pays européens, ceux qu’il estime « capables et volontaires » pour assurer la sécurité du continent. Si la Grande-Bretagne était présente alors qu’elle a quitté l’UE, tous les pays de l’Est à l’exception de la Pologne, y compris les voisins immédiats de l’Ukraine, ont été snobés. Pas plus que Trump, Macron n’a daigné inviter Zelensky ou d’autres responsables ukrainiens pour discuter du sort de leur pays.

La préoccupation des dirigeants européens n’est ni le respect du prétendu droit international ni la défense d’un « petit pays agressé ». Leur souci, s’ils sont écartés des négociations entre Trump et Poutine, est qu’ils risquent d’être mis à l’écart du partage du butin, de l’accès aux matières premières, aux riches terres agricoles et au marché de reconstruction d’un pays détruit par trois ans de guerre.

Sans surprise, aucune décision concrète n’est sortie de ces palabres tant les États européens sont sans moyens face aux États-Unis et divisés entre eux. Ils ont certes discuté de l’hypothèse d’envoyer des troupes européennes en Ukraine « pour garantir sa sécurité face à la Russie », ce qui serait un moyen de revenir dans le jeu, en position de sous-fifres pour jouer les casques bleus, comme Trump lui- même l’a suggéré. Mais si Macron et le britannique Starmer se disent prêts à envoyer des troupes à condition « qu’un accord de paix durable soit signé », les dirigeants allemands et polonais excluent d’envoyer leurs soldats en Ukraine « sans un engagement total des États-Unis », une position partagée par l’italienne Meloni, qui ne jure que par l’OTAN.

La seule chose sortie de ce sommet, c’est que chaque pays est invité à augmenter encore son budget militaire, et que Von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a proposé de sortir ces budgets du calcul des déficits publics. Les milliards supplémentaires pour les bombes enrichiront les banques et manqueront pour les écoles ou les hôpitaux.

Ces tergiversations reflètent une réalité économique, politique et militaire : face au puissant impérialisme américain, il n’y a pas une bourgeoisie européenne avec un État central mais des capitalistes allemands, français, italiens et autres, en concurrence entre eux, appuyés sur des États rivaux, ayant chacun sa stratégie, son calendrier, son armée. La guerre en Ukraine n’a pas réduit ces rivalités, elle les a exacerbées, chaque pays cherchant à favoriser ses champions nationaux face à la réorganisation des marchés et des voies d’accès aux matières premières engendrée par les sanctions contre la Russie. Cette guerre a renforcé les industriels américains au détriment des capitalistes européens, en particulier allemands, brutalement coupés du gaz et du marché russes.

Les commentateurs déplorent la « fin d’une alliance » et « la rupture de la relation transatlantique », mais la relation entre l’Europe et les États-Unis n’a jamais été « l’alliance indéfectible des démocraties », comme on le raconte aux écoliers, mais une relation sans pitié entre brigands inégaux luttant pour s’accaparer les marchés.

                                                     Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2951)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

Aujourd’hui samedi 22 février : de 10 heures 30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-et de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

Dimanche 23 février, de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;

Lundi 24 février, de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à Saint-Gratien.

Budget de la sécu : rien de bon pour les travailleurs

 

Monde du travail et Hôpital, dans le même viseur


 


 Les sénateurs viennent de valider le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025. Cette loi est placée sous le signe des attaques contre la santé : baisse des indemnités journalières pour les arrêts maladie, limitation des arrêts en télé-consultations, taxe soda, taxe « lapins » (pour les rendez-vous manqués)... La petite rallonge votée aux hôpitaux, de 1 milliard d’euros par rapport à ce qui était prévu, permettra essentiellement de payer les intérêts de la dette (800 millions).

Ce budget frappe les couches populaires. Quant au déficit de la sécurité sociale, il continuera de servir de justification politique de nouvelles attaques.

Hôpitaux : la situation scandaleuse des médecins étrangers

 Hôpitaux : la situation scandaleuse des médecins étrangers

Le 12 février, à l’appel de la CGT et de l’association Ipadecc (Intégration praticiens à diplôme étranger engagés contre la crise), une cinquantaine de médecins étrangers ont manifesté entre Matignon et le ministère de la Santé pour dénoncer leurs conditions de travail et la façon dont s’est tenu le concours leur permettant de régulariser leur situation.

Publié le 19/02/2025

Une partie significative des médecins qui travaillent à l’hôpital sont d’origine étrangère. Leur présence permet d’éviter la fermeture pure et simple de nombreux services, en particulier dans les villes moyennes. 4 000 à 7 000 sont des « Padhue » (Praticien à diplôme hors Union européenne) : en contrat précaire renouvelé tous les six mois, ils sont payés trois à quatre fois moins qu’un titulaire français sur un poste équivalent. Un manifestant témoignait, par exemple, d’un salaire de 1 600 euros à 1 800 euros pour des journées de 11 à 12 heures en tant que médecin généraliste à l’hôpital.

Pour voir leur situation régularisée, les Padhue doivent passer un concours, suivi de stages et de passages en commissions avant, enfin, d’obtenir une « autorisation d’exercice » leur permettant de poursuivre ce qu’ils font déjà. Or, cette année, alors que 4 000 postes étaient ouverts, seuls 3 235 ont été admis sur liste principale et 638 autres sur une liste complémentaire, soit une suppression de plus de 100 postes. Le jury a même fixé des notes éliminatoires après que les épreuves ont eu lieu, ce qui a conduit à recaler des médecins et à ne pas pourvoir tous les postes officiellement ouverts.

Le gouvernement répond aux Padhue que le nombre d’admis en liste principale a augmenté de moitié par rapport à 2023, et il promet de réformer le concours, notamment en créant une voie interne pour ceux qui travaillent déjà à l’hôpital, pour qui il est difficile de réviser tout en continuant de remplir leurs fonctions.

Macron avait déjà appelé, il y a un an, à régulariser la situation de « ceux qui tiennent à bout de bras » l’hôpital, sans que rien de fondamental n’ait changé depuis. L’État ne daigne même pas recenser officiellement le nombre de Padhue actuellement en fonction !

Autant dire que la mobilisation de ces médecins comme de tous les travailleurs de l’hôpital reste plus que jamais à l’ordre du jour.

                                                         Sacha Kami (Lutte ouvrière n°2951)